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LOUVRE AUDIO GUIDE: Who whispered in the Ear of Joan of Arc?

Joan of Arc hearing voices, sculpture by François Rude, 1852, Louvre.

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LOUVRE AUDIO GUIDE: Leonardo and Verrochio’s workshop

Louvre Audio Verrocchio
Terracotta of « flying angels » (1475), attributed to Verrocchio’s workshop.

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Israël-Palestine: faisons de l’eau une arme pour la Paix !

L'eau pour la paix

Sommaire:

1. Géographie

La mer Morte se trouve à moins 415 mètres en dessous du niveau de la mer.

Quatre pays se partagent le bassin du Jourdain, le Liban, la Syrie, la Jordanie et Israël, auxquels il faut ajouter les territoires palestiniens de Cisjordanie et de Gaza.

Logée dans le creux d’une dépression tectonique se situant sur la grande faille qui court depuis Aqaba jusqu’à la Turquie, la vallée du Jourdain est l’un des bassins de vie les plus bas au monde, puisqu’il se jette dans la mer Morte, à 421 mètres sous le niveau des océans.

Voir carte topographique interactive

De plus, il s’agit d’un bassin endoréique, c’est-à-dire d’un cours d’eau n’aboutissant ni à la mer ni à l’océan. Comme pour le bassin de la mer d’Aral en Asie centrale, ceci implique que toute eau puisée ou détournée en amont réduit le niveau de son réceptacle ultime, la mer Morte (voir plus bas) et pourrait même, éventuellement, la faire disparaître.

Vallée du Jourdain.

Tout en restant une artère fondamentale pour toute la région, le Jourdain est un fleuve présentant plusieurs inconvénients : son cours n’est pas navigable, son débit reste peu élevé et ses eaux, fortement salées, sont polluées.

Comme un des facteurs clés de l’équation (le nexus) « eau, énergie, nourriture », trois facteurs dont l’interdépendance est telle qu’on ne peut les traiter isolément, l’aménagement de la ressource en eau reste un enjeu capital et occupe une place primordiale pour tout avenir partagé entre Israël et ses voisins arabes.

2. Pluviométrie et ressources hydriques

Le Moyen-Orient forme une longue bande aride qui n’est interrompue qu’accidentellement par des zones où les précipitations sont abondantes (autour de 500-700 mm/an), par exemple les montagnes du Liban, de la Palestine, du Yémen.

Géographiquement, une bonne partie du Moyen-Orient est située au Sud de l’isohyète (ligne imaginaire reliant des points d’égales précipitations) indiquant les 300 mm/an. Cependant, les précipitations n’ont qu’un effet limité du fait de leur saisonnalité (octobre-février).

Par conséquent, le débit et les crues des cours d’eaux sont irréguliers au fil de l’année, en plus d’être irréguliers entre les années. Idem pour l’alimentation des nappes phréatiques.

Maintenant, en termes de ressources totales en eau par personne et par Etat, elles sont très inégalement réparties.

État par État, les ressources totales en eau sont très inégalement réparties dans la région :
La Turquie et l’Irak disposent de plus de 4 000 mètres cubes par personne et par an, et le Liban d’environ 3 000 m³/personne/an, ce qui est supérieur à la moyenne régionale (1 800 m³/personne/an).
La Syrie et l’Égypte ont environ 1 200 m³/personne/an, soit un tiers de moins.

D’autre part, certains pays se situent en dessous de la fourchette critique de 500 m³/an/habitant :
Israël et la Jordanie disposent de 300 m³/an/habitant, et les Territoires palestiniens (Cisjordanie-Gaza) de moins de 200 m³/an/habitant. Ils se trouvent dans ce que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle une situation de « stress hydrique ».

Le Moyen-Orient jouit d’une abondance d’eau à l’échelle régionale, mais compte de nombreuses zones en pénurie chronique, à l’échelle locale.

3. Hydrographie du bassin du Jourdain

A. Source

Long de 360 km de long, le fleuve Jourdain naît de l’eau qui descend des pentes du Jabal el-Cheikh (mont Hermon) au sud du Liban, sur la frontière avec la Syrie.

B. Affluents

Une fois passée la frontière israélienne, trois affluents rejoignent le Jourdain à environ 6 km en amont de l’ancien lac Houleh (aujourd’hui assaini) :

1. Le Hasbani, avec un débit de 140 millions de mètres cubes par an, prend sa source au Liban, qu’il parcourt sur 21 km. Son cours supérieur varie fortement en fonction des saisons, alors que son cours inférieur est plus régulier.

2. Long de 30 km, le Banias, actuellement placé sous le contrôle d’Israël, a un débit annuel proche de celui de l’Hasbani (140 MMC/an). Il prend sa source en Syrie sur les hauteurs du Golan, et s’étire en Israël sur environ 12 km avant de se jeter dans le Haut Jourdain.

3. Le Nahr Leddan (ou le Dan) se forme en Israël lorsque se rejoignent les eaux provenant en majorité des hauteurs du Golan. Bien que restreint, son cours reste stable et son débit annuel est supérieur à ceux des deux autres affluents du haut Jourdain, puisqu’il dépasse les 250 MMC/an.

C. Lac de Tibériade (Mer de Galilée, lac de Kinneret)

Le Jourdain parcourt ensuite 17 km de gorges étroites pour arriver au lac de Tibériade, où la salinité est forte, d’autant plus qu’on a détourné des cours d’eau douce qui s’y jetaient. Le lac de Tibériade reçoit cependant les eaux des multiples petits cours d’eau traversant les hauteurs du Golan.

D. La rivière Yarmouk

Le Jourdain rencontre alors la rivière Yarmouk (arrivant de Syrie), puis décrit des méandres sur 320 km (109 km à vol d’oiseau) avant d’atteindre la mer Morte. Ces 320 km sont occupés par une plaine humide (le zor humide), à la végétation subtropicale, dominée des deux côtés (cisjordanien et jordanien) par des terrasses sèches et ravinées.

4. Sources d’eau pour Israël

L’État hébreu dispose de quatre principales sources d’approvisionnement en eau.

A. Eaux de surface

Israël bénéficie des réserves en eau douce du lac de Tibériade en Galilée, au nord du pays. Traversée par le Jourdain, cette petite mer intérieure représente 25 % des besoins en eau d’Israël. Cette source d’eau a été sanctuarisée par son annexion dans les hauteurs du Golan et son occupation au Sud Liban.

B. Eaux souterraines

En plus des eaux de surface (rivières), le pays peut compter sur ses aquifères côtiers, de Haïfa à Ashkelon. Située entre Israël et la Cisjordanie occupée, la principale nappe phréatique, l’aquifère de montagne Yarkon-Taninim, a une capacité de 350 MMC/an. Dans le nord-est et l’est de la Cisjordanie se trouvent deux autres nappes, d’une capacité respective de 140 et 120 MMC/an.

C. Dessalement de l’eau de mer

Cinq usines de dessalement construites le long du littoral israélien – à Soreq, Hadera, Ashkelon, Ashdod et Palmachim – fonctionnent actuellement et deux autres sont en cours de construction. Ensemble, ces usines devraient représenter 85 à 90 % de la consommation annuelle d’eau d’Israël, ce qui constitue un changement de cap remarquable.

L’usine de dessalement de Sorek, située à environ 15 km au sud de Tel Aviv, est devenue opérationnelle en octobre 2013 avec une capacité de traitement de l’eau de mer de 624 000 m³/jour, ce qui en fait la plus grande usine de dessalement d’eau de mer au monde. L’installation de dessalement utilise le processus d’osmose inverse de l’eau de mer (SWRO) pour fournir de l’eau au système national de transport d’eau d’Israël (NWC, voir ci-dessous). La construction d’une douzaine d’autres unités de ce type est envisagée.

Israël, qui est confronté à de graves sécheresses depuis 2013, a même commencé à pomper de l’eau de mer dessalée de la Méditerranée dans le lac de Tibériade, une performance unique au monde. Alors qu’Israël était confronté à une pénurie d’eau il y a deux décennies, il exporte désormais de l’eau vers ses voisins (mais pas trop vers la Palestine). Israël fournit actuellement 100 millions de m3 à la Jordanie et répond à 20 % de ses besoins en eau.

A partir de 100 litres d’eau de mer, le dessalement permet d’obtenir 52 litres d’eau douce et 48 litres d’eau saumâtre (la « saumure »).

A partir de 100 litres d’eau de mer, on peut obtenir 52 litres d’eau potable et 48 litres d’eau saumâtre. Bien que très performant et très utile, ce type de technologie reste à perfectionner car pour l’instant, il rejette en mer des saumures qui perturbent l’écosystème marin. Pour réduire cette pollution et la transformer en déchets solides, il faut multiplier l’opération de nombreuses fois et donc la consommation énergétique.

D. Recyclage des eaux usées

Le pays se vante de recycler entre 80 % et 90 % de ses eaux usées pour alimenter les cultures agricoles. Ces eaux traitées, utilisées pour l’irrigation, sont appelées effluents. Leur taux d’utilisation en Israël est l’un des plus élevés au monde.

Le traitement est effectué par 87 grandes stations d’épuration des eaux usées qui fournissent plus de 660 millions de m3 par an. Cela représente environ 50 % de la demande totale en eau pour l’agriculture et environ 25 % de la demande totale en eau du pays. Israël a pour objectif de doubler la production d’effluents pour le secteur agricole d’ici 2050.

5. Projets d’aménagement

David Ben Gourion.

Pour Israël, se doter de ressources en eau dans une région désertique, par la technique, la force militaire et/ou la diplomatie, a été dès le début un impératif régalien pour répondre aux besoins d’une population en forte croissance et, aux yeux du reste du monde, une démonstration de sa supériorité.

Cette symbolique se manifeste notamment à travers la figure du père de l’État hébreu, David Ben Gourion (1886-1973), qui avait pour objectif de faire « fleurir » le désert du Néguev, au sud du pays.

Dans son ouvrage Southwards (1956), Ben Gourion décrit ainsi son ambition :

A. Aqueduc national

De 1959 à 1964, les Israéliens ont construit le National Water Carrier of Israël (NWC ou aqueduc national), à ce jour le plus grand projet hydraulique du pays.

Les premières idées sont apparues dans le livre Altneuland (1902) de Theodor Herzl, dans lequel il parle d’utiliser les sources du Jourdain à des fins d’irrigation et de canaliser l’eau de mer pour produire de l’électricité depuis la Méditerranée, près de Haïfa, jusqu’à un canal parallèle au Jourdain et à la mer Morte, en passant par les vallées de Beit She’an et du Jourdain.

« Tout l’avenir économique de la Palestine dépend de son approvisionnement en eau », déclarait en 1919 Chaïm Waizmann, le dirigeant de l’Organisation sioniste mondiale. Seulement, il préconisait d’intégrer la vallée du Litani (sud du Liban actuel) à l’Etat palestinien.

Le projet d’aqueduc national (NWC) été conçu dès 1937, bien que sa planification détaillée ait commencé après la reconnaissance d’Israël, en 1948.

Avec le NWC, l’écoulement naturel du Jourdain est empêché par la construction d’un barrage, construit au sud du lac de Tibériade. A partir de là, l’eau est déviée vers l’aqueduc national, un système long de 130 km combinant tuyaux géants, canaux ouverts, tunnels, réservoirs et stations de pompage à grande échelle. L’objectif est de transférer l’eau du lac de Tibériade vers le centre très peuplé et le sud aride, y compris le désert du Néguev.

Lors de son inauguration en 1964, 80 % de son eau était allouée à l’agriculture et 20 % à l’eau potable. En 1990, l’aqueduc national fournissait la moitié de l’eau potable en Israël. En y intégrant l’eau provenant des usines de dessalement d’eau de mer, il approvisionne aujourd’hui Tel Aviv, une ville de 3,5 millions d’habitants, Jérusalem (1 million d’habitants) et (hors période de guerre) Gaza et les territoires occupés de Cisjordanie. Depuis 1948, la superficie des terres agricoles irriguées est passée de 30 000 à 186 000 hectares. Grâce à la micro-irrigation (goutte à goutte, y compris sous la surface), la production agricole israélienne a augmenté de 26 % entre 1999 et 2009, bien que le nombre d’agriculteurs ait chuté de 23 500 à 17 000.

Cependant, depuis sa construction, le projet de détournement de l’eau du Jourdain a été une source de tension, en particulier avec la Jordanie et la Syrie, sans parler des Palestiniens, largement exclus des bénéfices économiques du projet.

La guerre de l’eau

En lançant son aqueduc national, Israël a fait cavalier seul, alors que pour le reste du monde, il était clair que ce détournement des eaux du Jourdain allait susciter de vives tensions avec ses voisins.

Dès 1953, Israël, pour préparer le travail, procède sans consulter quiconque à l’assèchement du lac Houleh, au nord du lac Tibériade, entraînant des escarmouches avec la Syrie.

En 1959, démarre le chantier de l’aqueduc national, interrompu dans un premier temps par l’arrêt des financements par les Etats-Unis, qui ne veulent pas voir monter la violence dans le contexte de la Guerre froide.

Rappelons que, suite à la crise de Suez de 1956, l’Union soviétique s’installe durablement en Syrie comme puissance protectrice des pays arabes contre la « menace israélienne ». Elle obtient, dans le cadre du déploiement de sa présence navale en Méditerranée, des facilités pour sa flotte à Lattaquié en Syrie et un traité d’assistance militaire mutuel est signé.

Cependant, Israël parvient à reprendre le chantier qu’elle poursuit discrètement. La prise d’eau dans le lac de Tibériade commence en juin 1964 dans le plus grand secret. Lorsque les pays arabes l’apprennent, la colère est grande. En novembre 1964, l’armée syrienne tire sur des patrouilles israéliennes autour de l’usine de traitement de l’aqueduc national, provoquant des contre-attaques israéliennes. En janvier 1965, l’aqueduc est la cible du premier attentat du Fatah (organisation luttant pour la libération de la Palestine) dirigé par Yasser Arafat.

Les États arabes finissent par se rendre à l’évidence qu’ils ne pourront jamais arrêter le projet par une action militaire directe. Ils changent de tactique et adoptent le Plan de diversion des sources du Jourdain, immédiatement mis en œuvre en 1965, visant à détourner les eaux en amont du Jourdain vers le fleuve Yarmouk (en Syrie). Le projet était techniquement difficile et coûteux, mais s’il avait réussi, il aurait détourné 35 % de l’eau qu’Israël comptait retirer du cours supérieur du Jourdain.

Israël considère ce détournement comme une atteinte à ses droits souverains. Les relations dégénèrent et des affrontements frontaliers s’ensuivent, les forces syriennes tirant sur les agriculteurs et les patrouilles de l’armée israélienne, et les chars et l’artillerie israéliens détruisant les chars syriens ainsi que le matériel de terrassement utilisé pour le chantier de détournement.

En juillet 1966, l’armée de l’air israélienne bombarde un parc de matériel de terrassement et abat un MiG-21 syrien. Les États arabes abandonnent leur effort de détournement, mais le conflit se poursuit à la frontière israélo-syrienne, avec notamment une attaque aérienne israélienne sur le territoire syrien en avril 1967.

Guerre de l’eau : chars israéliens sur le plateau du Golan.

Pour bien des analystes, il s’agissait là d’un prélude à la guerre des Six-Jours, en 1967, amenant Israël à occuper le plateau du Golan pour protéger son eau. La guerre des Six jours modifie profondément la donne géopolitique du bassin, puisque Israël occupe à présent, en plus de la Bande de Gaza et du Sinaï, la Cisjordanie et le Golan.

Comme le précise Hervé Amiot dans « Eau et conflits dans le bassin du Jourdain« :

En réalité, dès 1955, entre un quart et un tiers de l’eau provenait de la nappe du sud-ouest de la Cisjordanie. Aujourd’hui, les nappes de Cisjordanie fournissent 475 millions de m³ d’eau à Israël, soit 25 à 30 % de l’eau consommée dans le pays (et 50 % de son eau potable).

Deux mois après la prise des territoires occupés, Israël publie le décret militaire 92, transférant à l’armée israélienne l’autorité sur toutes les ressources en eau des territoires occupés et conférant « le pouvoir absolu de contrôler toutes les questions liées à l’eau au responsable des ressources en eau, nommé par les tribunaux israéliens ». Ce décret révoque toutes les licences de forage délivrées par le gouvernement jordanien et désigne la région du Jourdain comme zone militaire, privant ainsi les Palestiniens de tout accès à l’eau, tout en accordant à Israël un contrôle total sur les ressources en eau, utilisées pour soutenir ses projets de colonisation.

Rendre le Golan à la Syrie et reconnaître la souveraineté de l’Autorité palestinienne sur la Cisjordanie semble impossible pour Israël, au vu de la dépendance accrue de l’Etat hébreu envers les ressources hydriques de ces territoires occupés. L’exploitation de ces ressources continuera donc, malgré l’article 55 du règlement de la IVe Convention de la Haye, stipulant qu’une puissance occupante ne devient pas propriétaire des ressources en eau et ne peut les exploiter pour le besoin de ses civils.

B. Le plan Johnston

Eric Allen Johnston.

En juillet 1952, un groupe d’officiers libres, dont Nasser, renversent la monarchie et créent la République Égyptienne. Une grande partie du monde arabe applaudit alors l’Egypte et sa volonté de mettre fin au colonialisme. En octobre de la même année, Eisenhower est élu président des Etats-Unis. Pour éviter que tout le monde arabe se rallie derrière Nasser et se coalise contre les Etats occidentaux, les Etats-Unis, tout en planifiant en secret l’élimination de Nasser, proposeront alors des politiques de développement séduisantes en échange d’une acceptation de leur domination. L’agitation nationaliste israélienne apparaît alors souvent pour Washington comme une menace. Si l’intérêt légitime d’Israël pour sécuriser son accès à l’eau, clé absolue de sa survie et de son développement, est pris en compte, Washington exige qu’on partage de façon équitable l’eau et qu’offre aux pays voisins des ressources suffisantes leur permettant d’accueillir les millions de Palestiniens exilés chez eux suite à la Nakba.

Face au risque de conflits, le gouvernement américain propose, dès 1953, donc des années avant qu’Israël lance son plan, une médiation pour résoudre les contentieux sur le bassin du Jourdain. Cela aboutit au « Plan unifié pour la vallée du Jourdain », dit « plan Johnston », du nom d’Eric Allen Johnston, l’envoyé pour l’eau du président américain Dwight Eisenhower.

Le 13 octobre 1953, le secrétaire d’État d’Eisenhower, John Foster Dulles, dans une lettre classée secrète, a expliqué à Johnston en quoi consistait sa mission et le 16 octobre, dans une déclaration publique, Eisenhower a expliqué :

Ce plan établit le caractère transfrontalier du bassin et propose un partage équitable de la ressource en accordant 52 % de l’eau à la Jordanie, 31 % à Israël, 10 % à la Syrie et 3 % au Liban.

Le plan Johnston, tout comme la Tennessee Valley Authority pendant le New Deal de FDR, était essentiellement basé sur la construction de barrages pour l’irrigation et l’hydroélectricité. L’eau était présente et correctement gérée, suffisante pour les besoins de la population de l’époque. Ses principales caractéristiques du plan étaient les suivantes:

  • un barrage sur la rivière Hasbani pour fournir de l’énergie et irriguer la région de Galilée ;
  • des barrages sur les rivières Dan et Banias pour irriguer la Galilée ;
  • le drainage des marais de Huleh ;
  • un barrage à Maqarin sur la rivière Yarmouk pour le stockage de l’eau (capacité de 175 mmc) et la production d’électricité ;
  • un petit barrage à Addassiyah sur le Yarmouk pour détourner ses eaux vers le lac de Tibériade et vers le sud le long du Ghor oriental ;
  • un petit barrage à la sortie du lac de Tibériade pour augmenter sa capacité de stockage ;
  • des canaux à écoulement par gravité le long des côtés est et ouest de la vallée du Jourdain pour irriguer la zone située entre le confluent du Yarmouk avec le Jourdain et la mer Morte ;
  • des ouvrages de contrôle et des canaux pour utiliser les débits pérennes des oueds que les canaux traversent.

Voir les détails du plan Johnston dans cet article très complet :

Validé par les comités techniques d’Israël et de la Ligue arabe, ce projet n’exige pas qu’Israël renonce à son ambition de verdir le désert du Néguev. Pourtant, sa présentation à la Knesset, en juillet 1955, n’aboutit malheureusement pas à un vote. Le comité arabe approuve le plan en septembre 1955 et le transmet au conseil de la Ligue arabe pour approbation finale. Tragiquement, cette institution refuse, elle aussi, de le ratifier le 11 octobre, à cause de son opposition à un acte impliquant une sorte de reconnaissance d’Israël… L’erreur ici fut d’isoler la question de l’eau d’un accord plus général de paix et de justice résultant d’un développement mutuel.

Après la crise du canal de Suez en 1956, les pays arabes, à l’exception de la Jordanie, durcissent considérablement leur position à l’égard d’Israël et s’opposent désormais frontalement au plan Johnston, alléguant qu’il accroît la menace représentée par ce pays en lui permettant de renforcer son économie. Ils assurent aussi que l’accroissement de ses ressources hydriques ne peut qu’augmenter le mouvement de migration des Juifs vers l’État hébreu, réduisant ainsi les possibilités de retour des réfugiés palestiniens de la guerre de 1948…

On ne refait pas l’histoire, mais on peut penser que l’adoption du plan Johnston aurait pu éviter des conflits, notamment celui de 1967 qui coûta la vie à 15 000 Égyptiens, 6000 Jordaniens, 2500 Syriens et un bon millier d’Israéliens.

C. La réponse jordanienne: le canal du Ghor

Presque au même moment où Israël achève son aqueduc national, entre 1955 et 1964, la Jordanie creuse de son côté le canal du Ghor oriental, qui débute à la confluence entre le Yarmouk et le Jourdain, dont il suit un cours parallèle jusqu’à la mer Morte, en territoire jordanien.

A l’origine, il s’agissait d’un projet plus vaste, le « Grand Yarmouk », qui prévoyait deux barrages de stockage sur cette rivière et un canal du Ghor occidental sur la rive occidentale du Jourdain. Cet autre canal ne fut jamais construit, Israël ayant pris entre-temps la Cisjordanie à la Jordanie, lors de la guerre des Six-Jours de 1967.

En fait, en déviant les eaux du Yarmouk pour alimenter son propre canal, la Jordanie se procure de l’eau pour sa capitale Amman et son agriculture, tout en asséchant, elle aussi, le fleuve Jourdain.

La région du bassin versant du Jourdain, en Jordanie, est une région d’une importance primordiale pour le pays. En effet, elle accueille 83 % de la population, les principales industries, ainsi que 80 % de l’agriculture irriguée. On y trouve également 80 % de la ressource hydrique du pays.

Or, le royaume hachémite, dont 92 % du territoire est désertique, se place parmi les pays les plus pauvres en eau. Alors qu’Israël dispose de 276 m³ d’eau douce naturelle disponible par an et par habitant, la Jordanie n’en compte que 179 m³, dont plus de la moitié provient des nappes phréatiques.

L’ONU considère d’ailleurs qu’un pays doté de moins de 500 m³ d’eau douce par an et par habitant souffre de « stress hydrique absolu ». Sans compter que depuis le début de la guerre civile syrienne, la Jordanie a accueilli près de 1,4 million de réfugiés sur son sol, en plus de ses 10 millions d’habitants.

Conçu en 1957, le canal du Ghor oriental fut réalisé entre 1959 et 1961. En 1966, la partie en amont jusqu’à Wadi Zarqa était achevée. Le canal, qui faisait alors 70 km de long, fut prolongé à trois reprises entre 1969 et 1987.

Les États-Unis, par l’intermédiaire de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), ont financé la phase initiale du projet, après avoir obtenu du gouvernement jordanien l’assurance explicite que la Jordanie ne prélèverait pas plus d’eau du Yarmouk que ce qui lui avait été alloué dans le cadre du plan Johnston. Ils ont également participé aux phases ultérieures.

Les ouvrages hydrauliques de la région ont souvent pour éponymes de grandes figures politiques. C’est ainsi que le canal du Ghor oriental fut baptisé « King Abdallah Canal (KAC) » par Abdallah II, en l’honneur de son arrière-grand-père, le fondateur de la Jordanie. À l’occasion du traité de paix avec Israël en 1994, les deux pays se répartissent le débit du Jourdain et son voisin accepte de lui vendre de l’eau du lac de Tibériade.

D. Canal mer Morte – Méditerranée

Itinéraires possibles pour l’acheminement de l’eau :
A : Traversée du seul territoire israélien ;
B et C : traversant Israël et la Cisjordanie (le plus court, 70 km) ;
D. Traversée de Gaza et Israël ;
E. Traversée de la Jordanie uniquement (la plus longue, 200 km).

L’idée d’un canal mer Morte-Méditerranée fut initialement proposée par William Allen en 1855, dans un ouvrage appelé The Dead Sea – A new route to India (La mer Morte, une nouvelle route vers l’Inde). À l’époque, on ignorait que le niveau de la mer Morte était très en dessous de celui de la Méditerranée et Allen a proposé ce canal comme alternative au canal de Suez.

Plus tard, plusieurs ingénieurs et hommes politiques ont repris l’idée, dont Theodor Herzl dans sa nouvelle de 1902, Altneuland. Si la plupart des premiers projets partent de la rive gauche du Jourdain (Jordanie), une version prévoit également un tracé sur la rive droite (Cisjordanie), scénario abandonné après 1967 lorsque la Cisjordanie tombe aux mains d’Israël.

Après des recherches approfondies, les ingénieurs allemands Herbert Wendt et Wieland Kelm ont proposé non pas un canal navigable, mais un aqueduc composé d’une galerie en charge orientée ouest-est, reliant la Méditerranée à la mer Morte.

Tirant profit de la différence de niveau entre la mer Méditerranée et la mer Morte le système vise essentiellement à alimenter la mer Morte en eau de mer tout en produisant de l’énergie hydro-électrique. Trois tracés sont envisagés, le plus court étant celui reliant la Méditerranée à la Mer Morte (70 km) en partant d’Ashdod en Israël et traversant la Cisjordanie.

En 1975, une étude détaillée de leur projet a fait l’objet d’une première publication dans la revue spécialisée allemande Wasserwirtschaft.

Le schéma s’explique comme ceci:

  1. La prise d’eau de mer se situe à Ashdod.
  2. Un canal ouvert fait écouler l’eau par gravité sur 7 km.
  3. De là, l’eau sous pression part dans un une galerie hydraulique en charge long de 65 km;
  4. L’eau arrive dans un lac de retenue de 3 km de long créé grâce un barrage situé au bord de la descente abrupte vers la mer Morte. A cet endroit, l’eau peut éventuellement servir au refroidissement d’une centrale thermique ou nucléaire dont la chaleur peut rendre des services dans le domaine industriel ou agricole.
  5. Par un puits qui part du fond du réservoir, l’eau descend abruptement de 400 mètres.
  6. Là, il actionne trois turbines d’une puissance de 100 MWe chacune.
  7. Enfin, par une galerie d’évacuation, l’eau de mer rejoint la mer Morte.

L’ONU votre contre !

Cependant, comme le projet est élaboré exclusivement par Israël et sans aucune consultation avec ses voisins jordaniens, palestiniens et égyptiens, il se fracasse sur un mur d’opposition politique.

Bien entendu, comme pour tout projet d’infrastructure à grande échelle, de nombreux éléments doivent être adaptés, notamment les équipements touristiques, les routes, les hôtels, l’exploitation de la potasse jordanienne, les terres agricoles palestiniennes, etc.

On s’interroge également sur les tremblements de terre potentiels (très peu fréquents) et la différence de salinité de l’eau de la Méditerranée et de la mer Morte.

Le 16 décembre 1981, l’Assemblée générale des Nations unies, estimant que le projet de canal « violera le principe du droit international », adopte la résolution 36-150.

Cette résolution « prie le Conseil de sécurité d’envisager de prendre l’initiative de mesures visant à arrêter l’exécution de ce projet », et « demande à tous les Etats de ne fournir aucune assistance directe ou indirecte à la préparation ou à l’exécution de ce projet ».

E. Aqueduc mer Morte – mer Rouge

Le 17 octobre 1994, Yitzhak Rabin, alors Premier ministre israélien, et le roi Hussein de Jordanie paraphent le projet de traité de paix entre leurs deux pays à Amman, après être parvenus à un accord sur les deux derniers points en litige – la question de l’eau et la démarcation des frontières.

Yitzhak Rabin, Bill Clinton et le Roi Hussein de Jordanie.

Le 26 novembre, le traité de paix séparée israélo-jordanien est signé en grande pompe dans la vallée de l’Arava, entre la mer Rouge et la mer Morte, par les Premiers ministres des deux pays, en présence du président américain Bill Clinton, dont le pays avait contribué à faire aboutir les négociations entre Jérusalem et Amman.

Apparaissent alors, fait rare, les conditions pour que la vieille idée de relier la mer Rouge à la mer Morte, un projet rebaptisé et soutenu par Shimon Peres sous le nom de « Canal de la paix », puisse revenir sur la table.

L’ancien commissaire israélien de l’eau, le professeur Dan Zaslavsky, qui s’opposait au projet pour des raisons de coût, relatait en 2006 dans le Jerusalem Post l’obstination de Peres. Pour écouter les scientifiques, ce dernier en avait convoqué cinq. Chacun devait présenter en quelques minutes ses objections. A la fin, Peres s’est levé et a dit : « Excusez-moi. Vous ne vous souvenez pas que j’ai construit le réacteur nucléaire de Dimona ? Vous souvenez-vous que tout le monde était contre ? Et bien j’ai eu raison à la fin. Et il en sera de même avec ce projet« . Et sur ce, rapporte Zaslavsky, Peres est parti !

La mer Morte

Pendant des millénaires, la mer Morte a été remplie d’eau douce provenant du Jourdain, via le lac de Tibériade. Or, au cours des cinquante dernières années, elle a perdu 28 % de sa profondeur et un tiers de sa surface. Son niveau d’eau baisse inexorablement, à un rythme moyen de 1,45 mètre par an. Sa forte salinité (plus de 27 %, alors que la moyenne des océans et des mers est de 2 à 4 %) et son niveau de 430 mètres en dessous du niveau de la mer, ont toujours fasciné les visiteurs et procuré des bienfaits thérapeutiques. D’une longueur de 51 km sur 18 km de large, elle est partagée entre Israël, la Jordanie et la Cisjordanie.

La surexploitation des ressources en eau en amont (aqueduc national en Israël, canal du Ghor en Jordanie), ainsi que l’exploitation des mines de potasse, sont à l’origine du désert de sable qui, si rien n’est fait, continuera à remplacer la mer Morte. Si la mer Morte a besoin du Jourdain, en amont, le Jourdain a besoin du lac de Tibériade, d’où son cours inférieur prend sa source. Ces dernières années, le lac a lui aussi subi des baisses drastiques de son niveau d’eau, ce qui a déclenché un cercle vicieux entre les trois systèmes (lac de Tibériade, fleuve Jourdain et mer Morte).

L’Aqueduc

En réponse, fin 2006, la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD) ont aidé Israël et la Jordanie à concevoir un projet colossal visant à relier la mer Morte à la mer Rouge via un pipeline souterrain de 180 kilomètres, entièrement construit sur le territoire jordanien. Un accord tripartite entre Israéliens, Jordaniens et Palestiniens avait été signé en décembre 2013.

Le projet mer Rouge – Mer morte combine plusieurs éléments:

  1. Prise d’eau de mer et station de pompage
    L’eau de mer est pompée à +125 m au-dessus du niveau de la mer dans la mer Rouge.
  2. Conduite sous pression
    La première partie du système d’adduction transmet l’eau de mer à l’altitude prévue. La longueur est de 5 km à partir d’Aqaba (3% de l’ensemble du tracé).
  3. Canal et tunnel – le principal système d’adduction
    L’eau de mer est acheminée vers des réservoirs de régulation et de prétraitement avec un débit nominal de 60 m3 /s. Un tunnel de 121 km avec un diamètre de 7 m et un canal de 39 km ont été conçus.
  4. Réservoirs de régulation et de prétraitement
    Plusieurs réservoirs ont été conçus à +107 m à Wadi G’mal à la marge sud-est de la mer Morte.
  5. Usine de dessalement
    Les usines de dessalement sont conçues pour être exploitées en utilisant le processus d’osmose inverse à support hydrostatique pour séparer l’eau douce de la saumure. L’usine sera située à Zafi, à 365 m au-dessous du niveau de la mer, avec une colonne d’eau de 475 m.
  6. L’eau douce
    L’ensemble produira chaque année environ 850 mmc d’eau douce à partager entre la Jordanie, Israël et la Palestine, les trois pays gérant la mer Morte. Pour le transport de l’eau vers Amman, un double pipeline de 200 km avec un diamètre de 2,75 m a été conçu avec neuf stations de pompage pour une élévation de 1500 m. Pour le transport vers Hébron, un double pipeline de 125 km avec une différence d’élévation de 1415 m a également été conçu.
  7. La saumure
    L’eau de rejet de la saumure sera acheminée de l’usine de dessalement vers la mer Morte via un canal de 7 km. 1 100 mmc par an d’eau de rejet de saumure rejoindront la mer Morte.
  8. Production d’électricité
    Lors de son écoulement, les turbines d’une ou de plusieurs centrales hydroélectriques permettent de générer environ 800 mégawatts d’électricité capables de compenser en partie l’électricité consommée par le pompage.
  9. Trois nouvelles villes seront construites : North Aqaba city dans le nord d’Aqaba, South Dead Sea City, proche de l’usine de dessalement au sud de la mer Morte et South Amman City.

Compte tenu de l’importance stratégique de l’eau pour son économie, la Jordanie envisage d’y ajouter une centrale nucléaire permettant d’alimenter en électricité à la fois l’usine de dessalement et le système de pompage.

En termes d’impact environnemental, les scientifiques craignent que le mélange de la saumure (riche en sulfate) des usines de dessalement avec l’eau de la mer Morte (riche en calcium) ne fasse blanchir cette dernière. Il serait donc nécessaire de procéder à un transfert d’eau progressif pour observer les effets du transfert d’eau dans cet écosystème particulier.

Pas de quoi stabiliser le niveau de la mer Morte, mais un début de solution pour ralentir son assèchement, comme le soulignait en 2018 Frédéric Maurel, en charge de ce projet pour l’AFD, et pour qui « il faut aussi utiliser l’eau de manière plus économe, tant dans l’agriculture que dans l’industrie de la potasse ».

Volonté politique en panne

Début du projet coté mer Rouge.

Du côté israélien, la sauvegarde de la mer Morte est une nécessité pour maintenir le tourisme balnéaire et le thermalisme. C’est aussi un levier pour garantir son contrôle hydraulique sur la Cisjordanie, Israël ne faisant pas confiance à l’Autorité palestinienne pour la gestion de l’eau. Conscientes du potentiel pacificateur de ce projet, des factions pro-paix en Israël ont besoin d’un partenaire stable dans la région. La Jordanie, pour sa part, était de loin la plus intéressée par ce projet, compte tenu de sa situation critique.

En 2021, la Jordanie a décidé de mettre un terme au projet de pipeline commun, estimant qu’il n’y avait « pas de réelle volonté de la part des Israéliens » de faire avancer ce projet qui stagnait depuis plusieurs années.

Pour faire face à ses besoins croissants, la Jordanie a décidé de construire sa propre usine de dessalement sur la mer Rouge. Le projet de dessalement Aqaba-Amman prélèvera l’eau de la mer Rouge, la dessalera et l’acheminera à 450 kilomètres au nord vers la capitale Amman et ses environs, fournissant ainsi 300 mmc d’eau par an, dont le pays a désespérément besoin. Les études sont terminées et la construction commencera en juillet 2024. La Jordanie compte faire tourner son usine de dessalement grâce à de l’énergie solaire.

La mer Morte pourrait lentement réapparaître

L’usine de dessalement et le pipeline qui renvoie l’eau douce dans la mer de Galilée sont désormais opérationnels.

Disposant désormais d’énormes capacités de désalinisation, Israël a adopté le Projet national d’inversion du flux pour rendre l’eau à ses ressources naturelles, en particulier au lac de Tibériade, un trésor national, une pièce maîtresse du tourisme, de l’agriculture et, comme nous l’avons vu, de la géopolitique.

Chaque année, Israël prélève 100 mmc d’eau dans le lac de Tibériade pour les envoyer en Jordanie, et ce même pendant les années de sécheresse de 2013 à 2018.

Selon Dodi Belser, directeur de l’innovation chez le géant de l’eau Mekorot, si Israël veut augmenter la quantité d’eau qu’il envoie à ses voisins jordaniens et protéger ses réserves, il est vital de conserver le niveau d’eau du lac. C’est ainsi qu’est née l’idée de pomper de l’eau dessalée dans le lac de Tibériade, à hauteur de 120 mmc par an jusqu’en 2026.

Mécaniquement cette eau ira également alimenter le Jourdain et, par conséquent… la mer Morte. Rappelons que le sel de la mer Morte provient des eaux du Jourdain. Chaque année, le célèbre fleuve lui apporte près de 850 000 tonnes de sel.

F. Projets turcs

Depuis longtemps, la Turquie, véritable « château d’eau » dans la région, rêve d’exporter, à prix d’or, son eau vers Israël, la Palestine, Chypre et d’autres pays du Moyen-Orient.

Le plus ambitieux de ces projets était le « Peace Water Pipeline » du président Turgut Özal en 1986, un projet de 21 milliards de dollars visant à acheminer l’eau des rivières Seyhan et Ceyhan par des pipelines vers des villes de Syrie, de Jordanie et des États arabes du Golfe.

En 2000, Israël envisageait fortement d’acheter 50 millions de m3 par an pendant 20 ans à partir du fleuve Manavgat près d’Antalya, mais depuis novembre 2006, l’accord a été mis en suspens.

Projets d’aquaducs turcs.

Le projet Manavgat, finalisé techniquement à la mi-mars, fait figure de projet pilote. Le complexe sur la rivière Manavgat, qui prend sa source dans le Taurus pour se jeter en Méditerranée entre Antalya et Alanya, comprend une station de pompage, un centre de raffinage et un canal de conduite d’une dizaine de kilomètres. L’objectif est ensuite d’acheminer ces eaux douces grâce à des tankers de 250 000 tonnes vers le port israélien d’Ashkelon pour injection dans l’aqueduc national israélien.

A terme, la Jordanie pourrait également être intéressée par la manne aquatique turque. Un deuxième client en aval de son réseau permettrait à Israël de partager les coûts. Une autre solution serait d’amener l’eau par un pipeline reliant la Turquie à la Syrie et à la Jordanie, et à Israël et la Palestine si elle arrive à s’entendre avec ses partenaires. Les Palestiniens de leur côté ont cherché un pays donateur pour subventionner des importations d’eau douce par tanker.

Le projet Manavgat n’est pas le seul par lequel Ankara espère vendre son eau. En 1992, Süleyman Demirel, alors Premier ministre, affirmait un principe qui fit d’ailleurs l’effet d’une bombe :

Les pays situés en aval des deux fleuves, l’Irak et surtout la Syrie, avaient immédiatement protesté. Pour eux, les multiples barrages qu’Ankara compte construire sur les principales sources d’eau douce de la région, à des fins d’irrigation ou de production d’électricité, ne sont qu’une manière pour l’héritier de l’Empire ottoman d’asseoir son autorité sur la région.

Quelle que soit l’ambition réelle d’Ankara, le pays dispose en tout cas d’un véritable trésor, surtout au regard des ressources déclinantes des pays voisins.

Cependant, depuis novembre 2006, les partisans israéliens du dessalement s’élèvent contre le prix de l’eau turque et s’interrogent sur la sagesse de s’appuyer sur Ankara, dont le gouvernement critique les politiques israéliennes. Dessalement ou importation ? Le choix est cornélien pour Israël. Et éminemment politique, puisqu’il s’agit de savoir si l’on entend camper sur des positions basées sur l’autosuffisance ou si l’on préfère jouer la carte de la coopération régionale, ce qui revient à faire le pari de la confiance…

G. Vices cachés des accords d’Oslo

La reconnaissance d’Israël par Yasser Arafat – chef de l’Organisation de libération de la Palestine – et l’élection d’Yitzhak Rabin au poste de Premier ministre d’Israël en 1992 ont ouvert de nouvelles perspectives de paix et de coopération.

Les accords d’Oslo qu’ils ont signés ont établi l’Autorité palestinienne et déterminé les allocations temporaires d’eau souterraine de la Cisjordanie à Israël et à la Palestine. Dans la déclaration, les deux parties ont accepté le principe d’une « utilisation équitable » entre Palestiniens et Israéliens.

Cependant, l’effondrement de la confiance mutuelle à la suite de l’assassinat de Rabin en novembre 1995 et l’élection de Benjamin Netanyahou, qui s’était montré très critique à l’égard d’Oslo, ont eu des répercussions négatives sur la coopération dans le domaine de l’eau.

En 2000, pendant les six premiers mois de la seconde Intifada, il n’y a eu pratiquement aucun contact entre les deux parties concernant les questions liées à l’eau.

Malgré le conflit, mettant de coté leurs désaccords, les dirigeants israéliens et palestiniens se sont engagés à séparer la question de l’eau de la violence et ont réactivé la coopération sur l’eau.

En 2004, Israël aurait proposé un plan de construction d’une usine de dessalement afin d’augmenter la quantité d’eau douce disponible et d’acheminer l’eau dessalée vers la Cisjordanie. Craignant que cela n’implique un renoncement aux revendications palestiniennes sur l’aquifère de la montagne (dont 75 % sont attribués à Israël bien que l’aquifère se trouve en territoire palestinien), les Palestiniens ont rejeté cette solution.

Bien que stipulant qu’« Israël reconnaît les droits sur l’eau de la Palestine », les accords d’Oslo, signés par Israël et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1993, ont permis en réalité à Israël de continuer de contrôler les sources d’eau de la région… en attendant la résolution du conflit. Oslo II prévoyait le report des négociations sur les droits relatifs à l’eau jusqu’aux pourparlers sur le « statut permanent », le statut de Jérusalem, le droit au retour des réfugiés, les colonies illégales, les dispositions en matière de sécurité et d’autres questions. Les discussions sur le statut définitif, qui devaient se tenir cinq ans après la mise en œuvre des accords d’Oslo (en 1999, comme cela avait été prévu), n’ont toujours pas eu lieu à ce jour.

Les accords d’Oslo prévoyaient également la création d’une autorité de gestion de l’eau et leur « Déclaration de principes » soulignait la nécessité d’assurer « l’utilisation équitable des ressources en eau communes, pour application au cours de la période intérimaire [des accords d’Oslo] et après ».

Depuis des décennies, Israël perpétue le principe de distribution de l’eau qui existait avant la signature des accords d’Oslo et qui autorise les Israéliens à consommer de l’eau à volonté, tout en limitant les Palestiniens à une part prédéterminée de 15 %.

Lorsqu’il a fallu organiser la répartition de l’eau entre Israël et les Palestiniens, les accords n’ont pas tenu compte de la division de la Cisjordanie en zones A, B et C.

Israël s’est finalement vu accorder le droit de contrôler les sources d’eau, même dans les zones A et B contrôlées par l’AP. La plupart de ces sources sont déjà situées en zone C, entièrement contrôlée par Israël et qui constitue près de 61 % de la Cisjordanie. Dans les faits, Israël a donc raccordé toutes les colonies construites en Cisjordanie, à l’exception de la vallée du Jourdain, au réseau d’eau israélien. L’approvisionnement en eau des communautés israéliennes de part et d’autre de la ligne verte est géré comme un système unique dont la compagnie nationale israélienne Mekorot a la charge.

Si les accords d’Oslo autorisent Israël à pomper l’eau des zones qu’il contrôle pour alimenter les colonies de Cisjordanie occupée, ils empêchent en revanche l’AP de transférer de l’eau d’une zone à l’autre dans celles qu’elle administre en Cisjordanie. Israël a désavoué la plupart des dispositions des accords d’Oslo, mais reste attachée à celles relatives à l’eau.

Un membre de la délégation palestinienne qui a signé les accords d’Oslo, souhaitant conserver l’anonymat, affirme à la revue Middle East Eye que le manque d’expertise de la délégation à l’époque a donné lieu à la signature d’un accord qui,

Les frontières entre Gaza, les territoires occupés et Israël n’ont pas besoin d’être tracées au moyen d’une ligne, car elles sont marquées par le changement brutal de l’éclat de la couleur verte (terres irriguées).

En pratique, cela signifie que les Palestiniens de Cisjordanie occupée sont à la merci de l’occupation israélienne en ce qui concerne leur approvisionnement en eau.

Les inégalités en termes d’accès à l’eau en Cisjordanie sont criantes, comme l’a montré l’ONG israélienne B’Tselem dans un rapport intitulé Parched, publié en mai 2023.

En 2020, chaque Palestinien de Cisjordanie consommait en moyenne 82,4 litres d’eau par jour, contre 247 litres par personne en Israël et dans les colonies. Ce chiffre tombe à 26 litres par jour pour les communautés palestiniennes de Cisjordanie qui ne sont pas reliées au réseau de distribution d’eau. Seuls 36 % des Palestiniens de Cisjordanie bénéficient d’un accès à l’eau courante toute l’année, contre 100 % des Israéliens, colons inclus.

L’Autorité palestinienne souligne que l’agriculture palestinienne compte pour une grande part dans l’économie des territoires occupés (15% du PIB, 14% de la population active en 2000). En comparaison, l’agriculture israélienne, certes beaucoup plus productive, emploie 2,5% de la population active et produit 3% du PIB.

Or, les terres cultivables dont l’autonomie palestinienne, totale ou partielle, est reconnue par Israël au titre des accords d’Oslo, sont situées sur les hauteurs calcaires où l’accès à l’eau est difficile, puisqu’il est nécessaire de creuser profond pour atteindre la nappe. Ajoutons à cela qu’en Israël et dans les colonies, 47% des terres sont irriguées, contre 6 % seulement des terres palestiniennes. L’Autorité palestinienne demande actuellement des droits sur 80 % de l’aquifère des montagnes, ce qu’Israël ne peut pas concevoir.

« Mythe » du Palestinien assoiffé

Des porte-parole israéliens, comme Akiva Bigman dans son article intitulé « Le mythe du Palestinien assoiffé » (2014), ont trois réponses prêtes à sortir lorsqu’ils sont confrontés aux pénuries d’eau dans les villes palestiniennes de Cisjordanie :

Réponse : les pertes varient de 20 à 50 % aux États-Unis, ce qui est bien supérieur au taux de la Palestine pauvre.

On peut se demander où est passé l’argent. Et oui, le constat est juste, au bout du compte, pour diverses raisons techniques et des échecs de forage inattendus dans le bassin oriental de l’aquifère (le seul endroit où l’accord autorise les Palestiniens à forer), les Palestiniens ont fini par produire moins d’eau que ce que prévoyaient les accords.

Dans les chiffres, c’est vrai. Cependant, Oslo n’a pas fixé de limite à la quantité d’eau qu’Israël peut prélever, mais a limité les Palestiniens à 118 mmc provenant des puits qui existaient avant les accords, et à 70-80 mmc supplémentaires provenant de nouveaux forages. Selon l’ONG israélienne B’Tselem, en 2014, les Palestiniens ne tiraient que 14 % de l’eau de l’aquifère. C’est pourquoi l’entreprise publique israélienne Mekorot (obéissant aux directives du gouvernement) vend aux Palestiniens le double de l’eau stipulée dans l’accord d’Oslo : 64 MCM, contre 31 MCM prévus. Cela fait 64 + 31 = 95 MCM au total, un chiffre à examiner à la lumière de la consommation actuelle des Palestiniens de Cisjordanie : 239 mcm en 2020, dont… 77,1 achetés à Israël.

Un dernier détail qui en dit long : alors que les Palestiniens sont facturés au prix de l’eau potable pour leur eau agricole, les colons Juifs bénéficient de tarifs agricoles et de subventions. La justification étant que les colons juifs ont investi dans de coûteuses techniques d’irrigation…

H. Canal de navigation Ben Gourion

Fin 2023, l’idée du canal Ben Gourion fut relancée dans les médias. Ce canal relierait le golfe d’Aqaba (Eilat), dans la mer Rouge, à la mer Méditerranée et passerait par Israël pour se terminer dans ou près de la bande de Gaza (Ashkelon).

Il s’agit d’une alternative israélienne au canal de Suez, devenue d’actualité dans les années 1960 après la nationalisation de Suez par Nasser.

Les premières idées de connexion entre la mer Rouge et la Méditerranée sont apparues au milieu du XIXe siècle, à l’initiative des Britanniques qui souhaitaient relier les trois mers : Rouge, Morte et Méditerranée. La mer Morte se trouvant à 430 mètres en dessous du niveau de la mer, cette idée n’était pas réalisable, mais on pourrait l’adapter dans une autre direction. Effrayés par la nationalisation de Suez par Nasser, les Américains envisagent l’option du canal israélien, leur fidèle allié au Moyen-Orient.

En juillet 1963, H. D. Maccabee, du Lawrence Livermore National Laboratory (sous contrat avec le ministère américain de l’Energie), rédige un mémorandum explorant la possibilité de recourir à 520 explosions nucléaires souterraines pour creuser environ 250 kilomètres de canaux à travers le désert du Néguev. Classé secret jusqu’en 1993, ce document aujourd’hui déclassifié indique :

L’idée du canal Ben Gourion est réapparue au moment où ont été signés les accords dits « d’Abraham » entre Israël et les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Maroc et le Soudan. Le 20 octobre 2020, l’impensable s’est produit : l’entreprise publique israélienne Europe Asia Pipeline Company (EAPC) et la société émiratie MED-RED Land Bridge ont signé un accord sur l’utilisation de l’oléoduc Eilat-Ashkelon pour transporter du pétrole de la mer Rouge à la Méditerranée, donc sans passer par le canal de Suez.

Le 2 avril 2021, Israël annonça que les travaux sur le canal Ben Gourion devaient commencer en juin de la même année, mais ce ne fut pas le cas.

Les promoteurs du projet avancent que leur canal serait plus efficace que le canal de Suez car, en plus de pouvoir accueillir un plus grand nombre de navires, il permettrait la navigation simultanée dans les deux sens de grands navires grâce à la conception en deux bras. Contrairement au canal de Suez, qui s’écoule entre des rives sablonneuses, le canal israélien aurait des parois en dur ne nécessitant presque pas d’entretien. Israël prévoit de construire de petites villes, des hôtels, des restaurants et des cafés tout le long du canal.

De nombreux analystes interprètent la réoccupation israélienne actuelle de la bande de Gaza comme un événement que de nombreux politiciens israéliens attendaient pour relancer un vieux projet.

Chaque branche proposée du canal aurait une profondeur de 50 mètres et une largeur d’environ 200 mètres. Il serait 10 mètres plus profond que le canal de Suez. Des navires de 300 mètres de long et 110 mètres de large pourraient l’emprunter, ce qui correspond à la taille des plus grands navires du monde.

Un des tracés envisagés pour le futur canal Ben Gourion.

Si l’on examine plus en détail le tracé prévu, on constate que le canal commence à la limite sud du golfe d’Aqaba, à partir de la ville portuaire d’Eilat, près de la frontière israélo-palestinienne, et se prolonge à travers la vallée de l’Arabah sur environ 100 km, entre les montagnes du Néguev et les hauts plateaux jordaniens.

Il bifurque ensuite vers l’ouest avant la mer Morte, continue dans une vallée de la chaîne montagneuse du Néguev, puis tourne à nouveau vers le nord pour contourner la bande de Gaza et rejoindre la mer Méditerranée dans la région d’Ashkelon.

S’il est réalisé, avec ses 292,9 km de long, le canal Ben Gourion sera presque un tiers plus long que le canal de Suez (193,3 km). Sa construction prendrait 5 ans et impliquerait 300 000 ingénieurs et techniciens du monde entier. Le coût de la construction est estimé entre 16 et 55 milliards de dollars. Israël devrait gagner 6 milliards de dollars par an.

Celui qui contrôlera le canal, et apparemment ce ne peut être qu’Israël et ses alliés (principalement les États-Unis et la Grande-Bretagne), aura une influence énorme sur les chaînes d’approvisionnement internationales de pétrole, gaz, céréales, mais aussi sur tout le commerce mondial en général.

Israël avance qu’un tel projet mettrait en échec le pouvoir de l’Egypte, un pays fortement allié à la Russie, à la Chine et aux BRICS, et donc « une menace » pour les Occidentaux ! Avec la dépopulation de Gaza et la perspective d’un total contrôle israélien sur ce minuscule territoire, certains politiciens israéliens, y compris Netanyahou, salivent de nouveau à la perspective d’un tel projet.

Comme le précise en novembre 2023 l’analyste croate Matia Seric dans Asia Review :

I. Plan Oasis

C’est à la lumière de tous ces échecs qu’apparaît l’apport fondamental du « Plan Oasis » proposé par l’économiste américain Lyndon LaRouche (1922-2019).

En 1975, à la suite d’entretiens avec les dirigeants du parti Baas irakien et du parti travailliste israélien, Lyndon LaRouche voyait son plan Oasis comme le socle d’un développement mutuel bénéficiant à toute la région.

Au lieu d’attendre « la stabilité » et « une paix durable » qui arriveraient par magie, il s’agit alors pour LaRouche de proposer et même de lancer des projets dans l’intérêt de tous, en recrutant tous les partenaires à y participer pleinement, avant tout dans leur propre intérêt, mais en réalité dans l’intérêt de tous.

Fresque de Banksy.
plan

Le Plan Oasis* pour une « paix bleue », conçu par LaRouche et défendu par l’Institut Schiller, prévoit :

  1. L’abandon par Israël de son contrôle exclusif des ressources en eau, au profit d’un accord de partage équitable des ressources entre tous les pays de la région ;
  2. La reconstruction et le développement économique de la bande de Gaza, y compris l’Aéroport international Yasser Arafat (inauguré en 1998 et détruit au bulldozer par les Israéliens en 2002), un grand port maritime desservant un hinterland équipé d’infrastructures de transport, industrielles et agricoles.
  3. L’installation immédiate d’une usine de dessalement flottante, sous-marine ou off-shore, sur la côte de Gaza.
  4. La construction d’un réseau ferroviaire moderne pour le transport rapide des personnes et le fret, reliant la Palestine (y compris Gaza) et Israël aux pays voisins.
  5. La réalisation (pour moins de 20 milliards de dollars) d’un système d’adduction d’eau Méditerranée-mer Morte et mer Rouge-mer Morte, composé de tunnels, pipelines, galeries d’eau, stations de pompage, unités hydroélectriques et usines de dessalement fonctionnant à l’énergie nucléaire.
  6. Avant d’être dessalée, l’eau de mer arrivant à la mer Morte « chutera » dans un puits de 400 mètres de profondeur (le niveau de la mer Morte), produisant ainsi de l’hydroélectricité.
  7. Après dessalement, l’eau douce ira en Jordanie, en Palestine et en Israël ; la saumure ira remplir et sauver la mer Morte.
  8. L’unité nucléaire de « dessalement hybride » fera appel aussi bien à la chaleur qu’à l’électricité produite par le réacteur.
  9. La chaleur industrielle des réacteurs à haute température (HTR) servira à des applications industrielles et agricoles.
  10. L’ensemble des réservoirs fonctionnera également comme un système de transfert d’énergie par pompage (STEP), indispensable pour réguler les réseaux électriques de la région.
  11. Une partie de l’eau de mer transitant par le système d’adduction Méditerranée-mer Morte sera dessalée à Beersheba, la « capitale du Néguev » dont la population, grâce à de nouvelles réserves d’eau douce, pourra doubler.
  12. De nouvelles villes et des « corridors de développement » se développeront autour des nouveaux systèmes d’adduction d’eau.
  13. Le centre de recherche nucléaire et la centrale de Dimona (pour l’instant un réacteur à but militaire et de traitement de déchets nucléaires du secteur médical) peuvent constituer la base d’un programme nucléaire civil israélien et contribueront à la construction d’usines de dessalement nucléaire. La Jordanie peut y contribuer avec ses réserves en thorium et en uranium.
  14. Des plan américains et israéliens existent pour accueillir 500 000 à 1 million d’habitants supplémentaires dans le Néguev. Pour nous, ces plans doivent être entièrement reconfigurés et ne peuvent en aucun cas se résumer à une simple extension de colonies exclusivement juives. Ils doivent offrir l’occasion à tous les citoyens israéliens, en coopération avec Bédouins qui y vivent (200 000 ou 30% du total), les Palestiniens et d’autres, de faire reculer un ennemi commun : le désert.
  15. La fin de la politique de colonisation illégale en Cisjordanie. Les colons seront incités (fiscalité, etc.) à se réorienter vers le Néguev où ils pourront occuper, en bonne entente avec les Bédouins, des Palestiniens et d’autres, des emplois productifs et y faire fleurir le désert (62 % du territoire israélien).

Schéma d’usine de dessalement flottante, réponse immédate à la crise humanitaire de Gaza.

6. Alvin Weinberg, Yitzhak Rabin et Lyndon LaRouche

LaRouche proposait de combiner les infrastructures hydrologiques, énergétiques, agricoles et industrielles. Il donna aux complexes agro-industriels construits autour de petits réacteurs nucléaires à haute température le nom de « nuplexes », un concept avancé dans l’après-guerre par le scientifique américain Alvin Weinberg, grand patron des laboratoires d’Oak Ridge au Tennessee (ORNL) et co-inventeur de plusieurs types de réacteurs nucléaires, notamment la filière aux sels fondus utilisant le thorium comme combustible (donc sans production de plutonium militaire).

Au chapitre 8 de son autobiographie, Weinberg raconte comment l’ORNL « s’est lancé dans une grande entreprise : dessaler la mer avec de l’énergie nucléaire bon marché », avec des centrales « à usage multiple, produisant à la fois de l’eau, de l’électricité et de la chaleur industrielle ». L’affirmation que cela était possible, rapporte Weinberg, « a suscité des remous au sein de la Commission de l’énergie atomique ».

Le sénateur John F. Kennedy écoute le Dr Alvin Weinberg, directeur du laboratoire national d’Oak Ridge, dans le Tennessee. Avec l’aimable autorisation du ministère de l’énergie. (février 1959)

Finalement, c’est le président Kennedy qui s’est montré le plus enthousiaste, en s’exprimant le 25 septembre 1963 :

L’idée parvint ensuite à l’oreille du patron de la Commission de l’énergie atomique (AEC), Lewis Strauss.

Lewis transmet cette idée à Eisenhower, qui esquisse dans le magazine Life les grandes lignes de ce qui sera connu sous le nom de plan Eisenhower, basé « sur ce dont Lewis et moi avions discuté », écrit Weinberg.

Celui-ci envoie alors une équipe en Égypte, en Israël et au Liban, où elle fut chaleureusement accueillie. Cette visite permit à Tennessee d’inviter des ingénieurs israéliens et égyptiens à s’intégrer dans le projet d’étude du Moyen-Orient « qui étudiait ce que nous appelions les ‘complexes agro-industriels à propulsion nucléaire+’ ».

Le « projet Moyen-Orient » a adapté ces résultats antérieurs à la situation israélo-égyptienne. Un rapport en fut publié en plusieurs volumes, « dans lequel nous avons examiné la faisabilité de complexes nucléaires agro-industriels à construire en tant que projets nationaux dans la région d’El-Hamman, près d’Alexandrie en Égypte, et dans la région occidentale du Néguev en Israël, et en tant que projet international près de la bande de Gaza. L’implication était que les complexes seraient subventionnés par les États-Unis.

« Le plan Eisenhower-Baker n’a jamais été mis en œuvre : la volonté politique nécessaire pour soutenir la construction de grands réacteurs dans un Moyen-Orient en proie aux conflits faisait défaut… », regretta Weinberg, qui ignorait les opérations des frères Dulles…

Le plan LaRouche, comme tant d’autres propositions allant dans le même sens, a été bloqué jusqu’ici du côté israélien, américain et britannique, et nous ne savons que trop bien ce qui est arrivé à Yitzhak Rabin, assassiné après avoir signé les accords d’Oslo, à Shimon Peres évincé, et à un Yasser Arafat diabolisé. A cela il faut ajouter que LaRouche fut couvert de calomnies et traité d’antisémite.

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Israel-Palestine: Time to Make Water a Weapon for Peace

Water for Peace

Contents:

Introduction

This article provides readers with the keys. To understand the history of the water wars that continue to ravage the Middle East, it is essential to understand the geological, hydrographical, geographical and political issues at stake. In the second part, we examine the various options for developing water resources as part of a strategy to overcome the crisis. We will deal with the gas issue, another subject of potential conflict or cooperation, in a later article.

1. Geography

The Dead Sea lays at minus 415 meters below sea level (in black), while the mountains rise up till 1486 meters (red).

The Jordan River basin is shared by four countries: Lebanon, Syria, Jordan and Israel, plus the Palestinian territories of the West Bank and Gaza.

Situated in the hollow of a tectonic depression on the great fault that runs from Aqaba to Turkey, the Jordan Valley is one of the lowest-lying basins in the world, flowing into the Dead Sea at an altitude of 421 meters below sea level.

See interactive topographic map.

Added to this is the fact that this is an endorheic basin, i.e. a river that flows neither into the sea nor the ocean. As in the Aral Sea basin in Central Asia, this means that any water drawn or diverted upstream reduces the level of its ultimate receptacle, the Dead Sea (see below), and can even potentially make it disappear.

Jordan river.

While remaining a fundamental artery for the entire region, the Jordan River has a number of drawbacks: its course is not navigable, its flow remains low and its waters, which are highly saline, are polluted.

As one of the key factors in the « Water, Energy, Food nexus » – three factors whose interdependence is such that we can’t deal with one without dealing with the other two – water resource management remains a key issue, and holds a primordial place for any future shared between Israel and its Arab neighbors. To grow food, one needs water. But to desalinate sea water, Israel spends 10 % of its electricity generated by consuming gas and oil.

2. Rainfall and water resources

A gauche, moyenne des précipitations annuelle, à droite le relief géographique.

The Middle East forms a long, arid strip, only accidentally interrupted by areas of abundant rainfall (around 500-700 mm/year), such as the mountains of Lebanon, Palestine and Yemen.

Geographically, much of the Middle East lies south of the isohyet (imaginary line connecting points of equal rainfall) indicating 300 mm/year.

However, precipitation has only a limited effect due to its seasonality (October-February).

As a result, river flow and flooding are irregular throughout the year, as well as between years. The same applies to groundwater recharge.

On a state-by-state basis, total water resources are very unevenly distributed in the region:
Turkey and Iraq have over 4,000 cubic meters per person per year, and Lebanon around 3000 m³/person/year, which is above the regional average (1,800 m³/person/year).
Syria and Egypt have around 1200 m³/person/year, one third lower.

On the other hand, some countries are below the critical 500 m³/year/capita bracket:
Israel and Jordan have 300 m³/year/capita, and the Palestinian Territories (West Bank-Gaza) less than 200 m³/year/capita. They are in what the World Health Organization (WHO) calls a situation of « water stress ».

The Middle East enjoys plenty of water on a regional scale, but has many areas in chronic shortage, on a local scale.

3. Hydrography of the Jordan basin

A. Source

360 km long, the Jordan River rises from water flowing down the slopes of Jabal el-Sheikh (Mount Hermon) in southern Lebanon on the border with Syria.

B. Tributaries

Once over the Israeli border, three tributaries join the Jordan about 6 kilometers upstream from the former Lake Hula (now reclaimed):

1. The Hasbani, with a flow of 140 million cubic meters (MCM) per year, rises in Lebanon, a country it crosses over 21 kilometers. The upper reaches of the Hasbani vary greatly with the seasons, while the lower reaches are more regular.

2. The Banias, currently under Israeli control and 30 kilometers long, has an annual flow close to that of the Hasbani (140 MCM). It rises in Syria in the Golan Heights, and flows into Israel for around 12 kilometers before emptying into the Upper Jordan.

3. The Nahr Leddan (or Dan) forms in Israel when the waters of the Golan Heights come together. Although restricted, its course remains stable and its annual flow is greater than that of the other two tributaries of the Upper Jordan, exceeding 250 MCM per year.

C. Lake Tiberias or Kinneret (aka Sea of Galilee)

The Jordan then flows through 17 km of narrow gorges to reach Lake Tiberias, where the salinity is high, especially as the freshwater streams flowing into it have been diverted. Lake Tiberias, however, receives water from the many small streams running through the Golan Heights.

D. Yarmouk River

Next, the Jordan meets the Yarmouk River (bringing in water from Syria), then meanders for 320 km (109 km as the crow flies) to reach the Dead Sea. These 320 km are occupied by a humid plain (the humid zor), with subtropical vegetation, dominated on both sides (West Bank and Jordanian) by dry, gullied terraces.

4. Water sources for Israel

The Hebrew state has four main sources of water supply:

A. Surface Water

Israel benefits first and foremost from the freshwater reserves of Lake Tiberias in Galilee, in the north of the country. Crossed by the Jordan River, this small inland sea accounts for 25% of Israel’s water needs. The annexation of the Golan Heights and the occupation of southern Lebanon have made this source of water a sanctuary.

B. Groundwater

In addition to surface water (lakes and rivers), the country can rely on its coastal aquifers, from Haifa to Ashkelon.

Located between Israel and the occupied West Bank, the main aquifer, the Yarkon-Taninim mountain aquifer, has a capacity of 350 MCM per year. In the northeast and east of the West Bank are two other aquifers with capacities of 140 and 120 MCM per year respectively.

C. Seawater desalination

Water desalination in Israel.

Five desalination plants built along the country’s coastline — in Ashkelon (2005), Palmachin (2007), Hadera (2010), Sorek (2013) and Ashdod (2015) — currently operate and two more are under construction. Collectively, these plants are projected to account for 85-90 per cent of Israel’s annual water consumption, marking a remarkable turnaround.

The Sorek desalination plant, located about 15 km south of Tel Aviv, became operational in October 2013 with a seawater treatment capacity of 624,000m³/day, which makes it world’s biggest seawater desalination plant. The desalination facility uses seawater reverse osmosis (SWRO) process providing water to Israel’s National Water Carrier system (NWC, see below). A dozen more units of this type are considered for construction.

Israel, which has been facing severe droughts since 2013, even began pumping desalinated seawater from the Mediterranean into Lake Tiberias, a unique performance worldwide. While Israel faced water scarcity two decades ago, it now exports water to its neighbors (not too much to Palestine). Israel currently supplies Jordan with 100 MCM and fulfills 20 % of Jordan’s water needs.

From 100 liters of seawater, 52 liters of drinking water and 48 liters of brine (brackish water) can be obtained. Although highly efficient and useful, desalination technology has still to be perfected, as it currently discharges brine into the sea, disrupting the marine ecosystem. To reduce this pollution and transform it into solid waste, we need to increase treatment and therefore energy consumption.

D. Wastewater

The country prides itself on reusing between 80% and 90% of its wastewater for agriculture. Treated wastewater used for irrigation is known as effluent. Israel’s effluent utilization rate is one of the highest in the world. Reclamation is carried out by 87 large wastewater treatment plants (WWTPs) that supply over 660 MCM per year. This represents around 50% of total water demand for agriculture and around 25% of the country’s total water demand. Israel aims to more than double the amount of effluent produced for the agricultural sector by 2050.

5. Water infrastructure projects

David Ben-Gurion.

For Israel, acquiring water resources in a desert region, through technology, military conquest and/or diplomacy, was from the outset an imperative to meet the needs of a rapidly growing population and, in the eyes of the rest of the world, a demonstration of its sovereign power and its superiority.

This symbolism is particularly evident in the figure of the father of the Hebrew state, David Ben-Gurion (1886-1973), whose aim was to make the Negev desert in the south of the country « blossom ».

In his book Southwards (1956), Ben Gourion described his ambition:

A. National Water Carrier of Israel (NWC)

From 1959 to 1964, the Israelis built the National Water Carrier of Israel (NWC), the largest water project in Israel to date.

The first ideas appeared in Theodor Herzl‘s book Altneuland (1902), in which he spoke of using the springs of the Jordan for irrigation purposes and channeling seawater to generate electricity from the Mediterranean Sea near Haifa through the Beit She’an and Jordan valleys to a canal running parallel to the Jordan and Dead Sea.

In 1919, Chaïm Waizmann, leader of the World Zionist Organization, declared: « The whole economic future of Palestine depends on its water supply ».

However, he advocated incorporating the Litani Valley (in today’s southern Lebanon) into the Palestinian state.

The NWC project was conceived as early as 1937, although detailed planning began after the recognition of Israel in 1948. In practice, the natural flow of the Jordan River is prevented by the construction of a dam, built south of Lake Tiberias. From there, water is diverted to the NWC, a 130 km-long system combining giant pipes, open channels, tunnels, reservoirs and large-scale pumping stations. The aim is to transfer water from Lake Tiberias to the densely populated center and the arid south, including the Negev desert.

When it was inaugurated in 1964, 80% of its water was allocated to agriculture and 20% to drinking water. By 1990, the NWC supplied half of Israel’s drinking water. With the addition of water from seawater desalination plants, it now supplies Tel Aviv, a city of 3.5 million inhabitants, Jerusalem (1 million inhabitants) and (outside wartime) Gaza and the occupied territories of the West Bank.

Since 1948, the area of irrigated farmland has increased from 30,000 to 186,000 hectares. Thanks to micro-irrigation (drip irrigation, including subsurface irrigation), Israeli agricultural production increased by 26% between 1999 and 2009, although the number of farmers fell from 23,500 to 17,000.

The Water War

In launching its NWC, Israel went it alone, while for the rest of the world, it was clear that diverting the waters of the Jordan River would give rise to sharp tensions with neighboring countries, particularly with Jordan and Syria, not to mention the Palestinians who have been largely excluded from the project’s economic benefits.



As early as 1953, Israel began the unilateral draining of Lake Hula (or Huleh), north of Lake Tiberias, leading to skirmishes with Syria.

In 1959, Israel kickstarted the NWC. The project was initially interrupted by a halt in American funding, as the Americans did not want to see violence escalate in the context of the Cold War.

It should be noted that, following the Suez crisis of 1956, the Soviet Union established itself in Syria as the protecting power of Arab countries against the « Israeli threat ». As part of the deployment of its naval presence in the Mediterranean, it obtained facilities for its fleet at Latakia in Syria.

However, Israel managed to quietly resume and continue the work on the NWC. Filling the system by pumping of Lake Tiberias began in June 1964 in utmost secrecy. When the Arab countries learned of this, their anger was great. In November 1964, the Syrian army fired on Israeli patrols around the NWC pumping station, provoking Israeli counter-attacks. In January 1965, the NWC was the target of the first attack by the Fatah (organization fighting for the liberation of Palestine) led by Yasser Arafat.

The Arab states finally recognized that they would never be able to stop the project through direct military action.

They therefore adopted a plan, the Headwater Diversion Plan immediately implemented in 1965, to divert water upstream from the tributaries of the Jordan River into the Yarmouk River (in Syria). The project was technically complicated and costly, but if successful would have diverted 35% of the water Israel intended to withdraw from the upper Jordan…

Israel declared that it considered this deviation of the water as an infringement of its sovereign rights. Relations degenerated completely and border clashes followed, with Syrian forces firing on Israeli army farmers and patrols. In July 1966, the Israeli air force bombed a concentration of earth-moving equipment and shot down a Syrian MiG-21. The Arab states abandoned their counter plan, but the conflict continued along the Israel-Syria border, including an Israeli air attack on Syrian territory in April 1967.

1967. Israeli tanks on the Golan heights to control water.

For many analysts, this was a prelude to the Six-Day War in 1967, when Israel occupied the Golan Heights to protect its water supply. The Six-Day War profoundly altered the geopolitical situation in the basin, with Israel now occupying not only the Gaza Strip and Sinai, but also the West Bank and the Golan Heights.

As French researcher Hervé Amiot explains:

In fact, as early as 1955, between a quarter and a third of the water came from the groundwater in the south-western part of the West Bank. Today, the West Bank aquifers supply Israel with 475 million m³ of water, i.e. 25-30% of the country’s water consumption (and 50% of its drinking water).

Two months after the seizure of the occupied territories, Israel issued “Military Decree 92”, transferring authority over all water resources in the occupied territories to the Israeli army and conferring « absolute power to control all water-related matters to the Water Resources Officer, appointed by the Israeli courts ». This decree revoked all drilling licenses issued by the Jordanian government and designated the Jordan region a military zone, thus depriving Palestinians of all access to water while granting Israel total control over water resources, including those used to support its settlement projects.

Today, returning the Golan to Syria and recognizing the sovereignty of the Palestinian Authority over the West Bank seems impossible for Israel, given the Hebrew state’s increasing dependence on the water resources of these occupied territories. The exploitation of these resources will therefore continue, despite Article 55 of the Regulations of the IVth Hague Convention, which stipulates that an occupying power does not become the owner of water resources and cannot exploit them for the needs of its civilians…

B. Johnston Plan

Eric Allen Johnston

One might think that the United States tried very early on to prevent the situation from degenerating in such a predictable way. They tried to take into account Israel’s legitimate interest in securing access to water, the absolute key to its survival and development, while at the same time offering neighboring countries (Jordan, Syria and Lebanon) sufficient resources to accommodate the millions of Palestinians exiled from their homes following the Nakba.

Faced with the risk of conflict, as early as 1953 – years before Israel launched its NWC plan – the American government proposed its mediation to resolve disputes over the Jordan basin. The result was the « Jordan Valley Unified Water Plan » (known as the « Johnston Plan »), named after Eric Allen Johnston, president of the United States Chamber of Commerce and US President Dwight Eisenhower‘s water envoy.

More concretely, “The Unified Development of the Water Resources of the Jordan Valley Region,” was prepared at the request of the United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees under the direction of the Tennessee Valley Authority.

On Oct. 13, 1953, Eisenhower’s Secretary of State John Foster Dulles, in a top secret letter instructed Johnston what his mission was all about and on Oct. 16, in a public statement Eisenhower explained:

This plan established the transboundary nature of the Jordan basin and proposed an equitable sharing of the resource, giving 52% of the water to Jordan, 31% to Israel, 10% to Syria and 3% to Lebanon.

The plan, just as the Tennessee Valley Authority during FDR’s New Deal, was essentially based on building dams for irrigation and hydropower. The water was there and correctly managed, sufficient for the needs of the population at that time. Its main features were:

  • a dam on the Hasbani River to provide power and irrigate the Galilee area;
  • dams on the Dan and Banias Rivers to irrigate Galilee;
  • drainage of the Huleh swamps;
  • a dam at Maqarin on the Yarmouk River for water storage (capacity of 175 million m³) and power generation;
  • a small dam at Addassiyah on the Yarmouk to divert its water toward both the Lake Tiberias and south along the eastern Ghor;
  • a small dam at the outlet of Lake Tiberias to increase its storage capacity;
  • gravity-flow canals along the east and west sides of the Jordan valley to irrigate the area between the Yarmouk’s confluence with the Jordan and the Dead Sea;
  • control works and canals to utilize perennial flows from the wadis that the canals cross.

See details of the Johnston plan in this comprehensive article.

The project was validated by the technical committees of Israel and the Arab League, and did not require Israel to abandon its ambition to green the Negev desert. Unfortunately, however, the presentation of the plan to the Knesset in July 1955 did not result in a vote.

The Arab Committee approved the plan in September 1955 and forwarded it to the Council of the Arab League for final approval. Tragically, this institution also chose not to ratify it on October 11, because of its opposition to an act implying an implicit act of recognition of Israel that would prevent the return of the Palestinian refugees to their home… The mistake here was to isolate the water issue from a broader agreement on peace and justice as the foundation of mutual development.

Then, after the Suez Canal crisis in 1956, the Arab countries, with the exception of Jordan, hardened their stance towards Israel considerably, and henceforth opposed the Johnston plan head-on, arguing that it would amplify the threat posed by that country by enabling it to strengthen its economy. They also claim that increasing Israel’s water resources could only increase Jewish migration to the Hebrew state, thereby reducing the possibility of the return of Palestinian refugees from the 1948 war…

History cannot be rewritten, but the adoption of the Johnston Plan could well have prevented conflicts, such as that of 1967, which cost the lives of 15,000 Egyptians, 6,000 Jordanians, 2,500 Syrians and at least 1,000 Israelis.

C. Jordan’s response: the Ghor irrigation Canal

East Ghor or King Abadallah Canal (KAC).

At almost the same time as Israel was completing its NWC, Jordan was digging the East Ghor irrigation canal between 1955 and 1964, starting at the confluence of the Yarmouk and Jordan rivers and running parallel to the latter all the way to the Dead Sea on Jordanian territory.

Originally, this was part of a larger project – the « Greater Yarmouk » project – which included two storage dams on the Yarmouk and a future “Western Ghor Canal” on the west bank of the Jordan. The latter was never built, as Israel took the West Bank from Jordan in the 1967 Six-Day War.

In effect, by diverting the waters of the Yarmouk to fill up its own canal, Jordan secured water for its capital Amman and its agriculture, but of course, contributed reducing the waters of the Jordan River.

In Jordan, the Jordan’s river watershed is a region of vital importance to the country. It is home to 83% of the population, the main industries and 80% of irrigated agriculture. It is also home to 80% of the country’s total water resources.

Overall, the Hashemite kingdom is one of the world’s most water-poor countries, with 92% of its territory desert. While Israel has 276 m³ of natural freshwater available per capita per year, Jordan has just 179 m³, more than half of which comes from groundwater.

The UN considers that a country with less than 500 m³ of freshwater per capita per year suffers from « absolute water stress ». Added to this is the fact that since the start of the Syrian civil war, Jordan has welcomed nearly 1.4 million refugees onto its soil, in addition to its 10 million inhabitants.

The East Ghor Canal was designed in 1957 and built between 1959 and 1961 competing with Israel’s NWC. In 1966, the upstream section as far as Wadi Zarqa was completed. The canal was then 70 km long and was extended three times between 1969 and 1987.

The United States, through the U.S. Agency for International Development (USAID), financed the initial phase of the project, after obtaining explicit assurances from the Jordanian government that Jordan would not withdraw more water from the Yarmouk than had been allocated to it under the Johnston Plan. They were also involved in the subsequent phases.

Waterworks in the region are often named after great political figures. The East Ghor Canal was named « King Abdallah Canal (KAC) » by Abdalla II after his great-grandfather, the founder of Jordan. At the time of the peace treaty with Israel in 1994, the two countries shared the flow of the Jordan, and Jordan agreed to sell its water from Lake Tiberias.

D. Mediterranean – Dead Sea Aqueduct

Possible routes for water conveyance:
A: Crossing solely Israelian territory;
B and C: Crossing Israel and West Bank (shortest, 70 km);
D. Crossing Gaza and Israel;
E. Crossing only Jordan (longest, 200 km).

The idea of a Dead Sea-Mediterranean Canal was first proposed by William Allen in 1855 in a book entitled The Dead Sea – A new route to India. At the time, it was not known that the level of the Dead Sea was far below that of the Mediterranean, and Allen proposed the canal as an alternative to the Suez navigation Canal.

Later, several engineers and politicians took up the idea, including Theodor Herzl in his 1902 short story Altneuland. Most early projects were based on the left bank of the Jordan, but a modified form, using the right bank (West bank), was proposed after 1967.

After extensive research, German engineers Herbert Wendt and Wieland Kelm proposed not a navigable canal, but an aqueduct consisting essentially of an overhead gallery running West-East, linking the Mediterranean to the Dead Sea.

Their 1975 detailed project study Depressionskraftwerk am Toten Meer – Eine Projektstudie, on how to use the difference of water levels between the Mediterranean sea (level 0) and the Dead Sea (- 400 m) for power generation was the subject of a first publication in the German journal Wasserwirtschaft (1975,3).

The diagram indicates the system operates as follows:

  1. The seawater intake is at Ashdod.
  2. An open channel allows the water to flow by gravity for 7 km.
  3. From there, the pressurized water travels through a 65 km-long hydraulic gallery;
  4. The water arrives in a 3km-long reservoir created by a dam on the edge of the steep descent to the Dead Sea. At that point, the water can be used to cool a thermal or nuclear power plant, the heat from which can be used for industrial or agricultural purposes.
  5. Through a shaft running from the bottom of the reservoir, the water descends a steep 400 metres.
  6. There, it powers three turbines, each producing 100 MWe.
  7. Finally, via an evacuation gallery, the seawater reaches the Dead Sea.

However, since the project was elaborated exclusively by Israel and without any consultation with its Jordanian, Egyptian and Palestinian neighbors, the project ran against a wall of political opposition.

Of course, as with any large scale infrastructure projects, many things needed to be adapted, including tourist equipment, roads, hotels, Jordanian potash exploitation, Palestinian farmland, etc.

Questions were also raised about (very infrequent) potential earthquakes and the difference of salinity of water from the Mediterranean and the Dead Sea.

On Dec. 16, 1981, the UN General Assembly, arguing the canal project « will violate the principle of international law » adopted Resolution 36-150.

That resolution requested the UN Security Council « to consider initiating measures to halt the execution of this project » and calling « upon all States not to assist, either directly or indirectly, in the preparation for and the execution of this project. »

The request, in article 3, to submit a study was fulfilled. The report, not really convincing, details various objections but doesn’t call into question the technical feasability of the project.

E. Red Sea – Dead Sea Water Conveyance

In the framework of the peace treaty between Israel and the Hashemite Kingdom of Jordan the integrated development Master Plan for the Jordan Rift Valley (JRV) was studied in the mid 1990’s.

The Red Sea – Dead Sea Canal (RSDSC) was considered to be one of the most important potential elements for implementing this Master Plan. The principal development objective of the RSDSC was to provide desalinated drinking water for the people of the area.

On October 17, 1994, then Israeli Prime Minister Yitzhak Rabin and King Hussein of Jordan validated the draft peace treaty between their two countries in Amman, after reaching agreement on the last two points in dispute – the water issue and border demarcation.

Yitzhak Rabin, Bill Clinton and King Hussein.

On November 26, the Israeli-Jordanian peace treaty was signed with great fanfare in the Arava Valley, between the Red Sea and the Dead Sea, by the prime ministers of the two countries, in the presence of US President Bill Clinton, whose country had helped bring the negotiations between Jerusalem and Amman to a successful conclusion.

This created the condition where the old idea of linking the Red Sea with the Dead Sea, a project renamed and supported by Shimon Peres as the « Peace Canal », could come back on the table.

Former Israeli water commissioner Professor Dan Zaslavsky, who opposed the project on cost grounds, wrote in the Jerusalem Post in 2006 about Peres’ obstinacy. To listen to the scientists, Peres summoned five of them. Each had to present his objections in a few minutes.

« At one point, Peres got up and said, ‘Excuse me. Don’t you remember that I built the nuclear reactor in Dimona? Do you remember that everyone was against it? Well I was right in the end. And this will prove to be the same thing! » And with that, Zaslavsky said with a flourish, « he left! »

The Dead Sea

For millennia, the Dead Sea was filled with fresh water from the Jordan River, via Lake Tiberias. Over the last fifty years, however, it has lost 28% of its depth and a third of its surface area. Its water level is falling inexorably, at an average rate of 1.45 meters per year. Its high salinity – over 27%, compared with the average for oceans and seas of 2-4% – and a level 430 meters below sea level, has always fascinated visitors and provided therapeutic benefits. Stretching 51 kilometers long and 18 kilometers wide, it is shared by Israel, Jordan and the West Bank.

The over-exploitation of upstream water resources (the National Aqueduct in Israel, the Ghor Canal in Jordan), together with potassium mining, is the cause of the sand desert which, if nothing is done, will continue to replace the Dead Sea.

If the Dead Sea needs the Jordan River, the Jordan River needs Lake Tiberias, from which it takes its source. However, the lake too has been affected by drastic drops in its water level in recent years, triggering a vicious circle between the three systems (Lake Tiberias, Jordan River and Dead Sea).

Aqueduct

In response, at the end of 2006, the World Bank and Agence Française de Développement (AFD) assisted Israel and Jordan in the design of a colossal project to link the Dead Sea to the Red Sea via a 180-kilometer mainly underground pipeline.

In the end, the project for an aqueduct starting from the Red Sea and built entirely on Jordanian territory was chosen, with the signing of a tripartite agreement between Israelis, Jordanians and Palestinians in December 2013.

  1. Sea intake and pumping station
    The seawater is pumped to +125 m above sea level at the Red Sea.
  2. Pressure pipeline
    The first part of the conveyance system transmits the seawater to the planned elevation. The length is 5 km from Aqaba (3% of the whole alignment).
  3. A tunnel and canal conveyance system
    Seawater is transmitted to the regulating and pretreatment reservoirs with a design flow of 60 m3 /s. A 121 km tunnel with 7 m diameter and 39 km canal were designed.
  4. Regulating and pre-treatment reservoirs
    Several reservoirs were designed at +107 m at Wadi G’mal at the southeastern margin of the Dead Sea.
  5. Desalination plants
    The 2 desalination plants are designed to operate by using the process of hydrostatically supported reverse osmosis to provide desalinated seawater. The main plant will be located at Safi at 365 m below the sea level with a water column of 475 m.
  6. Fresh water
    The project will produce around 850 MMC of fresh water per year, to be shared between Jordan, Israel and Palestine, the three countries that manage the Dead Sea. For the transmission of the water to Amman a double pipeline of 200 km with 2.75 m diameter was designed with nine pumping stations for the uplift of 1,500 m. For the transmission to Hebron a double pipeline of 125 km with an elevation difference of 1,415 m was designed.
  7. The brine
    The brine reject water will be conveyed from the desalination plant via a 7 km canal to the Dead Sea. 1,100 MMC per year of brine reject water will enter the Dead Sea.
  8. Electricity generation
    As the brine runs through the tunnel and canal, the turbines of one or more hydroelectric power plants will generate around 800 megawatts of electricity to partially offset the electricity consumed by pumping;
  9. Three new cities will be built: North Aqaba city in northern Aqaba, South Dead Sea City, close to the desalination plant south of the Dead Sea, and South Amman City (see map at the beginning of this section).

In terms of environmental impact, scientists have expressed concern that mixing the brine (rich in sulfate) from the desalination plants with the Dead Sea water (rich in calcium) could cause the latter to turn white. It would therefore be necessary to proceed with a gradual water transfer to observe the effects of water transfer in this particular ecosystem.

Not enough to stabilize the level of the Dead Sea, but a first step to start slowing down its drying up, emphasized Frédéric Maurel, in charge of this project for AFD, in 2018. « We also need to use water more sparingly, both in agriculture and in the potash industry, » he stressed.

Political will?

Projected water intake at Red Sea.

In 2015, as a supplement to the program, agreements had been reached on reciprocal water sales: Jordan would supply drinking water to Israel in the south, which in return would increase its sales of water from Lake Tiberias to supply northern Jordan. And the Palestinians would also receive additional water supplies from Israel. By the end of 2016, five consortia of companies had been shortlisted.

In 2017, the European Investment Bank produced a 264 page detailed study to support the plan.

On the Israeli side, saving the Dead Sea is a necessity to maintain seaside tourism and thermalism. It is also a lever to guarantee its hydraulic control over the West Bank, as Israel does not trust the Palestinian Authority to manage water. Honest elements of the Hebrew state are aware of the peacemaking potential of this project, and need a stable partner in the region. Jordan, for its part, was by far the most interested in this project, given its critical situation.

In 2021, Jordan decided to put an end to the joint water pipeline project, believing that there was « no real desire on the part of the Israelis » for the plan, which had stagnated for several years, to go ahead.

To face its growing needs, Jordan has decided to build its own desalination plant directly on the Red Sea. The Aqaba-Amman Water Desalination and Conveyance Project will take water from the Red Sea at the Gulf of Aqaba in the south, desalinate it, and channel it 450 kilometres north to the capital Amman and its surrounding area, supplying a desperately needed 300 million cubic metres of water a year. Studies are complete and construction will start on July 2024. The plant will be powered with solar energy.

In 2022, Jordan, the UAE and Israel signed a memorandum of understanding (MoU) to continue feasibility studies for two interconnected projects: establishing the water desalination station at the Red Sea (Prosperity Blue) and establishing a solar power plant in Jordan (Prosperity Green). However, due to the ongoing war against Gaza and the rejection of the Jordanian public regarding the agreement’s signing, the Jordan government announced the suspension of the agreement.

The Dead Sea might slowly reappear

The desalination plant an pipeline pumping fresh water back in the Sea of Galilee are now operational.

With huge desalinization capacities in hand, Israel adopted in 2023 the National Carrier Flow Reversal Project to return water to its natural resources, in particular to Lake Tiberias, the very source of freshwater for its entire national water system.

Lake Tiberias, as we have seen, is therefore a national treasure, a centerpiece of tourism, agriculture and, as we have seen, geopolitics.

According to Dodi Belser, Director of Innovation at water state giant Mekorot, if Israel wants to increase the water it sends to its Jordanian neighbors and to protect its reservoir, it’s vital to retain the lake’s water level. Currently Israel taps 100 million cubic meters of water from Lake Tiberias to send to Jordan, and did so even during the drought years of 2013 to 2018.

Increase resilience to climate chaos and preparing eventual futur water sharing, gave birth to the idea to pump desalinated water into the Lake Tiberias, up to 120 million cubic meters a year until 2026. That is happening right now.

It can partly increase the level of the Jordan river and therefore the water arriving into the Dead Sea. But the salt in the Dead Sea comes from the waters of the Jordan River. Every year, the famous river brings it some 850,000 tonnes of salt.

F. Turkish water sales

Projected possible water export from Turkye.

Turkye, a veritable « water tower » in the region, has long dreamed of exporting its water to Israel, Palestine, Cyprus and other Middle Eastern countries at a premium.

The most ambitious of these projects was President Turgut Ozal‘s « Peace Water Pipeline » in 1986, a $21 billion project to pipe water from the Seyhan and Ceyhan rivers to cities in Syria, Jordan and the Arab states of the Gulf.

In 2000, Israel was strongly considering purchasing 50 million m3 per year for 20 years from the Manavgat river near Antalya, but since November 2006, the deal has been put on hold.

The Manavgat project, technically completed in mid-March 2000, was a pilot project.

The complex on the Manavgat river – which rises in the Taurus mountains and flows into the Mediterranean between Antalya and Alanya – includes a pumping station, a refining center and a ten-kilometer-long canal. The aim was then to transport this fresh water by 250,000-ton tankers to the Israeli port of Ashkelon for injection into the Israeli NWC.

Eventually, Jordan was also interested in Turkey’s aquatic manna. A second customer downstream of its network would enable Israel to share costs. Another possibility would be to transport the water via a water pipeline linking Turkey to Syria and Jordan, and ultimately to Israel and Palestine if the latter could reach an agreement with its partners. The Palestinians, for their part, have been looking for a donor country to subsidize freshwater imports by tanker to Gaza.

The Manavgat project is not the only one through which Ankara hopes to sell its water. In 1992, Suleyman Demirel, then Prime Minister, expressed a credo that went viral: « Turkey can use the waters of the Tigris and Euphrates rivers as it sees fit: Turkey’s water resources belong to Turkey, just as oil belongs to Arab countries.”

The countries downstream of the two rivers – Iraq and above all Syria – immediately protested. For them, the multiple dams that Ankara plans to build on the region’s main freshwater sources for irrigation or power generation are simply a way for the heir to the Ottoman Empire to assert its authority over the region.

Whatever Ankara’s real ambitions, the country has a real treasure trove at its disposal, especially given the dwindling resources of neighboring countries.

In the end, since November 2006, Israeli supporters of desalination have objected to the price of Turkish water and questioned the wisdom of relying on Ankara, whose government is critical of Israeli policies. Desalination or importation? The choice is a Cornelian one for Israel. And an eminently political one, since it comes down to knowing whether to stick to positions based on self-sufficiency or whether to play the regional cooperation card, which amounts to betting on trust…

G. Hidden defects and non-implementation of Oslo

The recognition of Israel by Yasser Arafat – leader of the Palestinian Liberation Organisation –, and the election of Yitzhak Rabin as Israel’s Prime minister in 1992 opened new opportunities for peace and cooperation. The Oslo accords they signed established the Palestinian Authority and determined temporary groundwater allocations from the West Bank to Israel and Palestine. In the declaration, both parties agreed on the principle of “equitable utilisation” between Palestinians and Israelis.

The collapse of mutual trust following the assassination of Rabin in November 1995 and the subsequent election of Benjamin Netanyahu, who had been highly critical of Oslo, negatively affected cooperation on water.

In 2000, during the first six months of the second Intifada, there was hardly any contact between both sides regarding water issues. But with reason coming back, despite the conflict, Israeli and Palestinian leaders committed themselves to separating the water issue from violence and reactivated cooperation over water.

In 2004, Israel reportedly proposed a plan to build a desalination plant in order to increase the quantity of freshwater available and to channel desalinated water to the West Bank. Fearing that this might in effect imply a renunciation to Palestinian water claims on the Mountain aquifer (75% of which is allocated to Israel even though the Aquifer is on Palestinian land), the Palestinians rejected this solution.

The Oslo Accords, signed by Israel and the Palestine Liberation Organization (PLO) in 1993, although stipulating that « Israel recognizes the water rights of Palestine », in reality allowed Israel to continue controlling the region’s water sources… while awaiting a resolution to the conflict. Oslo II provided for the postponement of negotiations on water rights until those on permanent status, as well as on the status of Jerusalem, refugees’ right of return, illegal settlements, security arrangements and other issues.

But final status talks, scheduled to take place five years after the implementation of the Oslo Accords (in 1999, as planned), have not yet taken place.

The Oslo Accords also provided for the creation of a water management authority, and their « Declaration of Principles » stressed the need to ensure « the equitable use of common water resources, for application during the interim period [of the Oslo Accords] and thereafter ».

Hence, for decades, Israel has perpetuated a principle of water distribution that existed before the Oslo Accords were signed, allowing Israelis to consume water at will while limiting Palestinians to a predetermined 15% share.

Zones A, B and C.

The Oslo agreements did not take into account the division of the West Bank into zones A, B and C when it came to organizing water distribution between Israel and the Palestinians.

Israel was finally granted the right to control water sources, even in PA-controlled areas A and B.

Most water sources were already located in Area C, which is entirely controlled by Israel and comprises almost 61% of the West Bank.

On the ground, Israel has connected all the settlements built in the West Bank, with the exception of the Jordan Valley, to the Israeli water network. The water supply to Israeli communities on both sides of the Green Line is managed as a single system, under the responsibility of Israel’s national water company, Mekorot.

While the Oslo Accords allowed Israel to pump water from areas under its control to supply settlements in the occupied West Bank, they also prevent the PA from transferring water from one area to another in those it administers in the West Bank. Israel has disavowed most of the provisions of the Oslo Accords, but remains committed to those relating to water.

A member of the Palestinian delegation that signed the Oslo Accords, wishing to remain anonymous, tells Middle East Eye magazine that the delegation’s lack of expertise at the time resulted in the signing of an agreement that

The borders between on the one side Gaza and the occupied territories and Israel don’t need to be drawn with a line, since the sharp shift of brilliance of the green color (irrigated land) marks them.

In practice, this means that Palestinians in the occupied West Bank are at the mercy of the Israeli occupation when it comes to their water supply.

Inequalities in terms of access to water in the West Bank are glaring, as shown by the Israeli NGO B’Tselem in a report entitled Parched, published in May 2023.

In 2020, each Palestinian in the West Bank consumed an average of 82.4 liters of water per day, compared with 247 liters per person in Israel and the settlements.

This figure drops to 26 liters per day for Palestinian communities in the West Bank that are not connected to the water distribution network. 36% of West Bank Palestinians have year-round access to running water, compared with 100% of Israelis, including settlers.

The Palestinian Authority, which claims more water, points out that Palestinian agriculture plays a major role in the economy of the Occupied Territories (15% of GDP, 14% of the working population in 2000). In comparison, Israeli agriculture, while far more productive, employs 2.5% of the working population and produces 3% of GDP.

Added to this the fact that the arable land recognized by Israel under the Oslo Accords as totally or partially autonomous to the Palestinians is located in the limestone uplands, where access to water is difficult, since it is necessary to dig deep to reach the water table.

What’s more, in Israel and the settlements, 47% of land is irrigated, compared with only 6% of Palestinian land. The Palestinian Authority is currently demanding rights to 80% of the mountain aquifer, which Israel cannot conceive of.

Myth of Thirsty Palestinian

Israeli spokespeople, such as Akiva Bigman in his article titled « The Myth of the Thirsty Palestinian » have three answers ready to pull out when they are confronted with the water shortages in West Bank Palestinian towns:

Answer: leakage varies from 20 to 50% in the USA, far above the rate of poor Palestine.

One can ask where the money went. And yes, in reality, at the end of the day, for various technical reasons and unexpected drilling failures in the eastern basin of the aquifer (the only place the agreement allows the Palestinians to drill), the Palestinians ended up producing less water than the agreements set.

True. However, Oslo didn’t set a limit to the amount of water Israel can take, but limited the Palestinians to 118 MCM from the wells that existed prior to the accords, and another 70-80 MCM from new drilling. According to the Israeli NGO B’Tselem, as of 2014 the Palestinians are only getting 14 percent of the aquifer’s water. That is why the Israeli state company Mekorot (obeying to government directives) is selling the Palestinians the double of water stipulated in the Oslo Agreement – 64 MCM, as opposed to 31 MCM. 64 + 31 = 95 MCM in total, to be compated with current consumption by Palestinians in the West Bank: 239 MCM of water in 2020 of which 77.1 of them purchased from Israel.

A final detail that speaks volumes: Palestinians are charged the price of drinking water for their agricultural water while Jewish settlers benefit from agricultural tariffs and subsidies. The justification being that the Jewish settlers have invested in expensive irrigation techniques such as desalination

H. Ben Gurion Navigation Canal


At the end of 2023, the idea of the Ben-Gurion navigation Canal project was revived in the media. The canal would link the Gulf of Aqaba (Eilat) in the Red Sea to the Mediterranean Sea, passing through Israel to terminate in or near the Gaza Strip (Ashkelon). This is an Israeli alternative to the Suez Canal, which became topical in the 1960s following Nasser’s nationalization of Suez.

The first ideas for a connection between the Red Sea and the Mediterranean appeared in the mid-19th century, on the initiative of the British, who wanted to link the three seas: the Red, the Dead and the Mediterranean. As the Dead Sea lies 430.5 meters below sea level, such an idea was not feasible, but it could be realized in another direction. Frightened by Nasser’s nationalization of Suez, the Americans considered the option of the Israeli canal, their loyal ally in the Middle East.

In July 1963, H. D. Maccabee of Lawrence Livermore National Laboratory, under contract to the U.S. Department of Energy, wrote a memorandum exploring the possibility of using 520 underground nuclear explosions to help dig some 250 kilometers of canals across the Negev desert. The document was classified until 1993. « Such a canal would constitute a strategically valuable alternative to the present Suez Canal and would probably contribute greatly to the economic development of the surrounding region, » says the declassified document.

The idea of the Ben Gurion Canal resurfaced at the same time as the signing of the so-called « Abraham Agreements » between Israel and the United Arab Emirates, Bahrain, Morocco and Sudan.

On October 20, 2020, the unthinkable happened: Israel’s state-owned Europe Asia Pipeline Company (EAPC) and the UAE’s MED-RED Land Bridge signed an agreement to use the Eilat-Ashkelon pipeline to transport oil from the Red Sea to the Mediterranean, avoiding de facto the Suez Canal.

On April 2, 2021, Israel announced that work on the Ben Gurion Canal was due to start in June of the same year. But this has not been the case. Some analysts interpret the current Israeli reoccupation of the Gaza Strip as an event that many Israeli politicians were waiting for to revive an old project.

Proposed route for Ben Gurion navigation canal.

A closer look at the planned route shows that the canal starts at the southern edge of the Gulf of Aqaba, from the port city of Eilat, close to the Israeli-Palestinian border, and continues through the Arabah valley for around 100 km, between the Negev mountains and the Jordanian highlands. It then turns west before the Dead Sea, continues through a valley in the Negev mountain range, then turns north again to bypass the Gaza Strip and reach the Mediterranean Sea in the Ashkelon region.

The project’s promoters argue that their canal would be more efficient than the Suez Canal because, in addition to being able to accommodate a greater number of ships, it would allow the simultaneous two-way navigation of large vessels thanks to the design of two canal arms.

Unlike the Suez Canal, which runs along sandy banks, the Israeli canal would have hard walls that require almost no maintenance. Israel plans to build small towns, hotels, restaurants and cafés along the canal.

Each proposed branch of the canal would be 50 meters deep and around 200 meters wide. It would be 10 meters deeper than the Suez Canal. Ships 300 meters long and 110 meters wide could pass through the canal, corresponding to the size of the world’s largest ships.

If completed, the Ben-Gurion Canal would be almost a third longer than the Suez Canal, which measures 193.3 km, or 292.9 km. Construction of the canal would take 5 years and involve 300,000 engineers and technicians from all over the world. Construction costs are estimated at between $16 and $55 billion. Israel stands to gain $6 billion a year.

Whoever controls the canal, and apparently it can only be Israel and its allies (mainly the USA and Great Britain), will have enormous influence over international supply chains for oil, gas and grain, as well as world trade in general.

Israel argues that such a project would undermine the power of Egypt, a country strongly allied with Russia, China and the BRICS and therefore « a threat » to the West! With the depopulation of Gaza and the prospect of total Israeli control over this tiny territory, some Israeli politicians, including Netanyahu, are once again salivating over the prospect of such a project.

As Croatian analyst Matia Seric pointed out in Asia Review in November 2023:

I. Oasis Plan

It is in the light of all these failures that the fundamental contribution of the « Oasis Plan » proposed by the American economist Lyndon LaRouche (1922-2019) becomes apparent.

In 1975, following talks with the leaders of the Iraqi Baath Party and sane elements of the Israeli Labor Party, the American economist LaRouche saw his Oasis Plan as the basis for mutual development to the benefit of the entire region.

Instead of waiting for « stability » and « lasting peace » to arrive magically, LaRouche proposed and even launched projects in the interests of all, and « recruited » all partners to participate fully, first and foremost in their own interests, but in reality in the interests of all.

Banksy mural painting.



LaRouche’s « Blue Peace » Oasis plan, to be put on the table of diplomatic negotiations as the « spine » of a durable peace agreement », includes:

  1. Israel’s relinquishment of exclusive control over water resources in favor of a fair resource-sharing agreement between all the countries in the region;
  2. The reconstruction and economic development of the Gaza Strip, including the Yasser Arafat International Airport (inaugurated in 1998 and bulldozered by Israeli in 2002), a major seaport backed up by a hinterland equipped with industrial and agricultural infrastructure.
  3. A floating, underwater or off-shore desalination plant will be stationed in front of Gaza.
  4. The construction of a fast rail network reconnecting Palestine (including Gaza) and Israel to its neighbors;
  5. The construction, for less than 20 billion US dollars of both the Red-Dead and the Med-Dead water conveyance system composed of tunnels, pipelines, water galeries, pumping stations, hydro-power units and nuclear powered desalination plants.
  6. Salted sea water, arriving at the Dead Sea, before desalination, will « fall » through a 400 meter deep shaft and generate hydro-electricity.
  7. Following desalination, the fresh water will go to Jordan, Palestine and Israel; the brine will refill and save the Dead Sea.
  8. The nuclear powered desalination plant will produce heat and electricity with « hybrid desalination » combining evaporation and Reverse Osmosis (RO) ;
  9. The industrial heat of the Molten Salt (MSR) high temperature reactors (HTR), will also be tapped for industrial and agricultural purposes;
  10. The reservoirs of the water conveyance systems will also function as a Pumped Storage Power Plant (PSPP), essential for regulating the region’s power grids;
  11. Part of the seawater going through the Med-Dead Water conveyance system will be desalinated in Beersheba, the « capital of the Negev » whose population, with new fresh water supplies, can be doubled.
  12. New cities and « development corridors » will grow around the new water conveyance systems.
  13. Israel’s Dimona nuclear center and power plant (currently a military reactor and medical nuclear waste treatment center) can form the basis to create a civilian nuclear program and contribute to the construction of nuclear desalination plants. Jordan can supply the uranium.
  14. US and Israeli plans to prepare the housing of 500,000/1 million people in the Negev exist but should be entirely reconfigured in terms of both scope and intent. They cannot be a mere extension of exclusively Jewish settlements, but should offer the opportunity to all Israeli citizens, in peaceful cooperation with the Bedouins who live there, the Palestinians and others, to roll back a common enemy: the desert.
  15. The policy of illegal settlements in the West Bank shall be halted. Settlers will be encouraged (through taxation, etc.) to relocate to the Negev, where they, in a shared effort with the Bedouins, Palestinians and others, can take up productive jobs and make the desert bloom (62% of Israeli territory).
Floating desalination plant.

Alvin Weinberg, Yitzhak Rabin and Lyndon LaRouche

LaRouche proposed coupling hydrological, energy, agricultural and industrial infrastructures. These agro-industrial complexes, built around small high-temperature nuclear reactors, were called « nuplexes », a concept put forward in the post-war period by the American scientist Alvin Weinberg, head of the Oak Ridge Laboratories in Tennessee (ORNL) and co-inventor of several types of nuclear reactor, notably the molten-salt line using thorium as fuel (and therefore without the production of weapons-grade plutonium).

In chapter 8 of his autobiography, Weinberg recounts how ORNL, « embarked on a great enterprise: desalinating the sea with cheap nuclear power », with « multi-purpose » plants, « producing water, electricity and process heat at the same time ». The assertion that this was possible, Weinberg reports, « caused a stir within the Atomic Energy Commission ».

Senator John F. Kennedy listens to his science advisor Dr. Alvin Weinberg, Director of the Oak Ridge National Laboratory, in Tennessee. Courtesy of Department of Energy. (February 1959)

In the end, it was President John F. Kennedy who reacted most enthusiastically, speaking on September 25, 1963:

The idea reached later the ear of AEC’s patron Lewis Strauss.

Lewis conveyed this idea to Eisenhower and Ike published in Life magazine an outline of what became known as the Eisenhower plan, based “on what Lewis and I had discussed”, writes Weinberg.

ORNL then sent a team to visit Egypt, Israel and Lebanon where they were warmly received. The visit brought to Tennessee Israeli and Egyptian engineers who were integrated in the Middle East Study Project,

Weinberg, clearly unaware of the Dulles brothers‘ operations sabotaging anything good Ike wanted to accomplish regretted: “The Eisenhower-Baker plan was never implemented: the political will needed to support building large reactors in the strife-riven Middle East was lacking…”

The LaRouche Oasis plan, like any other proposal along the same lines, has so far been blocked by the Israeli, American and British sides, and we know only too well what happened to Yitzhak Rabin, assassinated after signing the Oslo Accords, to Shimon Peres, ousted, and to a demonized Yasser Arafat. In addition, LaRouche has been slandered and called an anti-Semite.

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The « Miracle of Gandhara » : When Buddha turned himself into man

SUMMARY

Introduction

The 5th and 4th centuries BC were a period of global intellectual ferment. It was a time of great thinkers, such as Socrates, Plato, and Confucius, but also Panini and Buddha.

In northern India, it was the age of Buddha, after whose death a « non-theistic » faith (Buddha was only a man…) emerged and spread far beyond its region of origin.

With between 500 million and 1 billion believers today, Buddhism has established itself as one of the world’s leading religious and philosophical beliefs.

The life of the Buddha

Lumbini.

The Buddha » (the enlightened one) is the name given to a man called Siddhartha Gautama Shakyamuni (the wise man of the Shakya clan). He reached the age of eighty.

Traditions differ on the exact dates of his life, which modern research tends to place increasingly later: around 623-543 BC according to Theravada tradition, around 563-483 BC according to most specialists of the early 20th century, while others today place him between 420 and 380 BC (his life would not have exceeded 40 years).

According to tradition, Siddhartha Gautama was born in Lumbini (in present-day Nepal) as a Prince of the royal family of Kapilavastu, a small kingdom in the foothills of the Himalayas in present-day Nepal. 

An astrologer is said to have warned the boy’s father, King Suddhodana, that when growing up, the child would either become a brilliant ruler or an influential monk, depending on how he viewed the world.

Fiercely determined to make him his successor, Siddhartha’s father never let him see anything outside the palace walls.

While offering him every distraction and pleasure, he made him a virtual prisoner until the age of 29.

When the young man finally escapes his gilded cage, he discovers the existence of people affected by old age, illness, and death.

Moved by the suffering of the ordinary people he met, Siddhartha abandoned the ephemeral pleasures of the palace to seek a higher purpose.

He first tried ultra-severe asceticism, which he abandoned six years later, realizing it was an exercise in futility.

He then sat down to meditate under a large bodhi (fig tree), where he experienced nirvana (« liberation » or, in Sanskrit, « extinction » of the ego). He became known as « The Buddha » (“the enlightened one”).

The « Four Truths » and the « Eight-fold Path »

Buddha taught his young disciples the « Middle Path », between the two extremes of mortification and lavishness. He enunciates the « Four Noble Truths »:

  1. The noble truth of suffering;
  2. The noble truth of the origin of suffering;
  3. The noble truth of the cessation of suffering;
  4. The noble truth of the path leading to the cessation of suffering, that of the “Noble Eightfold Path”.

Somewhat similar to what Augustine and even more so the Brothers of the Common Life argued in the Christian world, Buddhism insists on the fact that our attachment to earthly existence (both the good and the evil) inflicts suffering. Among Christians, it is said that attachment to “Earthly Paradise” leads us inexorably to “sin”, a concept non-existent in Buddhism for which all errors come from ignorance of the right path.

For Buddha, it is necessary to combat, even extinguish, any sense of the excessive “I” (Today we could say “ego”). It is possible to end our suffering by transcending this strong sense of “I” to enter into greater harmony with things in general. 

The means to achieve this are summarized in the « Noble Eightfold Path », sometimes represented by the eight spokes of a « Wheel of the Law » that Buddha will set in motion, the Dharma, a word one cannot translate with one word of western languages, but akin to “the law, or rather a set of moral and philosophical precepts to work on. 

These eight points of the “Noble Eightfold Path” are:

  1. Right view.
  2. Right thought.
  3. Right speech.
  4. Right action.
  5. Right livelihood.
  6. Right effort.
  7. Mindfulness.
  8. Right concentration.
  • Right view is important right from the start because if we can’t see the truth of the four noble truths, we can’t begin.
  • Right thinking follows naturally from this. The term « right » here means « in accordance with the facts », i.e. with the way things are – which may be different from the way I would like them to be.
  • Right thinking, right speech, right action, and right livelihood imply moral restraint – refraining from lying, stealing, committing violent acts, and earning a living in a way that is not detrimental to others. Moral restraint not only contributes to general social harmony but also helps us to control and diminish the inordinate sense of « self ». Like a spoiled child, the « I » grows wide and unruly the longer we let it have its way.
  • Finally, right effort is important, because the « I » thrives on idleness and wrong effort; some of the greatest criminals are the most energetic people, so effort must be appropriate to the diminution of the « I » (today we’d say ego), and in any case, if we’re not prepared to make an effort, we can’t hope to achieve anything, either in the spiritual sense, or in life. The last two stages of the path, mindfulness and concentration or enthralment , represent the first step towards liberation from suffering.

The ascetics who had listened to the Buddha’s first discourse became the nucleus of a « sangha » (a community, a movement) of men (women were to join later) who followed the path described by the Buddha in his Fourth Noble Truth, the one specifying the “Noble Eightfold Path”.

To make Buddhist nirvana completely accessible to ordinary people during their individual lifetime, the Buddhist imagination invented the intriguing concept of « Bodhisattva », a word whose meaning varies according to context. It can refer to the state Buddha himself was in before his « awakening », or to an ordinary person who has resolved to become a Buddha in the future and has received confirmation or prediction from a living Buddha that this will be so.

In Theravada (“old school”) Buddhism, only a select few can become Bodhisattva, such as Maitreya, presented as the « Buddha of the future ». But in Mahayana Buddhism (“Great Vehicle”), a Bodhisattva refers to anyone who has generated “bodhicitta”, a spontaneous wish and compassionate spirit aimed at attaining Buddhahood for the benefit of “all sentient beings”, including humans and animals. Given that a person may, in a future life, be reincarnated as a mere animal, respect for animals is essential.

Reincarnation

If Siddhartha would build his own vision on certain foundations of Hinduism, one of the world’s oldest religions, he would introduce revolutionary changes with large political implications. 

In most beliefs involving reincarnation (Hinduism, Jainism, Sikhism), the soul of a human being is immortal and does not disperse after the physical body disappears. After death, the soul simply transmigrates (metempsychosis) into a newborn baby or animal to continue its immortality. The belief in the rebirth of the soul was expressed by ancient Greek thinkers, beginning with Pythagoras, Socrates, and Plato.

Buddhism aims to bring lasting, unconditional happiness. Hinduism aims to free oneself from the cycle of births and rebirths and, ultimately, to attain moksha or liberation from births and rebirths.

Buddhism and Hinduism agree on karma, dharma, moksha, and samsara (reincarnation). But they strongly differ politically in that Buddhism sees personal commitment as more important than formal rituals and refuses the caste system. Buddhism therefore advocates a more egalitarian society.

Whereas Hinduism holds that the attainment of nirvana is only possible in future lives, the more voluntarist and optimistic Buddhism holds that once you’ve realized that life is suffering, you can put an end to that suffering in your present life.

Buddhists describe their rebirth as a flickering candle lighting another candle, rather than an « immortal » soul or « self » passing from one body to another, as Hindus do. For Buddhists, it’s a rebirth without a « self », and they regard the realization of non-self or emptiness as nirvana (extinction), whereas for Hindus, the soul, once freed from the cycle of rebirths, doesn’t become extinct, but unites with the Supreme Being and enters an eternal state of divine bliss.

Aryans and Vedism

The nomadic Aryans arrived from the steppes and the North and entered India.

One of the great traditions that shaped Hinduism was the Vedic religion (« Vedism »), which flourished among the Indo-Aryan peoples of the north-western Indian subcontinent (Punjab and the western Gangetic plain) during the Vedic period (1500-500 BC).

During this period, nomadic peoples from the Caucasus, calling themselves « Aryans » (« noble », « civilized » and « honorable »), entered India via the northwest frontier. 

The term “Aryan” has a very bad historical connotation, especially in the 19th Century, once several virulent anti-Semites, such as Arthur de Gobineau, Richard Wagner, and Houston Chamberlain started promoting the obsolete historical “Aryan race” concept supporting the white supremacist ideology of Aryanism that portrayed the Aryan race as a “master race”, with non-Aryans regarded as racially inferior (Untermensch) and an existential threat to be exterminated.

Bal Gangadhar Tilak.

From a purely scientific standpoint, in his book The Arctic Home (1903), the Indian teacher Bal Gangadhar Tilak (1856-1920), based on his analysis of astronomical observations contained in the Vedic hymns, formulates the hypothesis that the North Pole was the original home of the Aryans during the pre-glacial period. They supposedly left this region due to climatic changes around 8000 BC, migrating to the northern parts of Europe and Asia. Mahatma Gandhi called Tilak, who led the country’s early independence movement,« the architect of modern India ».

The Aryans arriving from the North were probably less barbaric than has been so far suggested. Thanks to their military superiority and cultural sophistication, they took over the entire Gangetic plain, eventually extending to the Deccan plateau in the South. This conquest has left its mark to the present day, as the regions occupied by these invaders speak Indo-Aryan languages derived from Sanskrit. (*1)

Panini.

The Sanskrit philologist, grammarian, and scholar Panini, believed to be a contemporary of Buddha, is best known for his treatise on Sanskrit grammar, which has attracted much comment from scholars of other Indian religions, notably Buddhism. 

In fact, according to the best archaeological research available today, Vedic culture has deep roots in the Eurasian culture of the Sintashta steppes (2200-1800 BC) south of the Urals, in the Andronovo culture of Central Asia (2000-900 BC) stretching from the southern Urals to the headwaters of the Yenisei in Central Siberia, and ultimately in the Indus Valley (Harappan) civilization (7000-1900 BC).

At the heart of this Vedic culture are the famous “Vedas” (knowledge), four religious texts recording the liturgy of rituals and sacrifices, and the oldest scriptures in Hinduism. The oldest part of the Rigveda was composed orally in north-western India (Punjab) between around 1500 and 1200 BC,  i.e. 700 years before Plato but shortly after the collapse of the Indus Valley Civilization.

Scholars trace the origin of “Brahmanism” to Vedic times. The concept of “Brahman” was that of a pure essence that not only diffused itself everywhere but constituted everything. Men, gods, and the visible world were merely its manifestations. Such was the fundamental doctrine of Brahmanism, another name for Hinduism.

Brahmins and the caste system

To teach that to all of humanity, an all-powerful cast of high priests was created, the Brahmins whose social rank would rise to the top of a caste system. This makes it all a little bit complicated because while “Brahmâ” designates a God in Indian religions, “Brahman” designates Ultimate Reality and “Brahmin” the priest.  

However, with the emergence of this Aryan culture came what is known as « Brahmanism », i.e. the birth of an all-powerful caste of high priests.

According to Gajendran Ayyathurai, an Indian anthropologist at the University of Göttingen in Germany:

Although the term « Brahmin », literally a « superior » member of the highest priestly caste, does appear in the Vedas, modern scholars temper this fact and point out that « there is no evidence in the Rigveda of an elaborate, highly subdivided and very important caste system ».

But with the emergence of a ruling class of Brahmins, who became bankers and landowners, particularly during the, initially very promising, Gupta period (319 to 515 A.D.), a dehumanizing caste system was established. The feudal ruling class, as well as the priests, emphasized local gods, which they gradually integrated with Brahmanism to appeal to the masses. Even among the rulers, the choice of deities indicated divergent positions: part of the Gupta dynasty traditionally supported the god Vishnu, while its rivals supported the god Shiva.

The destructive caste system was then amplified and used to the full by the British East India Company, a private enterprise steering the British Empire, to impose its aristocratic and colonial power over India –  a policy that still persists, especially in people’s minds.

The Hindu caste system revolves around two key concepts that categorize members of society: varna and jati. The varna (colors) divide first the Hindus and then the entire Indian society into a hierarchy of four major social classes:

  • Brahmins (priestly class);
  • Kshatriyas (warriors and rulers);
  • Vaishyas (merchants);
  • Shudras (manual workers).

In addition, jati refers to at least 3,000 hierarchical classifications, within the four varnas, between social groups according to profession, social status, common ancestry, and locality.

The justification for this “social stratification” is intimately linked to the Hindu vision of karma. Each person’s birth is directly linked to karma, the balance sheet of his or her previous life. Thus, mechanically, birth into the Brahmin varna is the result of good karma.

According to this theory, karma determines birth into a class, which in turn defines a person’s social and religious status, which in turn describes a person’s duties and obligations towards that specific status. 

In 2021, a survey revealed that three out of ten Indians (30%) identify themselves as members of the four varnas. Only 4.3% of today’s 60.5 million Indians identify themselves as Brahmins. Only some members are priests, while others exercise professions such as educators, legislators, scholars, doctors, writers, poets, landowners, and politicians. As the caste system evolved, Brahmins became an influential varna in India, discriminating against other lower castes.

The vast remainder of Indians (70 percent), including Hindus, declare themselves as being « Dalits« , also known as « Untouchables », who are individuals considered, from the point of view of the caste system, to be out of the castes and assigned to functions or occupations deemed ‘impure’.

The Buddhist philosopher Asvaghosa.

Present in India, but also throughout South Asia, the Dalits are victims of numerous forms of discrimination. In India, the overwhelming majority of Buddhists declare themselves as being Dalits.

As early as the 1st century, the Indian Buddhist philosopher, playwright, poet, musician, and orator Asvaghosa (c. 80 – c. 150 a. DC), vocally condemned this caste system with two kinds of argument. Some are borrowed from the most revered texts of the Brahmins themselves; others are based on the principle of the natural equality of all men.

The author underscores that

A Buddhist allegory clearly rejects and mocks the very idea of the caste system:

India before Buddhism

The time of the Buddha was that of India’s second urbanization and great social protest. The rise of the sramanas, wandering philosophers who had rejected the authority of the Vedas and Brahmins, was new. Buddha was not alone in exploring ways of achieving liberation (moksha) from the eternal cycle of rebirths (punarjanman).

The realization that Vedic rituals did not lead to eternal liberation led to the search for other means. Primitive Buddhism and yoga but also Jainism, Ajivika, Ajnana, and Carvaka were the most important sramanas. Despite their success in disseminating ideas and concepts that were soon to be accepted by all the religions of India, the orthodox schools of Hindu philosophy (astika) opposed the sramanic schools of thought and refuted their doctrines as « heterodox » (nastika), because they refused to accept the epistemic authority of the Vedas.

For over forty years, the Buddha crisscrossed India on foot to spread his Dharma, a set of precepts and laws governing the behavior of his disciples.

When he died, his body was cremated, as was the custom in India. The Buddha’s ashes were divided, and several reliquaries were buried in large hemispherical mounds known as stupas (dome-shaped funeral temples). By the time of his death, his religion was already widespread throughout central India and in major Indian cities such as Vaishali, Shravasti, and Rajagriha.

The Great Buddhist Councils

Four great Buddhist councils were organized, at the instigation of various kings seeking to escape the clutches of the Brahmin caste.

In 483 BC, just after the Buddha’s death, the first council was held under the patronage of King Ajatasatru (492-460 BC) of the Haryanka dynasty to preserve the Buddha’s teachings and reach a consensus on how his teachings could be disseminated.

The second Buddhist Council took place in 383 BC, one hundred years after the Buddha’s death, under the reign of King Kalasoka of the Sisunaga dynasty. Differences of interpretation arose on points of discipline as followers drifted further apart. A schism threatened to divide those who wished to preserve the original spirit and those who defended a broader interpretation.

The first group, called Thera (meaning « ancient » in Pâli), is at the origin of Theravada Buddhism. They aimed to preserve the Buddha’s teachings in their original spirit.

The other group was called Mahasanghika (Great Community). They interpreted the Buddha’s teachings more liberally and gave us Mahayana Buddhism.

The participants in the council tried to iron out their differences, with little unity but no animosity either. One of the main difficulties stemmed from the fact that the Buddha’s teachings, before being recorded in texts, had been transmitted only orally for three to four centuries. (*2)

The Arrival of the Greeks

Darius the Great.

The Greeks began to settle in the north-western part of the Indian subcontinent during the time of the Achaemenid Persian Empire.

Darius the Great (550 – 486 BC) conquered the region, but he and his successors also conquered much of the Greek world, which at the time included the entire peninsula of western Anatolia.

When Greek villages rebelled under the Persian yoke, they were sometimes ethnically cleansed. Their populations were forcibly deported to the other side of the empire.

As a result, numerous Greek communities sprang up in the remotest Indian regions of the Persian Empire.

Persian Empire.

In the 4th century BC, Alexander the Great defeated and conquered the Persian Empire.

By 326 BC, this empire encompassed the north-western part of the Indian subcontinent as far as the River Beas (which the Greeks called the Hyphasis). Alexander established satrapies and established several colonies. He turned south when his troops, aware of the immensity of India, refused to advance further east. 

From 180 BC to around 10 AD, more than thirty Hellenistic kings succeeded one another, often in conflict with one another. This period is known in history as the « Indo-Greek Kingdoms ». One of these kingdoms was founded when the Greco-Bactrian king Demetrius invaded India in 180 BC, creating an entity that seceded from the powerful Greco-Bactrian kingdom, Bactria (including northern Afghanistan, part of Uzbekistan, etc.).

During the two centuries of their reign, these Indo-Greek kings integrated Greek and Indian languages and symbols into a single culture, as evidenced by their coins, and blended ancient Greek, Hindu, and Buddhist religious practices, as evidenced by the archaeological remains of their cities and signs of their support for Buddhism.

The Maurya Empire and Ashoka the Great

Around 322 BC, Greeks called Yona (Ionians) or Yavana in Indian sources, took part, along with other populations, in the uprising of Chandragupta Maurya, the founder of the Maurya Empire.

Chandragupta’s reign ushered in an era of economic prosperity, reform, infrastructure expansion, and tolerance. Many religions flourished in his kingdom and the empire of his descendants. Buddhism, Jainism, and Ajivika grew in importance alongside the Vedic and Brahmanic traditions, and minority religions such as Zoroastrianism and the Greek pantheon were respected.

Ashoka the Great

Ashoka the Great.

The Maurya Empire reached its apogee under the reign of Chandragupta’s grandson, Ashoka the Great, from 268 to 231 BC. Eight years after taking power, Ashoka led a military campaign to conquer Kalinga, a vast coastal kingdom in east-central India. His victory enabled him to conquer a larger territory than any of his predecessors.

Thanks to Ashoka‘s conquests, the Maurya Empire became a centralized power covering a large part of the Indian subcontinent, stretching from present-day Afghanistan in the west to present-day Bangladesh in the east, with its capital at Pataliputra (present-day Patna in India). 

Before this, the Maurya Empire had existed in some disarray until 185 BC. It was Ashoka who transformed the kingdom with the extreme violence that characterized the early part of his reign. Between 100,000 and 300,000 people were killed in the Kalinga conquest alone!

But the weight of such destruction plunged the king into a serious personal crisis. Ashoka was deeply shocked by the number of people slaughtered by his armies.

Ashoka‘s Edict No. 13 reflects the great remorse felt by the king after observing the destruction of Kalinga:

Ashoka subsequently renounced military displays of force and other forms of violence, including cruelty to animals. Deeply convinced by Buddhism, he devoted himself to spreading his vision of dharma, just and moral conduct. He encouraged the spread of Buddhism throughout India.

According to French archaeologist and scholar François Foucher, even if cases of animal abuse did not disappear overnight, belief in the brotherhood of all living beings still flourished in India more than anywhere else.

In 250 BC, Ashoka convened the third Buddhist council. Theravada sources mention that, in addition to settling internal disputes, the council’s main function was to plan the dispatch of Buddhist missionaries to various countries to spread Buddhism.

These reached as far as the Hellenistic kingdoms to the west, starting with neighboring Bactria. Missionaries were also sent to South India, Sri Lanka, and Southeast Asia (possibly Burma). The fact that these missions were deeply involved in the flourishing of Buddhism in Asia during Ashoka‘s time is well supported by archaeological evidence. Buddhism was not spread by pure chance but as part of a creative, stimulating, and well-planned political operation along the Silk Roads. 

According to the « Mahavamsa » (“Great Chronicle” XII, 1st paragraph), relating the history of the Sinhalese and Tamil kings of Ceylon (today Sri Lanka), the Council and Ashoka sent the following Buddhist missionaries:

  • Elder Majjhantika led the mission to Kashmir and Gandhara (today’s northwest Pakistan and Afghanistan);
  • Elder Mahadeva led the mission in southwest India (Mysore, Karnataka);
    Rakkhita led the mission in southeast India (Tamil Nadu);
  • Elder Yona (Ionian, Greek) Dharmaraksita led the mission in Aparantaka (« the western frontier ») comprising northern Gujarat, Kathiawar, Kutch, and Sindh, which were all parts of India at the time);
  • The elder Mahadharmaraksita led the mission to Maharattha (the western peninsular region of India);
  • Maharakkhita (Maharaksita Thera) led the mission to the land of the Yona (Ionians), which probably refers to Bactria and possibly to the Seleucid kingdom;
  • Majjhima Thera conducted the mission to the Himavat region (northern Nepal, Himalayan foothills);
  • Sona Thera and Uttara Thera led missions to Suvarnabhumi (somewhere in Southeast Asia, perhaps Myanmar or Thailand); and
  • Mahinda, Ashoka‘s eldest son and therefore Prince of his kingdom, accompanied by his disciples, went to Lankadeepa (Sri Lanka).

Some of these missions were successful, such as those that established Buddhism in Afghanistan, Gandhara, and Sri Lanka.

Gandharan Buddhism, Greco-Buddhism, and Sinhalese Buddhism have for generations been a powerful inspiration for the development of Buddhism in the rest of Asia, particularly China. 

While missions to the Hellenistic Mediterranean kingdoms seem to have been less successful, it is possible that Buddhist communities were established for a limited period in Egyptian Alexandria, which may have been the origin of the so-called Therapeutae sect mentioned in some ancient sources such as Philo of Alexandria (c. 20 BC – 50 AD). 

The Jewish Essenes and the Therapeutae of Alexandria are said to be communities founded on the model of Buddhist monasticism. 

According to French historian André Dupont-Sommer (1900-1983), « India is believed to have been the source of this vast monastic movement, which shone brightly within Judaism itself for around three centuries ». According to him, this influence contributed to the emergence of Christianity.

Ashoka’s Edicts

King Ashoka presented his messages through edicts engraved on pillars and rocks in various parts of the kingdom, close to stupas on pilgrimage sites and along busy trade routes.

Some thirty of them have been preserved. They were not written in Sanskrit, but:

  • in Greek (the language of the neighboring Greco-Bactrian kingdom and the Greek communities of Ashoka‘s kingdom), 
  • in Aramaic (the official language of the ancient Achaemenid Empire); and

in various dialects of Prâkrit (*3), including ancient Gândhârî, the language spoken in Gandhara. The edicts were engraved in the language relevant to the region. For example, in Bactria, where the Greeks dominated, an edict near present-day Kandahar was written solely in Greek and Aramaic.

Content of Edicts

Ashoka pillar.

Some edicts reflect Ashoka‘s deep adherence to the precepts of Buddhism and his close relationship with the sangha, the Buddhist monastic order. He also uses the specifically Buddhist term dharma to designate the qualities of the heart that underpin moral action. 

In the Minor Rock Edict N° 1, the King declares himself « a lay follower of the Buddha’s teaching for more than two and a half years », but admits that so far, he has « not made much progress ». He adds that « for a little over a year now, I’ve been getting closer to the Order ».

In the Minor Rock Edict N° 3 from Calcutta-Bairat, Ashoka emphasized that « what has been said by the Buddha has been said well » and described the Buddha’s teachings as the true dharma.

Ashoka recognized the close links between the individual, society, the king, and the state. His dharma can be understood as morality, goodness, or virtue, and the imperative to pursue it gave him a sense of duty. The inscriptions explain that dharma includes self-control, purity of thought, liberality, gratitude, firm devotion, truthfulness, protection of speech, and moderation in spending and possessions. Dharma also has a social aspect. It includes obedience to parents, respect for elders, courtesy and liberality towards Brahma worshipers, courtesy towards slaves and servants, and liberality towards friends, acquaintances, and relatives.

Non-violence, which means refraining from harming or killing any living being, was an important aspect of Ashoka‘s dharma. Not killing living beings is described as part of the good (Minor Rock Edict N° 11), as is gentleness towards them (Minor Rock Edict N° 9). The emphasis on non-violence is accompanied by the promotion of a positive attitude of care, gentleness, and compassion.

Ashoka adopts and advocates a policy based on respect and tolerance of other religions. One of his edicts reads as follows:

Far from being sectarian, Ashoka, based on the conviction that all religions share a common, positive essence, encourages tolerance and understanding of other religions:

And he adds:

Ashoka had the idea of a political empire and a moral empire, the latter encompassing the former. His conception of his constituency extended beyond his political subjects to include all living beings, human and animal, living within and outside his political domain. 

His inscriptions express his fatherlike conception of kingship and describe his welfare measures, including the provision of medical treatment, the planting of herbs, trees, and roots for people and animals, and the digging of wells along roads (Major Rock Edict N° 2). 

The emperor had become a sage. He ran a centralized government from the capital of the Maurya empire: Pataliputra.

Guided by the Arthashastra, the Mauryan state became the central land clearing agency with the objective of extending settled agriculture and breaking up the disintegrating remnants of the frontier hill tribes. Members of such tribes cultivated on these newly cleared forest lands. Agriculture developed thanks to irrigation, and good roads were built to link strategic points and political centers. Centuries before our great Duke de Sully in France, Ashoka demanded that these roads be lined with shade trees, wells, and inns. His administration collected taxes. He made his inspectors accountable to him. The king’s dhamma-propagating activities were not limited to his own political domain but extended to the kingdoms of other rulers.

Hence, Ashoka‘s very existence as a historical figure was close to being forgotten! But since the deciphering of sources in Brahmi script in the 19th century, Ashoka has come to be regarded as one of India’s greatest emperors. Today, Ashoka‘s Buddhist wheel is featured on the Indian flag.

As already mentioned, Ashoka and his descendants used their power to build monasteries and spread Buddhist influence in Afghanistan, large parts of Central Asia, Sri Lanka, and beyond to Thailand, Burma, Indonesia, China, Korea, and Japan.

Bronze statues from his time have been unearthed in the jungles of Annam, Borneo, and Sulawesi. Buddhist culture was superimposed on the whole of Southeast Asia, although each region, happily enough, kept some of its own personality, touch and character.

The Kushan Empire


The Maurya Empire, which ruled Bactria and other ancient Greek satrapies, collapsed in 185 BC, hardly five decades after the death of Ashoka, accused of spending too much on infrastructure and Buddhist missions and not enough on national defense. Some academics argue that Pushyamitra Sunga, who assassinated the last Mauryan monarch, Brihadratha, signalled a strong Brahmanical response against Ashoka’s pro-Buddhist policies and Dhamma. Others argue that Ashoka’s ahimsa (non-violence) philosophy was a contributing factor to the decline of the Mauryan Empire. The king’s non-violence also meant that he stopped exercising control over officials, particularly those in the provinces, who had become tyrannical and required control.

These were turbulent times. In the first century AD, the Kushans, one of the five branches of the Chinese Yuezhi confederation, emigrated from northwest China (Xinjiang and Gansu) and, following in the footsteps of the Iranian Saka nomads, seized control of ancient Bactria. They formed the Kushan empire in the Bactrian territories at the beginning of the 1st century. This empire soon extended to include much of what is now Uzbekistan, Afghanistan, Pakistan and northern India, at least as far as Saketa and Sarnath, near Varanasi (Benares).

Benares.

The founder of the Kushan dynasty, Kujula Kadphises, followed Greek cultural ideas and iconography after the Greco-Bactrian tradition and was a follower of the Shivaite sect of Hinduism. Two later Kushan kings, Vima Kadphises and Vasudeva II, were also patrons of Hinduism and Buddhism. 

The homeland of their empire was in Bactria, where Greek was initially the administrative language before being replaced by « Bactrian » a language written in Greek characters until the 8th century, when Islam replaced it with Arabic.

Emperor Kanishka.

The Kushans also became great patrons of Buddhism, particularly Emperor Kanishka the Great, who played an important role in its spread via the Silk Roads to Central Asia and China, ushering in a 200-year period of relative peace, rightly described as the « Pax Kushana ».

It also seems that, from the very beginning, Buddhism flourished among the merchant class, whose birth barred access to the religious orders of India and the Himalayas.

Buddhist thought and art developed along trade routes between India, the Himalayas, Central Asia, China, Persia, Southeast Asia, and the West. Travelers sought the protection of Buddhist images and made offerings to shrines along the way, collecting portable objects and shrines for personal use.
The term 4th Buddhist Council refers to two different events, one in the Theravada and the other in the Mahayana schools.

  1. According to Theravada tradition: to prevent the Buddha’s teachings, which had hitherto been transmitted orally, from being lost, five hundred monks led by the Venerable Maharakkhita gathered at Tambapanni, Sri Lanka in 72 AD, under the patronage of King Vattagamani (r. 103 — 77 BC) to write down the “Pâli Canon” on palm leaves. (*4) The work, which is said to have lasted three years, took place in the Aloka Lena cave near present-day Matale;
  1. However, according to Mahayana tradition, it was 400 years after the Buddha’s extinction that five hundred Sarvastivadin monks gathered in Kashmir in 72 AD to compile and clarify their doctrines under the direction of Vasumitra and the patronage of Emperor Kanishka. They produced the Mahavibhasa (Great Exegesis) in Sanskrit. 

According to several sources, the Indian Buddhist monk Asvaghosa considered the first classical Sanskrit playwright whose attacks on the caste system we have presented, served as King Kanishka‘s spiritual adviser during the last years of his life.

Birch-bark scrolls acquired by the British Library in 1994.

Note that the oldest Buddhist manuscripts discovered to date, such as the 27 birch-bark scrolls acquired by the British Library in 1994 and dating from the 1st century, were found not in « India », but buried in the ancient monasteries of Gandhara, the central region of the Maurya and Kushan empire, which includes the Peshawar and Swat valleys (Pakistan), and extends westwards to the Kabul valley in Afghanistan and northwards to the Karakorum range. 

Thus, after a first great impetus given by King Ashoka the Great, Gandhara culture was given a second wind under the reign of the Kushan king Kanishka. The cities of Begram, Taxila, Purushapura (now Peshawar), and Surkh Kotal reached new heights of development and prosperity.

The Miracle of Gandhara

It cannot be overemphasized that Gandhara, especially in the Kushan period, was at the heart of a veritable renaissance of civilization, with an enormous concentration of artistic production and unparalleled inventiveness. While Buddhist art was mainly focused on temples and monasteries, objects for personal devotion were very common. 

Thanks to Gandhara’s art, Buddhism became an immense force for beauty, harmony, and peace, and has conquered the world.

Buddhism favored the creation of numerous artistic works that elevate thought and morality by using metaphorical paradoxes. The prevailing mediums and supports were silk paintings, frescoes, illustrated books and engravings, embroidery and other textile arts, sculpture (wood, metal, ivory, stone, jade), and architecture.

Here are a few examples:

A. Poetry

For most Westerners, Buddhism is a « typical » emanation of Asian culture, generally associated with India, Tibet, and Nepal, but also with China and Indonesia. Few of them know that the oldest Buddhist manuscripts known to date (1st century AD) were discovered, not in Asia, but rather in Central Asia, in ancient Buddhist monasteries of Gandhara.

Originally, before their transcription into Sanskrit (for long years the language of the elite), they were written in Gândhârî, an Indo-Aryan language of the Prâkrit group, transcribed with the “kharosthi alphabet” (an ancient Indo-Iranian script). 

Gandhârî was the lingua franca of early Buddhist thought. Proof of this is the Buddhist manuscripts written in Gândhârî that traveled as far away as eastern China, where they can be found in the Luoyang and An-yang inscriptions.

To preserve their writings, the Buddhists were at the forefront of adopting Chinese book-making technologies, notably paper and xylography (single-sheet woodcut). This printing technique consists of reproducing the text to be printed on a transparent sheet of paper, which is turned over and engraved on a soft wooden board. The inking of the protruding parts then allows multiple print runs. This explains why the first fully printed book is the Buddhist Diamond Sutra (circa 868), produced using this process.

The Khaggavisana Suttra, literally « The Horn of the Rhinoceros », is a wonderful example of authentic Buddhist religious poetry. Known as the « Rhinoceros Sutra », this poetic work is part of the Pali collection of short texts known as the Kuddhhaka Nikava, the fifth part of the Pitaka Sutta, written in the 1st century CE.

Since tradition grants the Asian rhinoceros a solitary life in the forest –  the animal dislikes herds –  this sutra (teaching) bears the apt title « On the value of the solitary and wandering life ». The allegory of the rhinoceros helps communicate to devotees the keen sense of individual sovereignty required by the moral commitments prescribed by the Buddha to end suffering by disconnecting from earthly pleasures and pains. Excerpt:


Shunning violence towards all beings,
never harming a single one of them,
compassionately helping with a loving heart,
wander alone like a rhinoceros.

One keeping company nurtures affection,
and from affection suffering arises.
Realizing the danger arising from affection,
wander alone like a rhinoceros.

In sympathizing with friends and companions,
the mind gets fixed on them and loses its way.
Perceiving this danger is familiarity,
wander alone like a rhinoceros.

Concerns that one has for one’s sons and wives,
are like a thick and tangled bamboo tree.
Remaining untangled like a young bamboo,

wander alone like a rhinoceros.

Just like a deer, wandering free in the forest,
goes wherever he wishes as he grazes,
so a wise man, treasuring his freedom,
wanders alone like the rhinoceros.

Leave behind your sons and wives and money,
all your possessions, relatives, and friends.
Abandoning all desires whatsoever,
wander alone like the rhinoceros (…)

B. Literature

Two other masterpieces from the same oeuvre are the famous Jataka, or « Birth stories of the Buddha’s previous lives », and the Milindapanha, or « King Milinda’s questions”.

The Jataka, which features numerous animals, shows how, before the last human incarnation in which he attained nirvana, the Buddha himself was reincarnated countless times as an animal – as various kinds of fish, as a crab, a rooster, a woodpecker, a partridge, a francolin, a quail, a goose, a pigeon, a crow, a zebra, a buffalo, several times as a monkey or an elephant, an antelope, a deer and a horse. One story describes how the Bodhisattva was born as a Great Monkey who dwelled in a beautiful Himalayan forest among a large troop of monkeys. And since it’s Buddha who’s incarnated in the animal, the monkey suddenly speaks words of great wisdom.

But on other occasions, the characters are animals, while our Bodhisattva appears in human form. These tales are often peppered with piquant humor. They are known to have inspired La Fontaine, who must have heard them from Dr. François Bernier, who learned them from him while working as a physician in India for eight years.

The Questions of King Milinda is an imaginative account, a veritable Platonic dialogue between the Greek king of Bactria Milinda (the Greek, Menander), who ruled the Punjab, and the Buddhist sage Bhante Nagasena

Their lively dialogue, dramatic and witty, eloquent, and inspired, explores the various problems of Buddhist thought and practice from the point of view of a perceptive Greek intellectual, both perplexed and fascinated by the strangely rational religion he discovers on the Indian subcontinent.

Through a series of paradoxes, Nagasena leads the Greek « rationalist » to ascend to the spiritual and therefore transcendental dimension, beyond logic and simple rationality, of nirvana, which, like space, has « no formal cause » and can therefore occur, but « cannot be caused ». So how do we get there?

And to one of his disciples, who once asked him whether the universe was finite or infinite, eternal or not, whether the soul was distinct from the body, what became of man after death, the Buddha replied with a parable:

C. Urban Planning

Taxila.

One of the great urban and cultural centers and, for a time, the capital of Gandhara, was Taxila or Takshashila (present-day Punjab), founded around 1000 BC on the ruins of a city dating from the Harappan period and located on the eastern bank of the Indus, the junction points between the Indian subcontinent and Central Asia.

Some ruins of Taxila date to the time of the Achaemenid Persian Empire, followed successively by the Mauryan Empire, the Indo-Greek Kingdom, the Indo-Scythians, and the Kushan Empire. 

According to some accounts, the University of Ancient Taxila (centuries before the residential bouddhist University of Nalanda founded in 427 AD) can be considered one of the earliest centers of learning in South Asia.

As early as 300 BC, Taxila functioned largely as a “University” offering higher education. Students had to complete their primary and secondary education elsewhere before being admitted to Taxila.

The minimum age requirement was sixteen. Not only Indians but also students from neighboring countries like China, Greece, and Arabia flocked to this city of learning.

Chanakya.

Around 321 BC, it was the great philosopher, teacher, and economist of Gandhara, Chanakya, who helped the first Mauryan emperor, Chandragupta, to seize power.

Under the tutelage of Chanakya, Chandragupta received a comprehensive education at Taxila, encompassing the various arts of the time, including the art of war, for a duration of 7–8 years. 

In 303 BC, Taxila fell into their hands, and under Ashoka the Great, the grandson of Chandragupta, the city became a great center of Buddhist learning and art. 

Chanakya, whose writings were only rediscovered in the early 20th century and who served as the principal advisor to both emperors Chandragupta and his son Bindusara, is widely considered to have played an important role in establishing the Mauryan Empire. 

Also known as Kauṭilya and Vishnugupta, Chanakya is the author of The Arthashastra, a Sanskrit political treatise on statecraft, political science, economic policy, and military strategy. The Arthashastra also addresses the question of collective ethics which ensures the cohesion of a society. He advised the king to launch major public works projects, such as the creation of irrigation routes and the construction of forts around the main production centers and strategic towns in regions devastated by famine, epidemics, and other natural disasters, or by war, and to exempt from taxes those affected by these disasters.

Sirkap.

In the 2nd century BC, Taxila was annexed by the Indo-Greek kingdom of Bactria which built a new capital there named Sirkap, where Buddhist temples were contiguous with Hindu and Greek temples, a sign of religious tolerance and syncretism.

Sirkap was built according to the “Hippodamian” grid plan characteristic of Greek cities. (*5)

It is organized around a main avenue and fifteen perpendicular streets, covering an area of ​​approximately 1,200 meters by 400, with a surrounding wall 5 to 7 meters wide and 4.8 kilometers long. 

After its construction by the Greeks, the city was rebuilt during the incursions of the Indo-Scythians, then by the Indo-Parthians after an earthquake in the year 30 AD. Gondophares, the first king of the Indo-Parthian kingdom, built parts of the city, including the Buddhist stupa (funerary monument) of the double-headed eagle and the temple of the Sun god. Finally, inscriptions dating from 76 AD demonstrate that the city had already come under Kushan domination. The Kushan ruler Kanishka erected Sirsukh, about 1.5 km northeast of ancient Taxila.

Buddhist sutras from the Gandhara region were studied in China when the Kushan monk Lokaksema (born 147) began translating some of the earliest Buddhist sutras into Chinese. The oldest of these translations show that they were translated from the Gândhârî language. 

D. Architecture, the invention of Stupas

Stupa of Sanchi, India.

The construction of religious buildings in the form of a Buddhist stupa (reliquary) – a domed monument – began in India as memorials associated with the preservation of the sacred relics of the Buddha.

The stupas are surrounded by a balustrade which serves as a ramp for ritual circumambulation. The sacred area is accessed through doors located at the four cardinal points. Stupas were often built near much older prehistoric burial sites, notably those associated with the Indus Valley Civilization. 

Ruins of buddhist monatry of Garhal Sarni, Gandhara, Pakistan.

Stone gates and gates covered with sculptures were added to the stupas. The favorite themes are the events of the historical life of the Buddha, as well as his previous lives numbering 550 and described with much irony in the Jatakas. (See B)

Monkey offering pot of Honey to Buddha, stupa of Sanchi.

The bas-reliefs of the stupas are like comic strips that tell us about the daily and religious life of Gandhara: wine amphorae, wine goblets (kantaros), bacchanalia, musical instruments, Greek or Indian clothing, ornaments, hairstyles arranged in style. Greek, artisans, their tools, etc. On a vase found inside a stupa, is the inscription of a Greek, Theodore, civil governor of a province in the 1st century BC, explaining in Kharosthi script how the relics were deposited in the stupa.

Many stupas are believed to date from Ashoka‘s time, such as that of Sanchi (Central India) or Kesariya (East India), where he also erected pillars with his edicts and perhaps the stupa of Bharhut (Central India), Amaravati (South-East India) or Dharmarajika (Taxila) in Gandhara (Pakistan). According to Buddhist tradition, Emperor Ashoka recovered the relics of the Buddha in older stupas and erected 84,000 stupas to distribute all these relics throughout Indian territory.

Following in the footsteps of Ashoka, Kanishka ordered the construction of the 400-foot grand stupa at Purushapura (Peshawar), which is among the tallest buildings of the ancient world. 

Archaeologists who rediscovered its base in 1908-1909 estimated that this stupa had a diameter of 87 meters. Reports from Chinese pilgrims such as Xuanzang indicate that its height was around 200 meters and that it was covered in precious stones. Also, under the Kushans, huge statues of the Buddha were erected in monasteries and carved into hillsides.

Sculpture: when Buddha became man 

ANICONIC PERIOD

It is important to know that in early times Buddha was never depicted in human form. For more than four centuries, his presence is simply indicated by symbolic elements such as a pair of footprints, a lotus (indicating the purity of his birth), an empty throne, an unoccupied space under a parasol, a horse without a rider or the Bodhi fig tree under which he reached nirvana. Scholars do not agree on whether these symbols represent the Buddha himself or whether they simply allude to anecdotes from his life. 

END OF ANICONISM

What led Buddhists to abandon aniconic representations remains a vast mystery. Such a development is quite unique in the history of religions. Imagine Muslims suddenly promoting statues of the prophet Mohammed!

The explanations put forward so far leave us wanting more.

For some, the Buddhists wanted to appeal to a Greek clientele, but both the Greek population and Buddhism were in Gandhara long before the iconographic revolution in question. The timing doesn’t fit.

For others, practitioners, in the absence of Buddha himself, would have been desperate to find a visual focal point, be it a statue, a painting or even a few hairs… But for that purpose, the symbols they adopted (wheel, fig tree, empty chair, footprint, etc.), were sufficient.

Buddha, it is reported, refused to be represented in any way, fearing that idolatry would flourish.

But over time, Buddhism evolved. In Gandhara, Mahayana Buddhism flourished.

While for the old school, Siddhartha Gautama was only an enlightened man setting an example, for the new school of Mahayana Buddhism, Buddha was a (successful) attempt to personify (the omnipresent spiritual force, the ultimate and supreme principle of life) in the conception of the first Buddha of all. In short, a kind of Jesus. Consequently, just like Christ from the 5th century on, Buddha could be represented in human form and express elevated states of the soul, such as tenderness and compassion. Added to this is the fact that for Mahayana Buddhism, the objective of helping all living beings to attain nirvana and liberate them from suffering has priority over reaching nirvana on a purely personal level.

Unlike many Christian artists in the West, who, following the doxa, represented Christ suffering on the Cross (the founding event of the Christian faith and Church), the artists of Gandhara present the Buddha as a being totally detached from human pain, looking with compassion to all of humanity.

More importantly, the goal is the elimination of suffering in all humans, compassion is not a passive notion for Buddhists. It is not just empathy but rather an empathetic altruism that actively strives to free others from suffering, an act of kindness imbued with both wisdom and love. 

DIFFERENCES IN FORM, DIFFERENCES IN CONTENT

Before discussing their differences, let’s simply distinguish four types of Buddha representations, among many others:

  1. The « Greco-Buddhist » Gandhara school, produced in the region between Hadda (Afghanistan) and Taxila (Punjab), via Peshawar (Pakistan);
  2. The « Indo-Buddhist » school of Mathura;
  3. The Andra Pradesh school in southern India;
  4. The school of the Gupta period (3rd to 5th centuries).

1. Greco-Buddhist in Gandhara

The term « Greco-Buddhist » refers to archaeologist Alfred Foucher’s (1865-1952) 1905 Sorbonne thesis on Gandhara art.

As André Malraux (1901-1976) wrote in Les Voix du silence in 1951, Greco-Buddhist art is the encounter between Hellenism and Buddhism. Instead of saying that art from Greece had metamorphosed into Buddhist art, as Malraux put it, I think that in Gandhara, it was Buddhist art that appropriated the best of Indian, Greek and steppe aesthetics.

However, Foucher was right to insist, against his English friends, that the influence was Hellenic and not Roman. For their part, with India emancipating itself from the British Empire, Indian scholars tried to validate the thesis of an indigenous creation of the Buddha image, contrasting the Gandhara style, which Foucher wanted to be Greco-Buddhist, with the style of Mathura, in the Delhi region, also part of the Kushan empire, and seen by some as contemporary, even if it is far less prolix than Gandhara art.

Gandhara art really took off during the Kushan period, particularly under the reign of King Kanishka.

Thousands of images were produced and spread throughout the region, from portable Buddhas to monumental statues in sacred places of worship.

In Gandhara, Buddha is depicted very realistically as a beautiful person, often a young man or even a woman. The spiritual charge is such that gender is no longer essential. We don’t know whether these are beautiful portraits taken from life, or pure figments of the artist’s imagination.

Buddha is often shown in meditative posture to evoke the moment when he reaches nirvana.

Crowned with a halo, his face serious or smiling, his eyes half-closed, he radiates light. Full of serenity, he embodies detachment, concentration, wisdom and benevolence.

His hair in a bun (the ushnisha) at the top of his head indicates that he is gifted with supramundane knowledge. The black dot between his eyes symbolizes the third eye, the eye of enlightenment.

In some sculptures, this cavity contains a crystal pearl, symbolizing radiant light. The earlobes are elongated to accommodate the heavy jewelry once worn by the young prince Siddhartha during his princely youth.

The positioning of the hands, as in the rest of Indian art, responds to codes. These include the « abhayamudra », the gesture of reassurance, with the palm facing outwards; the « varamudra », symbolizing giving, with the hand hanging open and the arm half-bent; or the « vitarkamudra », symbolizing argumentation, with the hand raised to chest height, half-closed, palm forward, index finger curved towards the thumb.

At Gandhara, Buddha is dressed in a monastic cloak covering both shoulders. The fabric is neither cut nor sewn, but simply draped in a Greek style around the body. The barely stylized folds follow natural volumes.

2. The School of Mathura

King Kanishka, while supporting all religions he found worthy, did not hide his preference for Buddhism. In practice, he encouraged both the Gandhara school of Greco-Buddhist art (in Taxila and Hadda) and the Indo-Buddhist school (in Mathura, closer to South Asia). 

As one can see, in Mathura, local artists produced a very different type of Buddha. His body is dilated by the sacred breath (prana) and his monastic robe is draped in the Indian style in a way that bares the right shoulder.

Mathura artists used the image of statues of the pre-Buddhist yaksha cults of nature as models for their productions. The body position is often more static and without contrapposto. Clothing can be so thin that the lower parts of the anatomy make a showing and detract the viewers’ concentration on Buddha’s spiritual nature.

3. School of Andhra Pradesh


A third type of influential Buddha type developed in Andhra Pradesh in southern India, where images of large proportions, with serious, unsmiling faces, are dressed in robes that also reveal the left shoulder. These southern sites served as artistic inspiration for the Buddhist land of Sri Lanka, at the southern tip of India, and Sri Lankan monks visited them regularly. Many statues in this style spread from there throughout Southeast Asia. 

4. The Gupta period

The Gupta period, from the 4th to 6th centuries AD, in northern India, often referred to as the Golden Age, is believed to have synthesized the three schools. In seeking an “ideal” image for mass production, mannerism took over.

The Gupta Buddhas have their hair arranged in small individual curls, and the robes have a network of strings to suggest the folds of the draperies (as at Mathura).

With their downward gaze and spiritual aura, the Gupta Buddhas became the model for future generations of artists, whether in post-Gupta and Pala India or Nepal, Thailand, and Indonesia.

Metal Gupta statues of the Buddha were also carried by pilgrims along the Silk Road to China and Korea where Confucius literati sometimes felt threatened by the rise of Buddhism.

But the Buddhas of Gandhara are very special and truly unique. They are distinct examples escaping any codification and standards. They were made by artists with a high spirituality, exploring new frontiers of beauty, movement, and freedom, and not objects produced to satisfy an emerging market.

As early as the first century BC, local artists, who had worked with perishable materials such as brick, wood, thatch, and bamboo, adopted stone on a very large scale. The new material used was mainly a light to dark colour gray shale stone (in the Kabul River valley and Peshawar region). Later periods are characterized by the use of stucco and clay (a specialty of Hadda).

The origin of Buddha’s beautiful image is a subject Pakistanis, Indians, Afghans, and Europeans like to wrangle about today. All claim to have been the main sponsors and authors of the « Miracle of Gandhara », but few ask how it came about. The techniques used for the sculptures and coins of Gandhara are very close to those of Greece. Questions about whether they were created by traveling Greek sculptors or by the local artists they trained are up for discussion. Who did what and when remains an open question, but does it really matter? 

When Asia meets Greece

Let’s take a look at some of the artistic expressions that testify to the beautiful encounter between Hellenic culture and Central Asian and Indian local cultures.

A. Kushan Coins 

A gold coin dating from 120 AD shows the king dressed in a heavy Kushan cloak and long boots, with flames emanating from the shoulders, holding a standard in his left hand and making a sacrifice on an altar with the legend in Greek characters: “King of kings, Kanishka the Kushan”

The reverse of the same coin represents a standing Buddha, in Greek costume, making the “fear nothing” (abhaya mudra) gesture with his right hand and holding a fold of his robe in his left hand. The legend in Greek characters now reads ΒΟΔΔΟ (Boddo), for the Buddha.

B. Bimaran Reliquary

A truly classical theme in the repertoire of any artist of the time consists of showing Buddha surrounded, welcomed, and protected by the deities of other beliefs and more ancient religions.

Bimaran casket.

The oldest such representation known to date appears on a reliquary found in the Bimaran stupa in northwestern Gandhara. On this small gold urn, known as the Bimaran casket, generally dated 50-60 AD, there appears, inside vaulted niches of Greco-Roman architecture, a “Hellenistic” representation of the Buddha (hairstyle, contrapposto, prestigeous wrap, etc.), surrounded by the Indian deities Brahma and Shakra. 

Just like Ashoka, the almost secular Kanishka, did not intend to reign against but with all and “above” all religions.

Thus, on occasion, the Greek deities, represented on coins (Zeus, Apollo, Heracles, Athena…), rub shoulders with the deities of Vedism, Zoroastrianism, and Buddhism.

Another example of this form of inclusiveness, is the cave and the temple carved into the rock in Ellora, in central India, with representatives of the three religions (Buddhism, Hinduism, and Jainism) rubbing shoulders in the center.

C. The Hadda Triad

The Hadda Triad.

Another exquisite example of this Gandharan art is a sculptural group known as the Triad of Hadda, excavated at Tapa Shotor, a large Sarvastivadin monastery near Hadda in Afghanistan, dating from the 2nd century AD.

To give an idea of its vast artistic production, it is worthy of note that some 23,000 Greco-Buddhist sculptures, in clay and plaster, were unearthed in Hadda alone between the 1930s and 1970s.

The site, heavily damaged during recent wars, had beautiful statues, including a seated Buddha (image above), dressed in a Greek chlamys (white coat), with curly hair, accompanied by Heracles and Tyche (Greek goddess of fortune and of prosperity), dressed in a chiton (Greek dress), holding a cornucopia. 

Here, the only adaptation to local traditions of Greek iconography is the fact that Heracles no longer holds in his hand his usual club but the thunderbolt of Vajrapani (from the Sanskrit word which means “thunderbolt” (vajra) and « in the hand » (pani), one of the first three protective deities surrounding the Buddha.

Another statue recalls the portrait of Alexander the Great. Unfortunately, only photographs remain of this sculptural ensemble, .

According to Afghan archaeologist Zemaryalai Tarzi, the Tapa Shotor Monastery, with its clay sculptures dating back to the 2nd century AD, represents the « missing link » between the Hellenistic art of Bactria and the later stucco sculptures found at Hadda, generally dating back to between the 3rd – 4th century AD. Traditionally, the influx of master artists of Hellenistic art has been attributed to the migration of Greek populations from the Greco-Bactrian cities of Ai-Khanoum and Takht-I-Sangin (Northern Afghanistan).

Tarzi suggests that Greek populations settled in the plains of Jalalabad, which included Hadda, around the Hellenistic city of Dionysopolis (Nagara), and were responsible for the Buddhist creations of Tapa Shotor in the 2nd century AD. 

The Greek colonists who remained in Gandhara (the “Yavanas” or Ionians) after the departure of Alexander, either by choice or as populations condemned to exile by Athens, greatly embellished the artistic expressions of their new spirituality. 

Offering freshness, poetry, and a spectacularly modern sense of movement, the first Buddhist artists of Gandhara, capturing instants of « motion-change » allowing the human mind to apprehend a potential leap towards perfection, are an invaluable contribution to all human culture. Isn’t it high time that this magnificent work be recognized?

D. Take the Earth as your Witness

A magnificent sculpture, now on exhibition at the Cleveland Museum, depicts one of the narratives of the Buddha’s struggle to achieve nirvana. The bodhi fig tree under which the Buddha achieved enlightenment is at the center of the composition. It has been revered since ancient times by local villagers, as it is known to be the residence of a deity of nature. The altar itself is covered with kusha grass used as part of sacrificial offerings.

After sitting in meditation for seven days under his tree, approximately 2,500 years ago, the Buddha was challenged by nightmarish demons (Maras) who questioned the authenticity of his accomplishment. 

Mara, who stands on the right in an arrogant swaying position among his beautiful daughters, tries everything to prevent Buddha from succeeding. He threatens him and encourages his daughters to seduce him. Innocently, he asks Buddha if he is sure he can find someone to testify that he has truly reached nirvana. In response to the challenge launched by Mara, the Buddha then touches the earth and calls it to witness.

According to mythology, when he touched the ground, the young Earth Goddess rose out of the ground and started to wring the cool waters of detachment out of her hair to drown Mara. On the sculpture, one can see the Earth goddess, very small, at the base of the altar, kneeling before Buddha in reverence. She also took a human form when rising from the ground. The old religions intervened here to defend and protect the new one, that of Buddha.

The Indians who converted to Buddhism also seem to have missed the old gods and goddesses of their pantheon; hence, they too include their deities above the head of Buddha or next to it, such as the Vedic god Indra, for example.

E. All Bodhisattvas?

Finally, to conclude this section on sculpture, a few words about the bodhisattva, a very interesting figure that has emerged from the Buddhist imagination to make Buddhist spirituality accessible to ordinary people.

Animated by altruism and obeying the disciplines intended for bodhisattvas, a bodhisattva must compassionately first help all other sentient beings to awaken, even by delaying his own nirwana!

Avalokiteshvara, bodhisattva of compassion.

Bodhisattvas are distinguished by great spiritual qualities such as the « four divine abodes »:

  • loving-kindness (Maitri);
  • compassion (karuna);
  • empathic joy (mudita);
  • equanimity (upekṣa).

The other various perfections (paramitas) of the Bodhisattva include prajnaparamita (« transcendent knowledge » or the « perfection of wisdom ») and skillful means (upaya).

Spiritually advanced Bodhisattva such as Avalokiteshvara, Maitreya, and Manjushri were widely revered in the Mahayana Buddhist world and are believed to possess great power which they use to help all living beings.

A wonderful example of the Bodhisattva concept can be seen at the Dallas Museum of Art (above). This terracotta sculpture represents a “thinking Bodhisattva” from the Hadda region in Afghanistan and is a typical production from Gandhara.

With very few visual elements, the artist produces here a huge effect.

The pillars of his large Bodhisattva chair are lions with slightly outlandish eyes, an allegorical representation of those passions that make us suffer and which are kept under sagacious control by the highly reflective effort of the heroic Bodhisattva on the chair at the center of the piece.

Buddhism today

Nehru and his daughter Indira Gandhi, received at the White House by JFK.

Paradoxically, since the 12th century AD Buddhism, as a religion, has almost ceased to exist in its own birthplace of India.

A fine example of the incessant struggle of the best Indian minds for emancipation was in 1956 when nearly half a million « untouchables » converted to Buddhism under the leadership of the political leader who headed the committee responsible for drafting the Constitution of India, the social reformer B. R. Ambedkar (1891-1956), and the Indian Prime Minister and leader of the Congress Party Jawaharlal Nehru (1889-1964), himself from a Brahmin family.

In June of the same year, the UNESCO Courier dedicated its edition to “25 centuries of Buddhist art and culture”. 

In India, the two statesmen orchestrated a year-long celebration honoring “2,500 years of Buddhism« , not to resurrect an ancient faith per se, but to claim status as the birthplace of Buddhism: this ancient religion that restores to the world an image advocating non-violence and pacifism.

Buddha statue offered by Nehru to JFK during his state visit in 1961.

Later, on November 9, 1961, during his state visit to the White House, Indian Prime Minister Nehru presented a Buddhist sculpture to President John F. Kennedy. 

The West’s gaping ignorance about the real nature of Buddhism and Nehru’s “non-alignment” would eventually turn decolonization into bloody conflicts, such as in Vietnam, where close to 80 percent of the population was Buddhist, but where 80 percent of the land was owned by Catholic interests considered more robust to resist communist expansionism. 

Mahatma Gandhi, like many Hindus, listened to Buddha’s message. For Hindus, Buddhism was just “another form of Hinduism”, and its justified social criticism, therefore, came “from within Hinduism”.

A point of view that Indian Prime Minister Jawaharlal Nehru did not share. Deeply troubled by certain intrinsic features of Hinduism, such as ritualism and the caste system, Nehru could not place Buddhism, which abhorred these institutions, in the same category. Nehru was profoundly influenced by Buddhism. He even named his daughter Indira Priyadashini (the future Prime Minister Indira Gandhi), because « Priyadarshi » was the name adopted by the great emperor Ashoka after he became a Buddhist prince of peace! 

Nehru was instrumental in making the Ashoka Chakra (the Buddhist wheel incorporated into the national flag) the symbol of India. Every time he visited Sri Lanka, he visited the Buddha statue at Anuradhapura. 

Nehru, who continually urged superstitious and ritualistic Indians to cultivate a « scientific temperament » and bring India into the era of the atomic age, was naturally attracted to the rationalism advocated by the Buddha.

Nehru argued:

The influence of the Buddha was manifested in Nehru’s foreign policy. This policy was motivated by a desire for peace, international harmony, and mutual respect. It aimed to resolve conflicts by peaceful methods.

On November 28, 1956, Nehru stated:

Visibly inspired by Buddhist precepts, the concepts of « non-alignment » and Nehru’s « Treaty of Panchsheel », commonly referred to as the « Treaty of the Five Principles of Peaceful Coexistence », were formally enunciated for the first time in the agreement on trade and relations between the Tibetan region of China and India, signed on 29th April 1954. 

This agreement stipulated, in its preamble, that the two governments,

Nehru, at the International Buddhist Cultural Conference held on 29th November 1952, in Sanchi, the very city where Kanishka had started building the highest stupa of antiquity, specified:

On 3rd October 1960, Nehru addressed the United Nations General Assembly when he said,

Nehru tried his best to apply the teachings of the Buddha in managing India’s internal affairs. His belief is that social change can only be achieved through the broadest social consensus that stems from the influence of the Buddha, Ashoka, and Gandhi.

In his speech of 15th August 15, 1956, on the occasion of Independence Day, Nehru sets out the challenges to be met: We are proud that the soil on which we were born has produced great souls like Gautama Buddha and Gandhi. Let us refresh our memory once again and pay homage to Gautama Buddha and Gandhi, and to the great souls who, like them, shaped this country. Let us follow the path they showed us with strength, determination, and cooperation.” 

Science and religion, Albert Einstein and Buddha

To conclude, here are some quotes of Albert Einstein discussing the relation between science and religion where he underlines the importance of Buddha:

NOTES:

(*1) Indo-Aryan languages. There are over 200 known Indo-Aryan languages spoken by about 1 billion people. Modern Indo-Aryan languages descend from Old Indo-Aryan languages such as early Vedic Sanskrit, through Middle Indo-Aryan languages (or Prakrits). The largest such languages in terms of first-speakers are Hindi–Urdu (c. 330 million), Bengali (242 million), Punjabi (about 120 million), Marathi (112 million), Gujarati (60 million), Rajasthani (58 million), Bhojpuri (51 million), Odia (35 million), Maithili (about 34 million), Sindhi (25 million), Nepali (16 million), Assamese (15 million), Chhattisgarhi (18 million), Sinhala (17 million), and Romani (c. 3.5 million). Southern India has Dravidian languages (Telugu, Tamil, Kannada and Malayalam). In Europe, the main Indo-European languages are English, French, Portuguese, Russian, Dutch and Spanish.

(*2) Discords. As early as the 3rd century BC, no fewer than eighteen distinct Buddhist schools were at work in India, but all recognized each other as followers of the Buddha’s philosophy. Finally, Diamond Vehicle Buddhism, known as Vajrayana, whose complex texts and rituals were developed in the universities of northeast India around the 7th and 8th centuries.

(*3) Prakrit is a term that designates an Indo-Aryan language derived from classical Sanskrit. The word itself has a fairly flexible definition, because it sometimes has the meaning of “original, natural, without artifice, normal, ordinary, usual, or even local”, thus contrasting with the literary and religious form of Sanskrit; but sometimes, we can also understand Prakrit as meaning “derived from an original language”, that is to say, derived from Sanskrit. We can therefore say that Prakrit, like any vulgar and vernacular language of India, comes from Sanskrit. In a way, we can compare Prakrits to vulgar Latin, while Sanskrit would be classical Latin. The oldest known use of prâkrit is formed by the set of inscriptions of the Indian emperor Ashoka (3rd century BC). One of the most famous Prakrits is Pali, which achieved the status of a literary and intellectual language by becoming that of the texts of Theravada Buddhism.

(*4) Pâli is an Indo-European language of the Indo-Aryan family. It is a Middle Indian Prakrit close to Sanskrit and probably dates back to the 3rd century BC. Pâḷi is used as a Buddhist liturgical language in Sri Lanka, Burma, Laos, Thailand, and Cambodia. Its status as a liturgical language has made it, like Sanskrit, fixed and standardized.

(*5) Hippodamos of Miletus (born 498 BC – died 408 BC) was a surveyor and engineer from the 5th century BC. BC was also an urban architect, physicist, mathematician, meteorologist, and Pythagorean philosopher. Tradition has remembered his great works of urban planning. Although these works are characterized by the systematic use of the checkerboard plan, he is not its inventor, very ancient Greek colonies already providing us with examples of this urban structure.

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Le « miracle » du Gandhara : quand Bouddha s’est fait homme

Introduction

Les Ve et IVe siècles avant J.-C. furent une période d’effervescence intellectuelle mondiale. C’est l’époque des grands penseurs, tels que Socrate, Platon et Confucius, mais aussi Panini et Bouddha.

Dans le nord de l’Inde, c’est l’âge du Bouddha, après la mort duquel émerge une foi non théiste (Bouddha n’est qu’un homme…), qui se répand bien au-delà de sa région d’origine. Avec entre 500 millions et un milliard de croyants, le bouddhisme constitue aujourd’hui l’une des principales croyances religieuses et philosophiques du monde et sans doute une force potentielle redoutable pour la paix.

Bouddha, bio-express

Lumbini, lieu de naissance de Siddhartha Gautama.

« Le bouddha » (l’éveillé) est le nom donné à un homme appelé Siddhartha Gautama Shakyamuni (le muni ou sage du clan des Shakya). Il aurait atteint l’âge d’environ quatre-vingts an. Craignant l’idolâtrie, il refuse toute représentation de sa personne sous forme d’image.

Les traditions divergent sur les dates exactes de sa vie que la recherche moderne tend à situer de plus en plus tard : vers 623-543 av. J.-C. selon la tradition theravâda, vers 563-483 av. J.-C. selon la majorité des spécialistes du début du XXe siècle, tandis que d’autres le situent aujourd’hui entre 420 et 380 av. J.-C. (sa vie n’aurait pas dépassé les 40 ans).

Bouddha est né à Lumbini (actuel Népal) dans la vallée du Gange

Selon la tradition, Siddhartha Gautama est né à Lumbini (dans l’actuel Népal) en tant que prince de la famille royale de la ville de Kapilavastu, un petit royaume situé dans les contreforts de l’Himalaya, dans l’actuel Népal.

Un astrologue aurait mis en garde le père du garçon, le roi Suddhodana : lorsque l’enfant grandirait, il deviendrait soit un brillant souverain, soit un moine influent, en fonction de sa lecture du monde. Farouchement déterminé à en faire son successeur, le père de Siddhartha ne le laissa donc jamais voir le monde en dehors des murs du palais. Tout en lui offrant tous les plaisirs et distractions possibles, il en fait un prisonnier virtuel jusqu’à l’âge de 29 ans.

Lorsque le jeune homme s’échappe de sa cage dorée, il découvre l’existence de personnes affectées par leur grand âge, la maladie et la mort. Bouleversé par la souffrance des gens ordinaires qu’il rencontre, Siddhartha abandonne les plaisirs éphémères du palais pour rechercher un but plus élevé dans la vie. Il se soumet d’abord à un ascétisme draconien, qu’il abandonne six ans plus tard, estimant qu’il s’agissait d’un exercice futile.

Il s’assoit alors sous un grand figuier pour méditer et y fait l’expérience du nirvana (la bodhi : libération ou, en sanskrit, extinction). On le désigne désormais sous le nom de « Bouddha » (l’éveillé ou l’éclairé).

Les « quatre vérités » et « l’octuple sentier »

Avant d’en esquisser le développement politique, quelques mots sur la philosophie sous-jacente au bouddhisme.

A ses jeunes disciples, Bouddha enseigne la « Voie du milieu », entre les deux extrêmes de la mortification et de la satisfaction des désirs.

Et il énonce les Quatre nobles vérités :

  1. La noble vérité de la souffrance.
  2. La noble vérité de l’origine de la souffrance.
  3. La noble vérité de la cessation de la souffrance.
  4. La noble vérité de la voie menant à la cessation de la souffrance, celle du Noble Chemin octuple.

Ainsi que le feront Augustin et plus encore les Frères de la Vie commune dans le monde chrétien, le bouddhisme insiste sur le fait que notre attachement à l’existence terrestre implique la souffrance.

Chez les chrétiens, c’est ce qui conduirait au « péché », notion inexistante dans le bouddhisme, pour qui l’errance vient de l’ignorance du bon chemin.

Pour Bouddha, il faut combattre, voire éteindre tout sens démesuré du moi (on dirait ego aujourd’hui). Il est possible de mettre fin à notre souffrance en transcendant ce fort sentiment de « moi », afin d’entrer dans une plus grande harmonie avec les choses en général. Les moyens d’y parvenir sont résumés dans le Noble Chemin octuple, parfois représenté par les huit rayons d’une Roue de la Loi (dharmachakra) que Bouddha mettra en marche, la Loi signifiant ici le dharma, un ensemble de préceptes moraux et philosophiques.

Ces huit points du Noble Chemin octuple sont :

  1. la vue juste
  2. la pensée juste
  3. la parole juste
  4. l’action juste
  5. les moyens d’existence justes
  6. l’effort juste
  7. la pleine conscience
  8. la concentration juste

– La vision juste est importante dès le départ, car sans cela, on ne peut pas voir la vérité des quatre nobles vérités.
– La pensée juste en découle naturellement. Le terme « juste » signifie ici « en accord avec les faits », c’est-à-dire avec la façon dont les choses sont (qui peut être différente de la façon dont je voudrais qu’elles soient).
– La pensée juste, la parole juste, l’action juste et les moyens d’existence justes impliquent une retenue morale – s’abstenir de mentir, de voler, de commettre des actes violents et gagner sa vie d’une manière qui ne soit pas préjudiciable aux autres. La retenue morale ne contribue pas seulement à l’harmonie sociale générale, elle nous aide aussi à contrôler et à diminuer le sentiment démesuré du « moi ». Comme un enfant gâté, le « moi » grandit et devient indiscipliné à mesure que nous le laissons agir à sa guise.
– Ensuite, l’effort juste est important parce que le « moi » prospère dans l’oisiveté et le mauvais effort ; certains des plus grands criminels sont les personnes les plus énergiques, donc l’effort doit être approprié à la diminution du « moi » (son ego, dirait-on aujourd’hui). Dans tous les cas, si nous ne sommes pas prêts à faire des efforts, nous ne pouvons pas espérer obtenir quoi que ce soit, ni dans le sens spirituel ni dans la vie. Les deux dernières étapes de la voie, la pleine conscience et la concentration ou absorption, représentent la première étape permettant de nous libérer de la souffrance.

Les ascètes qui avaient écouté le premier discours du Bouddha devinrent le noyau d’un sangha (communauté, mouvement) d’hommes (les femmes devaient entrer plus tard) qui suivaient la voie décrite par le Bouddha dans sa Quatrième noble vérité, celle précisant le Noble Chemin octuple.

Pour rendre le nirvana bouddhiste accessible au citoyen ordinaire, l’imagination bouddhiste a inventé le concept très intéressant de bodhisattva, mot dont le sens varie selon le contexte. Il peut aussi bien désigner l’état dans lequel se trouvait Bouddha lui-même avant son « éveil », qu’un homme ordinaire ayant pris la résolution de devenir un bouddha et ayant reçu d’un bouddha vivant la confirmation ou la prédiction qu’il en serait ainsi.

Dans le bouddhisme theravâda (l’école ancienne), seules quelques personnes choisies peuvent devenir des bodhisattvas, comme Maitreya, présenté comme le « Bouddha à venir ».

Mais dans le bouddhisme mahâyâna (Grand Véhicule), un bodhisattva désigne toute personne qui a généré la bodhicitta, un souhait spontané et un esprit compatissant visant à atteindre l’état de bouddha pour le bien de « tous les êtres sensibles », hommes aussi bien qu’animaux. Etant donné qu’une personne peut, dans une vie future, se réincarner dans un animal, le respect des animaux s’impose.

Réincarnation

Tout en voulant construire sa propre vision sur certains fondements de l’hindouisme, l’une des plus anciennes religions du monde, Siddhartha introduisit néanmoins des changements révolutionnaires aux implications politiques importantes.

Dans la plupart des croyances impliquant la réincarnation (hindouisme, jaïnisme, sikhisme), l’âme humaine est immortelle et ne se disperse pas après la disparition du corps physique. Après la mort, l’âme transmigre simplement (métempsychose) dans un nouveau-né ou un animal pour poursuivre son immortalité. La croyance en la renaissance de l’âme a été exprimée par les penseurs grecs anciens, à commencer par Pythagore, Socrate et Platon.

Le but du bouddhisme est d’apporter un bonheur durable et inconditionnel. Celui de l’hindouisme est de se libérer du cycle de naissance et de renaissance (samsara) pour atteindre, finalement, le moksha, qui en est la libération.

Dans le bouddhisme, le samsara est souvent défini comme le cycle sans fin de la naissance, de la mort et de la renaissance. Il est présenté comme le monde de la souffrance et de l’insatisfaction, l’opposé du nirvana, qui est la seule manière d’être libéré de la souffrance et du cycle de renaissance.

Le bouddhisme et l’hindouisme s’accordent sur le karma, le dharma, le moksha et la réincarnation. Mais ils diffèrent politiquement dans la mesure où le bouddhisme se concentre sur l’effort personnel de chacun et accorde par conséquent une moindre importance aux prêtres et aux rituels formels que l’hindouisme. Enfin, le bouddhisme ne reconnaît pas la notion de caste et prône donc une société plus égalitaire.

Alors que l’hindouisme soutient que l’on ne peut atteindre le nirvana que dans une vie ultérieure, le bouddhisme, plus volontariste et optimiste, soutient qu’une fois qu’on a réalisé que la vie est souffrance, on peut mettre un terme à cette souffrance dans sa vie présente.

Les bouddhistes décrivent leur renaissance comme une bougie vacillante qui vient en allumer une autre, plutôt que comme une âme immortelle ou un « moi » passant d’un corps à un autre, ainsi que le croient les hindous. Pour les bouddhistes, il s’agit d’une renaissance sans « soi », et ils considèrent la réalisation du non-soi ou du vide comme le nirvana (extinction), alors que pour les hindous, l’âme, une fois libérée du cycle des renaissances, ne s’éteint pas, mais s’unit à l’Être suprême et entre dans un éternel état de félicité divine.

Les Aryens et le védisme

L’une des grandes traditions ayant façonné l’hindouisme est la religion védique (védisme), qui s’est épanouie chez les peuples indo-aryens du nord-ouest du sous-continent indien (Pendjab et plaine occidentale du Gange) au cours de la période védique (1500-500 av. J.-C.).

Au cours de cette période, des peuples nomades venus du Caucase et se désignant eux-mêmes comme « Aryens » (« noble », « civilisé » et « honorable ») pénétrèrent en Inde par la frontière nord-ouest.

Le terme « aryen » a une très mauvaise connotation historique, en particulier depuis le XIXe siècle, lorsque plusieurs antisémites virulents, tels qu’Arthur de Gobineau, Richard Wagner et Houston Chamberlain, ont commencé à promouvoir le mythe d’une « race aryenne », soutenant l’idéologie suprémaciste blanche de l’aryanisme qui dépeint la race aryenne comme une « race des seigneurs », les non-aryens étant considérés non seulement comme génétiquement inférieurs (Untermensch, ou sous-homme) mais surtout comme une menace existentielle à exterminer.

Bal Gangadhar Tilak.

D’un point de vue purement scientifique, dans son livre The Arctic Home (1903), le patriote indien Bal Gangadhar Tilak (1856-1920), s’appuyant sur son analyse des observations astronomiques contenues dans les hymnes védiques, émet l’hypothèse selon laquelle le pôle Nord aurait été le lieu de vie originel des Aryens pendant la période préglaciaire, région qu’ils auraient quittée vers 8000 avant J.-C. à cause de changements climatiques, migrant vers les parties septentrionales de l’Europe et de l’Asie. Gandhi disait de Tilak, l’un des pères du mouvement de l’indépendance du pays, qu’il était « l’artisan de l’Inde moderne ».

Les Aryens arrivant du Nord étaient probablement moins barbares qu’on ne l’a suggéré jusqu’à présent. Grâce à leur supériorité militaire et culturelle, ils conquirent toute la plaine du Gange, avant d’étendre leur domination sur les plateaux du Deccan.

Cette conquête a laissé des traces jusqu’à nos jours, puisque les régions occupées par ces envahisseurs parlent des langues indo-européennes issues du sanskrit. (*1)

Panini.

En réalité, la culture védique est profondément enracinée dans la culture eurasienne des steppes Sintashta (2200-1800 avant notre ère) du sud de l’Oural, dans la culture Andronovo d’Asie centrale (2000-900 avant notre ère), qui s’étend du sud de l’Oural au cours supérieur de l’Ienisseï en Sibérie centrale, et enfin dans la Civilisation de la vallée de l’Indus (Harappa) (4000-1500 avant notre ère).

Cette culture védique se fonde sur les fameux Védas (savoirs), quatre textes religieux consignant la liturgie des rituels et des sacrifices et les plus anciennes écritures de l’hindouisme. La partie la plus ancienne du Rig-Veda a été composée oralement dans le nord-ouest de l’Inde (Pendjab) entre 1500 et 1200 av. JC., c’est-à-dire peu après l’effondrement de la Civilisation de la vallée de l’Indus.

Le philologue, grammairien et érudit sanskrit Panini, qu’on croit être un contemporain de Bouddha, est connu pour son traité de grammaire sanskrite en forme de sutra, qui a suscité de nombreux commentaires de la part d’érudits d’autres religions indiennes, notamment bouddhistes.

Les Brahmanes et le système des castes

Un prêtre hindou.

Cependant, avec l’émergence de cette culture aryenne apparut ce que l’on appelle le « brahmanisme », c’est-à-dire la naissance d’une caste toute puissante de grands prêtres.

« De nombreuses études linguistiques et historiques font état de troubles socioculturels résultant de cette migration et de la pénétration de la culture brahmanique dans diverses régions, de l’ouest de l’Asie du Sud vers l’Inde du Nord, l’Inde du Sud et l’Asie du Sud-Est », constate aujourd’hui Gajendran Ayyathurai, un anthropologue indien de l’Université de Göttingen en Allemagne.

Le brahman, littéralement « supérieur », est un membre de la caste sacerdotale la plus élevée (à ne pas confondre avec les adorateurs du dieu hindou Brahma). Bien que le terme apparaisse dans les Védas, les chercheurs modernes tempèrent ce fait et soulignent qu’il « n’existe aucune preuve dans le Rig-Veda d’un système de castes élaboré, très subdivisé et très important ».

Mais avec l’émergence d’une classe dirigeante de brahmanes, devenus banquiers et propriétaires terriens, notamment sous la période Gupta (de 319 à 515 après J.-C.), un redoutable système de castes se met graduellement en place. La classe dirigeante féodale, ainsi que les prêtres, vivant des recettes des sacrifices, mettront l’accent sur des dieux locaux qu’ils intégreront progressivement au brahmanisme afin de séduire les masses. Même parmi les souverains, le choix des divinités indiquait des positions divergentes : une partie de la dynastie Gupta soutenait traditionnellement le dieu Vishnou, tandis qu’une autre soutenait le dieu Shiva.

Ce système déshumanisant des castes fut ensuite amplifié et utilisé à outrance par la Compagnie britannique des Indes orientales, une entreprise et une armée privée à la tête de l’Empire britannique, pour imposer son pouvoir aristocratique et colonial sur les Indes, une politique qui perdure encore aujourd’hui, surtout dans les esprits.

Le système hindou des castes s’articule autour de deux concepts clés permettant de catégoriser les membres de la société : le varṇa et la jati. Le varna (littéralement « couleur ») divise la société en une hiérarchie de quatre grandes classes sociales :

  1. Brahmanes (la classe sacerdotale)
  2. Kshatriyas (guerriers et dirigeants)
  3. Vaishyas (marchands)
  4. Shudras (travailleurs manuels) 

En outre, la jati fait référence à plus de 3000 classifications hiérarchiques, à l’intérieur des quatre varnas, entre les groupes sociaux en fonction de la profession, du statut social, de l’ascendance commune et de la localité…

La justification de cette stratification sociale est intimement liée à la vision hindouiste du karma. Car la naissance de chacun est directement liée au karma, véritable bilan de sa vie précédente. Ainsi, la naissance dans le varna brahmanique est le résultat d’un bon karma

Selon cette théorie, le karma détermine la naissance de l’individu dans une classe, ce qui définit son statut social et religieux, qui fixe à son tour ses devoirs et obligations au regard de ce statut spécifique.

En 2021, une enquête a révélé que trois Indiens sur dix (30 %) s’identifient comme membres des quatre varnas et seulement 4,3 % des Indiens (60,5 millions) comme des brahmanes.

Certains d’entre eux sont prêtres, d’autres exercent des professions telles qu’éducateurs, législateurs, érudits, médecins, écrivains, poètes, propriétaires terriens et politiciens. Au fur et à mesure de l’évolution de ce système de castes, les brahmanes ont acquis une forte influence en Inde et ont exercé une discrimination à l’encontre des autres castes « inférieures ».

Asvaghosa.

L’immense partie restante des Indiens (70 %), y compris parmi les hindous, déclare faire partie des dalits, encore appelés intouchables, des individus considérés, du point de vue du système des castes, comme hors castes et affectés à des fonctions ou métiers jugés impurs. Présents en Inde, mais également dans toute l’Asie du Sud, les dalits sont victimes de fortes discriminations. En Inde, une écrasante majorité de bouddhistes se déclarent dalits.

Dès le Ier siècle, le philosophe bouddhiste, dramaturge, poète, musicien et orateur indien Asvaghosa (v. 80 – v. 150 ap. J.-C.) a élevé la voix pour condamner ce système des castes, avec des arguments empruntés pour certains aux textes les plus vénérés des brahmanes eux-mêmes, et pour d’autres, fondés sur le principe de l’égalité naturelle entre tous les hommes.

Selon Asvaghosa,

Une allégorie bouddhiste rejette clairement et se moque de l’idée même du système de castes:

L’Inde avant le bouddhisme

L’époque du Bouddha est celle de la deuxième urbanisation de l’Inde et d’une grande contestation sociale.

L’essor des shramaṇas, des philosophes ou moines errants ayant rejeté l’autorité des Védas et des brahmanes, était nouveau. Bouddha n’était pas le seul à explorer les moyens d’obtenir la libération (moksha) du cycle éternel des renaissances (saṃsara).

Le constat que les rituels védiques ne menaient pas à une libération éternelle conduisit à la recherche d’autres moyens. Le bouddhisme primitif, le yoga et des courants similaires de l’hindouisme, jaïnisme, ajivika, ajnana et chârvaka, étaient les shramanas les plus importants.

Malgré le succès obtenu en diffusant des idées et des concepts qui allaient bientôt être acceptés par toutes les religions de l’Inde, les écoles orthodoxes de philosophie hindoue (astika) s’opposaient aux écoles de pensée shramaṇiques et réfutèrent leurs doctrines en les qualifiant d’hétérodoxes (nastika), parce qu’elles refusaient d’accepter l’autorité épistémique des Védas.

Pendant plus de quarante ans, le Bouddha sillonna l’Inde à pied pour diffuser son dharma, un ensemble de préceptes et de lois sur le comportement de ses disciples. À sa mort, son corps fut incinéré, comme c’était la coutume en Inde, et ses cendres furent réparties dans plusieurs reliquaires, enterrés dans de grands monticules hémisphériques connus sous le nom de stupas. Alors déjà, sa religion était répandue dans tout le centre de l’Inde et dans de grandes villes indiennes comme Vaishali, Shravasti et Rajagriha.

Les grands conciles bouddhistes

Quatre grands conciles bouddhistes furent organisés, à l’instigation de différents rois qui cherchaient en réalité à briser l’omnipuissante caste des brahmanes.

Le premier eut lieu en 483 avant J.-C., juste après la mort du Bouddha, sous le patronage du roi Ajatasatru (492-460 av. J.-C.) du Royaume du Magadha, le plus grand des seize royaumes de l’Inde ancienne, afin de préserver les enseignements du Bouddha et de parvenir à un consensus sur la manière de les diffuser.

Le deuxième intervint en 383 avant J.-C., soit cent ans après la mort du Bouddha, sous le règne du roi Kalashoka. Des divergences d’interprétation s’installant sur des points de discipline au fur et à mesure que les adeptes s’éloignaient les uns des autres, un schisme menaçait de diviser ceux qui voulaient préserver l’esprit originel et ceux qui défendaient une interprétation plus large.

Le premier groupe, appelé Thera (signifiant « ancien » en pâli), est à l’origine du bouddhisme theravâda, engagé à préserver les enseignements du Bouddha dans l’esprit originel.

L’autre groupe était appelé Mahasanghika (Grande Communauté). Ils interprétaient les enseignements du Bouddha de manière plus libérale et nous ont donné le bouddhisme Mahâyâna.

Les participants au concile tentèrent d’aplanir leurs divergences, sans grande unité mais sans animosité non plus. L’une des principales difficultés venait du fait qu’avant d’être consignés dans des textes, les enseignements du Bouddha n’avaient été transmis qu’oralement pendant trois à quatre siècles. (*2)

L’arrivée des Grecs

L’étendu de la langue (bleu foncé) et de l’influence grecques.

Ainsi que nous l’avons documenté par ailleurs, l’Asie centrale, et l’Afghanistan en particulier, furent le lieu de rencontre entre les civilisations perses, chinoises, grecques et indiennes.

C’est au Gandhara, région à cheval entre le Pakistan et l’Afghanistan, au cœur des Routes de la soie, que le bouddhisme prendra à deux reprises un envol majeur, donnant naissance à un art dit « gréco-bouddhiste », qui parviendra à faire la synthèse entre plusieurs cultures à travers des œuvres d’une beauté incomparable.

Darius le Grand.

Les premiers Grecs commencèrent à s’installer dans la partie nord-ouest du sous-continent indien à l’époque de l’Empire perse achéménide. Après avoir conquis la région, le roi perse Darius le Grand (521 – 486 av. J.-C.) colonisa également une grande partie du monde grec, qui comprenait à l’époque toute la péninsule anatolienne occidentale.

Lorsque des villages grecs se rebellaient sous le joug perse, ils faisaient parfois l’objet d’un nettoyage ethnique et leurs populations étaient déportées à l’autre bout de l’empire.

C’est ainsi que de nombreuses communautés grecques virent le jour dans les régions indiennes les plus reculées de l’empire perse.

Au IVe siècle avant J.-C., Alexandre le Grand (356 – 323 av. J.-C.) vainquit et conquit l’empire perse. En 326 avant J.-C., cet empire comprenait la partie nord-ouest du sous-continent indien jusqu’à la rivière Beas (que les Grecs nommaient l’Hyphase). Alexandre établit des satrapies et fonde plusieurs colonies. Il se tourne vers le sud lorsque ses troupes, conscientes de l’immensité de l’Inde, refusent de pousser plus loin encore vers l’est.

Après sa mort, son empire se délite. De 180 av. J.-C. à environ l’an 10 de notre ère, plus de trente rois hellénistiques se succèdent, souvent en conflit entre eux. Cette époque est connue dans l’histoire sous le nom des « Royaumes indo-grecs ».

L’un d’eux a été fondé lorsque le roi gréco-bactrien Démétrius envahit l’Inde en 180 avant notre ère, créant ainsi une entité faisant sécession avec le puissant royaume gréco-bactrien, la Bactriane (comprenant notamment le nord de l’Afghanistan, une partie de l’Ouzbékistan, etc.).

Pendant les deux siècles de leur règne, ces rois indo-grecs intégrèrent dans une seule culture des langues et des symboles grecs et indiens, comme en témoignent leurs pièces de monnaie, et mêlèrent les anciennes pratiques religieuses grecques, hindoues et bouddhistes, comme le montrent les vestiges archéologiques de leurs villes et les signes de leur soutien au bouddhisme.

L’Empire Maurya

Empire Maurya.

Vers 322 avant J.-C., les Grecs appelés Yona (Ioniens) ou Yavana dans les sources indiennes, participent, avec d’autres populations, au soulèvement de Chandragupta Maurya (né v. -340 et mort v. – 297), le fondateur de l’Empire maurya.

Le règne de Chandragupta ouvre une ère de prospérité économique, de réformes, d’expansion des infrastructures et de tolérance. De nombreuses religions ont ainsi prospéré dans son royaume et dans l’empire de ses descendants. Bouddhisme, jaïnisme et ajivika prennent de l’importance aux côtés des traditions védiques et brahmaniques, tout en respectant les religions minoritaires telles que le zoroastrisme et le panthéon grec.

Le règne d’Ashoka le Grand
(de 268 à 231 av. JC)

Ashoka le Grand.

L’Empire Maurya atteint son apogée sous le règne du petit-fils de Chandragupta, Ashoka le Grand, de 268 à 231 av. J.-C. (parfois écrit Asoka).

Huit ans après sa prise de pouvoir, Ashoka mène une campagne militaire pour conquérir le Kalinga, un vaste royaume côtier du centre-est de l’Inde. Sa victoire lui permet de conquérir un territoire plus vaste que celui de tous ses prédécesseurs. Grâce aux conquêtes d’Ashoka, l’Empire Maurya devient une puissance centralisée couvrant une grande partie du sous-continent indien, s’étendant de l’actuel Afghanistan à l’ouest à l’actuel Bangladesh à l’est, avec sa capitale à Pataliputra (proche de l’actuelle Patna en Inde).

Alors que l’Empire Maurya avait existé dans un certain désordre jusqu’en 185 av. J.-C., Ashoka va transformer le royaume en recourant à une violence extrême qui caractérise le début de son règne. On parle de 100 000 à 300 000 morts, rien que lors de la conquête du Kalinga !

Mais le poids d’un tel carnage plonge le roi dans une grave crise personnelle. Ashoka est gravement choqué par la multitude de vies arrachées par ses armées. L’édit N° 13 d’Ashoka reflète le profond remords ressenti par le roi après avoir observé la destruction de Kalinga :

Ashoka renonce alors aux démonstrations de force militaires et autres formes de violence, y compris la cruauté envers les animaux. Conquis par le bouddhisme, il se consacre alors à répandre sa vision du dharma, une conduite juste et morale. Il va encourager la diffusion du bouddhisme dans toute l’Inde. Selon l’archéologue et érudit français François Foucher, même si les cas de mauvais traitements envers les animaux ne disparurent pas du jour au lendemain, la croyance en la fraternité de tous les êtres vivants est plus florissante en Inde que partout ailleurs.

En 250 avant J.-C., Ashoka convoque le troisième concile bouddhique. Les sources theravâda mentionnent qu’en plus de régler les différends intérieurs, la principale fonction du concile était de planifier l’envoi de missionnaires bouddhistes dans différents pays afin d’y répandre la doctrine.

Missions bouddhistes envoyées par Ashoka.

Ces missionnaires allèrent jusqu’aux royaumes hellénistiques de l’ouest, en commençant par la Bactriane voisine. Des missionnaires furent également envoyés en Inde du sud, au Sri Lanka et en Asie du Sud-Est (peut-être en Birmanie).

La forte implication de ces missions dans l’éclosion du bouddhisme en Asie à l’époque d’Ashoka est solidement étayée par des preuves archéologiques. Le bouddhisme ne s’est pas répandu par pur hasard, mais dans le cadre d’une opération politique créative, stimulante et bien planifiée, tout au long des Routes de la soie.

Le Mahavamsa ou Grande chronique (XII, 1er paragraphe), relatant l’histoire des rois cinghalais et tamouls de Ceylan (aujourd’hui Sri Lanka), donne la liste des missionnaires bouddhistes envoyés par le Concile et Ashoka :

  • Le vieux Majjhantika prit la tête de la mission au Cachemire et au Gandhara (aujourd’hui le nord-ouest du Pakistan et l’Afghanistan) ;
  • L’aîné Mahadeva dirigea la mission dans le sud-ouest de l’Inde (Mysore, Karnataka) ;
  • Rakkhita, celle du sud-est de l’Inde (Tamil Nadu) ;
  • Le vieux Yona (Ionien, Grec) Dharmaraksita partit vers Aparantaka (« frontière occidentale », comprenant le nord du Gujarat, le Kathiawar, le Kachch et le Sindh, toutes des parties de l’Inde à l’époque) ;
  • L’aîné Mahadharmaraksita dirigea la mission de Maharattha (région péninsulaire occidentale de l’Inde) ;
  • Maharakkhita (Maharaksita Thera) fut envoyé au pays des Yona (Ioniens), probablement la Bactriane et peut-être le royaume séleucide ;
  • Majjhima Thera conduisit la mission dans la région d’Himavant (nord du Népal, contreforts de l’Himalaya) ;
  • Sona Thera et Uttara Thera, celles de Suvannabhumi (quelque part en Asie du Sud-Est, peut-être au Myanmar ou en Thaïlande) ;
  • Enfin, Mahinda, fils aîné d’Ashoka et donc le Prince de son royaume, accompagné de ses disciples Utthiya, Ittiya, Sambala et Bhaddasala, se rendit à Lankadipa (Sri Lanka).

Certaines de ces missions furent couronnées de succès, permettant d’implanter le bouddhisme en Afghanistan, au Gandhara et au Sri Lanka, par exemple.

Le bouddhisme gandharien, le gréco-bouddhisme et le bouddhisme cinghalais ont puissamment inspiré le développement du bouddhisme dans le reste de l’Asie, notamment en Chine, et ceci pendant des générations.

Si les missions dans les royaumes hellénistiques méditerranéens semblent avoir été moins fructueuses, il est possible que des communautés bouddhistes se soient établies pendant une période limitée dans l’Alexandrie égyptienne, ce qui pourrait être à l’origine de la secte dite des Therapeutae, mentionnée dans certaines sources anciennes comme Philon d’Alexandrie (v. 20 av. J.-C. – 50 apr. J.-C.).

Le courant juif des Esséniens et les Thérapeutes d’Alexandrie seraient des communautés fondées sur le modèle du monachisme bouddhique. « C’est l’Inde qui serait, selon nous, au départ de ce vaste courant monastique qui brilla d’un vif éclat durant environ trois siècles dans le judaïsme même », affirme l’historien français André Dupont-Sommer, et cette influence aurait même contribué, selon lui, à l’émergence du christianisme.

Edits d’Ashoka

Un pilier proche du stupa d’Ananda, à Vaisali en Inde.
Un pilier d’Ashoka.

Ashoka transmettait ses messages par le biais d’édits gravés sur des piliers et des rochers en divers lieux du royaume, proches des stupas, sur des lieux de pèlerinage et le long de routes commerciales très fréquentées.

Une trentaine d’entre eux ont été conservés. Ils sont souvent rédigés non pas en sanskrit, mais en grec (la langue du royaume gréco-bactrien voisin et des communautés grecques du royaume d’Ashoka), en araméen (langue officielle de l’ancien empire achéménide) ou en divers dialectes du prâkrit (une langue indo-aryenne moyenne), y compris le gândhârî ancien, langue parlée au Gandhara. (*3)

Ces édits utilisaient la langue pertinente pour la région. Par exemple, en Bactriane, ou les Grecs dominaient, on trouve près de l’actuelle Kandahar un édit rédigé uniquement en grec et en araméen.

Contenu des édits

Pilier d’Ashoka.

Certains d’entre eux reflètent l’adhésion profonde d’Ashoka aux préceptes du bouddhisme et ses relations étroites avec le Sangha, l’ordre monastique bouddhiste. Il utilise également le terme spécifiquement bouddhiste de dharma pour désigner les qualités du cœur qui sous-tendent l’action morale.

Dans son édit mineur sur rocher N° 1, le roi se déclare « adepte laïc de l’enseignement du Bouddha depuis plus de deux ans et demi », mais avoue que jusqu’ici, il n’a « pas fait grand progrès ». « Depuis un peu plus d’un an, je me suis rapproché de l’Ordre », ajoute-t-il.

Dans l’édit mineur sur rocher N° 3 de Calcutta-Bairat, il affirme : « Tout ce qui a été dit par le Bouddha a été bien dit », décrivant les enseignements du Bouddha comme le véritable dharma.

Ashoka a reconnu les liens étroits entre l’individu, la société, le roi et l’État. Son dharma peut être compris comme la moralité, la bonté ou la vertu, et l’impératif de le poursuivre lui a donné le sens du devoir. Les inscriptions expliquent que le dharma intègre la maîtrise de soi, la pureté de la pensée, la libéralité, la gratitude, la dévotion ferme, la véracité, la protection de la parole et la modération dans les dépenses et les possessions.

Le dharma a également un aspect social. Il comprend l’obéissance aux parents, le respect des aînés, la courtoisie et la libéralité envers les adorateurs de Brahma, la courtoisie envers les esclaves et les serviteurs, et la libéralité envers les amis, les connaissances et les parents.

La non-violence, qui consiste à s’abstenir de blesser ou de tuer tout être vivant, était un aspect important du dharma d’Ashoka. Ne tuer aucun être vivant est décrit comme faisant partie du bien (Édit mineur sur rocher N° 11), de même que la douceur à leur égard (Édit mineur sur rocher N° 9). L’accent mis sur la non-violence s’accompagne de l’incitation à une attitude positive d’attention, de douceur et de compassion.

Ashoka adopte et préconise une politique fondée sur le respect et la tolérance des autres religions. L’un de ses édits préconise :

Loin d’être sectaire, Ashoka, s’appuyant sur la conviction que toutes les religions partagent une essence commune et positive, encourage la tolérance et la compréhension des autres religions :

Et il précise :

Ashoka avait l’idée d’un empire politique et d’un empire moral, le second englobant le premier. Sa conception de sa circonscription s’étendait au-delà de ses sujets politiques pour inclure tous les êtres vivants, humains et animaux, vivant à l’intérieur comme à l’extérieur de son domaine politique. Ses inscriptions expriment sa conception paternelle de la royauté et décrivent ses mesures d’aide sociale, notamment la fourniture de traitements médicaux, la plantation d’herbes, d’arbres et de racines pour les hommes et les animaux, et le creusement de puits le long des routes (Edit majeur sur rocher N°2). Les efforts du roi pour propager son dharma ne se limitaient pas à son propre domaine politique, mais s’étendaient aux royaumes des autres souverains.

Le Dharmachakra, la « Roue du Dharma » ou « Roue de la Loi », est un symbole représentant la doctrine bouddhiste.

L’empereur est devenu un sage. Il dirige un gouvernement centralisé depuis Pataliputra, capitale de l’Empire Maurya. Son administration perçoit des impôts et il demande à ses inspecteurs de lui rendre des comptes. L’agriculture se développe grâce à des canaux d’irrigation. Il fait construire des routes de qualité pour relier les points stratégiques et les centres politiques, exigeant, des siècles avant notre grand Sully en France, qu’elles soient bordées d’arbres d’ombrage, de puits et d’auberges.

Si l’existence même d’Ashoka en tant que personnage historique a été quasiment oubliée, depuis le déchiffrement de sources écrites en brahmi au XIXe siècle, il est désormais considéré comme l’un des plus grands empereurs indiens. La roue bouddhiste d’Ashoka figure d’ailleurs sur le drapeau indien.

Comme nous l’avons déjà dit, Ashoka et ses descendants ont utilisé leur pouvoir pour construire des monastères et répandre l’influence bouddhiste en Afghanistan, dans de vastes régions de l’Asie centrale, au Sri Lanka et, au-delà, en Thaïlande, Birmanie, Indonésie, puis en Chine, en Corée et au Japon.

Des statues en bronze de son époque ont été déterrées dans les jungles d’Annam, de Bornéo et des Célèbes. La culture bouddhiste s’est implantée dans l’ensemble de l’Asie du Sud-Est, même si chaque région a su conserver une partie de sa personnalité et de son caractère propres.

L’Empire Kouchan
(du Ier siècle av. JC au IIIe siècle)

L’Empire Kouchan.

L’Empire Maurya, qui régnait sur la Bactriane et d’autres anciennes satrapies grecques, s’effondra en 185 avant J.-C., à peine cinq décennies après la mort d’Ashoka, accusé d’avoir trop dépensé pour les temples et les missions bouddhistes. Les mafias brahmaniques, qui avaient abhorré son règne, revinrent immédiatement au pouvoir.

Mais la période est turbulente. Au premier siècle avant J.C., les Kouchans, l’une des cinq branches de la confédération nomade chinoise Yuezhi, émigrent du nord-ouest de la Chine (Xinjiang et Gansu) et s’emparent, après les nomades iraniens Saka, de l’ancienne Bactriane.

Ils forment l’Empire kouchan dans les territoires de la Bactriane. Cet empire s’étend assez vite à une grande partie de ce qui est aujourd’hui l’Ouzbékistan, l’Afghanistan, le Pakistan et le nord de l’Inde, au moins jusqu’à Saketa et Sarnath, près de la ville de Varanasi (Bénarès).

Bénarès (Varanasi).

Le fondateur de la dynastie kouchane, Kujula Kadphisès, qui suit les idées culturelles et l’iconographie grecques après la tradition gréco-bactrienne, est un adepte de la secte shivaïte de l’hindouisme. Deux rois kouchans ultérieurs, Vima Kadphisès et Vasudeva II, furent également des mécènes de l’hindouisme et du bouddhisme. La patrie de leur empire se trouvait en Bactriane, où le grec était initialement la langue administrative, avant d’être remplacé par le bactrien écrit en caractères grecs jusqu’au VIIIe siècle, lorsque l’islam le remplace par l’arabe.

Kanishka le Grand.

Les Kouchans devinrent également de grands mécènes du bouddhisme, en particulier l’empereur Kanishka le Grand (78-144 après J.-C.), qui joua un rôle important dans sa diffusion, via les Routes de la soie, vers l’Asie centrale et la Chine, inaugurant une période de paix relative de 200 ans, parfois décrite comme la « Pax Kouchana ».

Il semble également que dès ses débuts, le bouddhisme ait prospéré dans la classe des marchands, à qui la naissance interdisait l’accès aux ordres religieux de l’Inde et de l’Himalaya. La pensée et l’art bouddhistes se développèrent grâce aux routes commerciales entre l’Inde, l’Himalaya, l’Asie centrale, la Chine, la Perse, l’Asie du Sud-Est et l’Occident. Les voyageurs recherchaient la protection des images bouddhistes et faisaient des offrandes aux sanctuaires le long de la route, ramassant des objets et des sanctuaires portables pour leur usage personnel.

Le terme quatrième concile bouddhiste désigne deux évènements différents selon les écoles theravâda et mahâyâna.

1) La tradition theravâda : afin d’éviter que ne se perde l’enseignement du Bouddha, qui se serait jusqu’alors transmis oralement, cinq cents moines menés par le Vénérable Maharakkhita se réunirent à Tambapanni (Sri Lanka), sous le patronage du roi Vattagamani (r. 103 – 77 av. J.-C.) afin de coucher par écrit sur des feuilles de palme le Canon pâli. (*4)

Le travail, qui aurait duré trois ans, se serait déroulé dans la grotte Aloka lena, près de l’actuel Matale.

2) Selon la tradition mahâyâna, c’est 400 ans après l’extinction du Bouddha que cinq cents moines sarvastivadin se réunirent en 72 après J.-C. au Cachemire pour compiler et clarifier leurs doctrines sous la direction de Vasumitra et sous le patronage personnel de l’empereur Kanishka. Ils auraient ainsi produit le Mahavibhasa (Grande exégèse) en sanskrit.

Selon plusieurs sources, le moine bouddhiste indien Asvaghosa, considéré comme le premier dramaturge classique sanskrit et dont nous avons évoqué plus haut les attaques contre le système des castes, était le conseiller spirituel du roi Kanishka dans les dernières années de sa vie.

Parmi les plus anciens manuscrits bouddhiques trouvés au Gandhara, un des vingt-sept rouleaux d’écorce de bouleau acquis par la British Library en 1994 et datant du Ier siècle.

A noter que les plus anciens manuscrits bouddhiques découverts à ce jour, tels que les vingt-sept rouleaux d’écorce de bouleau acquis par la British Library en 1994 et datant du Ier siècle, ont été trouvés, non pas en Inde, mais enterrés dans les anciens monastères du Gandhara, la région centrale de l’empire maurya et kouchan, qui comprend les vallées de Peshawar et de Swat (Pakistan) et s’étend vers l’ouest jusqu’à la vallée de Kaboul en Afghanistan et vers le nord jusqu’à la chaîne du Karakoram

Ainsi, après le grand élan donné par le roi Ashoka le Grand, la culture du Gandhara connaîtra un second souffle sous le règne du roi kouchan Kanishka Ier.

Les villes de Begram, Taxila, Purushapura (aujourd’hui Peshawar) et Surkh Kotal atteignent alors des sommets de développement et de prospérité.

Le miracle de Gandhara

C’est peu dire que le Gandhara, surtout à l’époque kouchane, fut au cœur d’une véritable renaissance de la civilisation, avec une incroyable concentration de productions artistiques et une inventivité sans pareil. Si l’art bouddhiste était principalement centré sur les temples et les monastères, les objets de dévotion personnelle étaient très courants.

Grâce à l’art du Gandhara, le bouddhisme se mua en une grande force de beauté, d’harmonie et de paix, conquérant le monde.

Il favorisa alors une création artistique qui élève la pensée et la moralité en faisant appel à des paradoxes métaphoriques.

Les médiums et supports qui prévalent sont la peinture sur soie, les fresques, les livres illustrés et gravures, la broderie et autres arts du tissu, la sculpture (bois, métal, ivoire, pierre, jade) et l’architecture. Quelques exemples :

A. La poésie

Diffusion du bouddhisme dans le monde.

Pour la plupart des Occidentaux, le bouddhisme est une émanation typique de la culture asiatique, généralement associée à l’Inde, au Tibet, au Népal, mais aussi à la Chine et à l’Indonésie.

Peu de gens savent que les plus anciens manuscrits bouddhistes connus à ce jour (Ier siècle de notre ère) ont été découverts, non pas en Asie, mais en Asie centrale, dans d’anciens monastères bouddhistes du Gandhara.

A l’origine, avant leur transcription en sanskrit (pendant longtemps la langue des élites), ils étaient écrits en gândhârî, une langue indo-aryenne du groupe prâkrit, transcrit avec l’alphabet kharosthi (une ancienne écriture indo-iranienne). Le gândhârî était la lingua franca de la pensée bouddhiste à ses débuts. Preuve en est, les manuscrits bouddhistes écrits en gândhârî qui ont voyagé jusqu’en Chine orientale pour se retrouver dans les inscriptions de Luoyang et d’Anyang.

Grottes de Longmen à Lyoyang en Chine.

Afin de préserver leurs écrits, les bouddhistes étaient à l’avant-garde de l’adoption des technologies chinoises liées à la fabrication de livres, notamment le papier et la xylographie. Cette technique d’impression consiste à reproduire le texte à imprimer sur une feuille de papier transparente qui est retournée et gravée sur une planche de bois tendre. L’encrage des parties saillantes permet ensuite des tirages multiples. C’est ce qui explique que le premier livre entièrement imprimé est le Sutra du diamant bouddhique (vers 868) réalisé par ce procédé

Le Khaggavisana Sutta, littéralement « la corne du rhinocéros », est une expression authentique de la poésie religieuse bouddhiste originale. Connu sous le nom de Sutra du rhinocéros, cette œuvre poétique fait partie du recueil pâli de textes courts Kuddhhaka Nikava, la cinquième partie du Sutta Pitaka, écrit au Ier siècle de notre ère.

Parce que la tradition accorde au rhinocéros asiatique une vie solitaire dans la forêt, l’animal n’aime pas les troupeaux, ce sutra (enseignement) porte le titre approprié d’essai « sur la valeur de la vie solitaire et errante ». L’allégorie du rhinocéros permet de communiquer aux dévots un sens aigu de la souveraineté individuelle que requièrent les engagements moraux prescrits par le Bouddha pour mettre fin à la souffrance en se déconnectant des plaisirs et des douleurs terrestres.

Extrait :

Refuser la violence à l’égard de tous les êtres,
ne jamais faire de mal à un seul d’entre eux,
aider avec compassion et un cœur aimant ;
erre seul comme un rhinocéros.

Celui qui tient compagnie nourrit l’affection
et de l’affection naît la souffrance.
Réalisant le danger qui découle de l’affection,
erre seul comme un rhinocéros.

En sympathisant avec les amis et les compagnons,
l’esprit se fixe sur eux et perd son chemin.
Percevoir ce danger, c’est la familiarité,
erre seul comme un rhinocéros.

Les préoccupations que l’on a pour ses fils et ses femmes
sont comme une pensée et un bambou enchevêtré.
Reste démêlé comme un jeune bambou,
erre seul comme un rhinocéros.

Comme un cerf qui erre librement dans la forêt,
va où il veut en broutant,
un homme sage, qui chérit sa liberté,
erre seul comme le rhinocéros.

Laissez derrière vous vos fils, vos femmes et votre argent,
tous vos biens, vos parents et vos amis.
Abandonnez tous vos désirs, quels qu’ils soient,
erre seul comme le rhinocéros. (…)

B. La littérature

Deux autres chefs-d’œuvre tirés du même recueil sont d’une part les célèbres Jataka (Récits des vies antérieures du Bouddha), et d’autre part, le Milindapanha (Les questions du roi Milinda).

Les Jataka, qui mettent en scène de nombreux animaux, montrent comment, avant la dernière incarnation humaine au cours de laquelle il atteignit le nirvana, le Bouddha lui-même s’était réincarné d’innombrables fois en animal (en diverses sortes de poissons, en crabe, coq, pivert, perdrix, francolin, caille, oie, pigeon, corbeau, zèbre, buffle, plusieurs fois en singe ou en éléphant, en antilope, cerf et cheval).

Et puisque c’est Bouddha qui est incarné dans cet animal, celui-ci a soudainement des propos d’une grande sagesse.

Mais en d’autres occasions, ce sont des personnages qui sont des animaux alors que notre Bodhisattva apparaît sous forme humaine. Ces contes sont souvent pimentés d’un humour piquant. On sait d’ailleurs qu’elles ont inspiré La Fontaine, qui a dû les entendre du docteur François Bernier, qui les avait lui-même apprises alors qu’il était médecin en Inde pendant huit ans.

Les questions du roi Milinda est un compte-rendu imagé, véritable dialogue platonicien entre le roi grec de Bactriane, Milinda (le Grec, Ménandre), qui régnait au Pendjab, et le sage bouddhiste Bhante Nagasena. Leur dialogue animé, dramatique et spirituel, éloquent et inspiré, explore les divers problèmes de la pensée et de la pratique bouddhistes du point de vue d’un intellectuel grec perspicace, à la fois perplexe et fasciné par la religion étrangement rationnelle qu’il découvre sur le sous-continent indien.

Par le biais de paradoxes, Nagasena amène le « rationaliste » grec à s’élever jusqu’à la dimension spirituelle, au-delà de la logique et de la simple rationalité. Car le nirvana, tout comme l’espace, n’a « pas de cause » formelle et, bien qu’il peut se produire, « ne peut pas être causé ». Mince, comment faire alors pour y aboutir ?

Et à l’un de ses disciples qui un jour lui posa la question de savoir si l’univers était fini ou infini, éternel ou non, si l’âme était distincte du corps, ce que devenait l’homme après la mort, le Bouddha répondit par une parabole :

C. Urbanisme

Ruines de Taxila.

Taxila ou Takshashila (aujourd’hui au Pendjab), l’un des grands centres urbains et, pendant un certain temps, la capitale du Gandhara, fut fondée vers 1000 avant J.-C. sur les ruines d’une cité datant de la période Harappa et située sur la rive orientale de l’Indus, point de jonction entre le sous-continent indien et l’Asie centrale.

Certaines ruines de Taxila datent de l’époque de l’empire perse achéménide, suivi successivement par l’Empire Maurya, le royaume indo-grec, les Indo-Scythes et l’empire kouchan.

D’après certains témoignages, l’université de l’ancienne Taxila (des siècles avant l’université bouddhiste résidentielle de Nalanda fondée en 427 après J.-C.) peut être considérée comme l’un des premiers centres d’enseignement d’Asie du Sud. Dès 800 av. J.-C., la ville fonctionnait en grande partie comme une université, offrant des études supérieures. Avant d’y être admis, les étudiants devaient avoir terminé ailleurs leurs études primaires et secondaires. L’âge minimum requis était de seize ans. Non seulement les Indiens, mais aussi les étudiants de contrées voisines comme la Chine, la Grèce et l’Arabie affluaient dans cette ville d’apprentissage.

Chanakya.

Vers 321 avant J.-C., c’est le grand philosophe, enseignant et économiste du Gandhara, Chanakya (375 à 283 av. J.-C.) qui aida le premier empereur maurya, Chandragupta, à accéder au pouvoir.

Sous la tutelle de Chanakya, Chandragupta avait reçu une éducation complète à Taxila, englobant les différents arts de l’époque, y compris l’art de la guerre, pendant sept à huit ans.

En 303 avant J.-C., Taxila tomba entre leurs mains et sous Ashoka le Grand, le petit-fils de Chandragupta, la ville devint un grand centre de l’enseignement et de l’art bouddhiste.

Chanakya, dont les écrits n’ont été redécouverts qu’au début du XXe siècle et qui fut le principal conseiller des deux empereurs Chandragupta et de son fils Bindusara, est considéré comme ayant joué un rôle majeur dans l’établissement de l’Empire Maurya.

Également connu sous les noms de Kauṭilya et Vishnugupta, Chanakya est l’auteur de l’Arthashastra, un traité politique sanskrit sur l’art de gouverner, la science politique, la politique économique et la stratégie militaire. L’Arthashastra aborde également la question d’une éthique collective assurant la cohésion de la société.

Il conseille au roi de lancer de grands projets de travaux publics dans les régions dévastées par la famine, les épidémies et autres catastrophes naturelles, ou par la guerre, tels que la création de voies d’irrigation et la construction de forts autour des principaux centres de production et villes stratégiques, et d’exonérer d’impôts les personnes touchées par ces catastrophes.

Au IIe siècle avant notre ère, Taxila fut annexée par le royaume indo-grec de Bactriane qui y érigea une nouvelle capitale nommée Sirkap, où des temples bouddhistes côtoyaient des temples hindous et grecs, signe de tolérance religieuse et de syncrétisme. Sirkap fut construite selon le plan quadrillé hippodamien (*5) caractéristique des villes grecques

Elle s’organise autour d’une avenue principale et de quinze rues perpendiculaires, couvrant une surface d’environ 1200 mètres sur 400, avec un mur d’enceinte de 5 à 7 mètres de large et de 4,8 kilomètres de long.

Après sa construction par les Grecs, la ville fut reconstruite lors des incursions des Indo-Scythes, puis par les Indo-Parthiens, après un tremblement de terre en l’an 30 de notre ère.

Certaines parties de la ville, notamment le stupa (reliquaire) bouddhiste de l’aigle bicéphale et le temple du dieu Soleil, furent construites par Gondophares, le premier roi du royaume indo-parthien. Enfin, des inscriptions datant de l’an 76 de notre ère démontrent que la ville était déjà passée sous la domination des Kouchans. Le souverain kouchan Kanishka érigera Sirsukh, à environ 1,5 km au nord-est de l’ancienne Taxila.

Des sutras bouddhistes de la région du Gandhara sont étudiés en Chine dès 147 de notre ère, lorsque le moine kouchan Lokakṣema (né en 147) commença à traduire en chinois certains des premiers sutras bouddhistes. Les plus anciennes de ces traductions montrent qu’elles ont été faites à partir de la langue

D. Architecture, l’invention des stupas

Le stupa de Sanchi.

A l’origine, les édifices religieux sous forme de stupa (reliquaire) ont été érigés en Inde comme monuments commémoratifs associés à la conservation des reliques sacrées du Bouddha.

Construits en forme de dôme, ils sont entourés d’une balustrade qui sert de rampe pour la circumambulation rituelle. On accède à la zone sacrée par des portes situées aux quatre points cardinaux. Les stupas se situent souvent à proximité de sites funéraires préhistoriques beaucoup plus anciens, associés notamment à la Civilisation de la vallée de l’Indus.

Site de Garnal Sarhi, Gandhara, Pakistan.

Des grilles et des portails en pierre, recouverts de sculptures, leur ont été ajoutés. Les thèmes favoris sont les événements de la vie historique du Bouddha, ainsi que de ses vies antérieures, au nombre de 550, décrites avec beaucoup d’ironie dans les Jatakas. (Voir B)

Les bas-reliefs des stupas sont comme des bandes dessinées qui nous racontent la vie quotidienne et religieuse du Gandhara : amphores, coupes à vin (kantaros), bacchanales, instruments de musique, vêtements grecs ou indiens, ornements, coiffures arrangées à la grecque, artisans, leurs outils, etc.

Sur un vase trouvé à l’intérieur d’un stupa, on trouve l’inscription d’un Grec, Théodore, gouverneur civil d’une province au Ier siècle avant J.-C., expliquant en alphabet kharosthi comment les reliques ont été déposées dans le stupa.

On pense que de nombreux stupas datent de l’époque d’Ashoka, comme celui de Sanchi (Inde centrale) ou de Kesariya (Inde de l’Est), où il a également érigé des piliers avec ses édits, et peut-être ceux de Bharhut (Inde centrale), Amaravati (sud-est de l’Inde) ou Dharmarajika (Taxila) dans le Gandhara (Pakistan).

Selon la tradition bouddhiste, l’empereur Ashoka aurait récupéré les reliques du Bouddha dans des stupas plus anciens et en aurait fait ériger 84 000 pour répartir l’ensemble de ces reliques sur tout le territoire indien.

Marchant dans les pas d’Ashoka, Kanishka ordonna la construction à Purushapura (Peshawar) du grand stupa de 400 pieds qui figure parmi les plus hauts édifices du monde antique.

Stupa de Kesanya.

Les archéologues qui en ont redécouvert la base en 1908-1909 ont estimé que ce stupa avait un diamètre de 87 mètres. Selon les rapports de pèlerins chinois tels que Xuanzang, il faisait environ 200 mètres de haut et était recouvert de pierres précieuses. Sous les Kouchans également, d’immenses statues du Bouddha furent érigées dans les monastères ou sculptées à flanc de colline.

E. Sculpture

PERIODE ANICONIQUE

Il est important de rappeler que dans les premiers temps, Bouddha n’était jamais représenté sous forme humaine.

Représentations aniconiques de Bouddha.

Pendant plus de quatre siècles, sa présence est simplement suggérée par des éléments symboliques tel qu’une empreinte de pieds, une fleur de lotus (indiquant la pureté de sa naissance), une roue à huit rayons (symbolisant la dharma), un trône vide, un espace inoccupé sous un parasol, un cheval sans cavalier ou encore le figuier sous lequel il a atteint le nirvana.

–FIN DE L’ANICONISME

Ce qui a conduit les bouddhistes à renoncer aux représentations aniconiques reste un vaste mystère. Un tel développement est assez unique dans l’histoire des religions. Imaginons soudainement les musulmans promouvant des statues du prophète Mohammed !

Les explications avancées jusqu’ici nous laissent sur la faim.

Pour les uns, les bouddhistes auraient voulu séduire une clientèle grecque, mais aussi bien les populations grecques que le bouddhisme était au Gandhara bien avant la révolution iconographique en question.

Pour les autres, les pratiquants, en l’absence de Bouddha lui-même, auraient cherché désespérément un centre d’intérêt visuel, soit une statue, une peinture ou mêmes quelques cheveux… Ces représentations symboliques, on l’a vu, répondaient à cette demande.

Bouddha, rapporte-t-on, aurait refusé qu’il soit représenté d’aucune façon, craignant de voir prospérer l’idolâtrie.

Avec le temps, le bouddhisme va évoluer. Au Gandhara, c’est le bouddhisme mahâyâna (Grand Véhicule) qui s’épanouit. Pour ce courant, l’objectif ne se limite plus à atteindre le nirvana à titre personnel mais de libérer toute l’humanité de la souffrance.

Si pour le bouddhisme theravâda, Siddhartha Gautama n’était qu’un homme éclairé donnant l’exemple, pour le bouddhisme mahâyâna, il s’agit indubitablement, avec Bouddha, d’une tentative (réussie) de personnifier le dharma (la force spirituelle omniprésente, le principe ultime et suprême de la vie) dans la conception du premier de tous les bouddhas. Une sorte de Jésus, un dieu devenu homme pour ainsi dire…

Comme plus tard Jésus dans le christianisme à partir du Ve siècle, Bouddha pouvait dès lors être représenté sous une forme humaine.

Certains bouddhas du Gandhara représentent également des états d’âme spécifiques, tels que la sagesse, la tendresse et la compassion.

Contrairement à de nombreux artistes chrétiens chez nous, qui, conformément à la doxa, ont représenté le Christ souffrant sur la Croix (événement fondamental de la foi chrétienne), les artistes du Gandhara présentent Bouddha comme un être totalement détaché de la douleur humaine, regardant avec compassion l’humanité tout entière.

Le but étant d’éliminer la souffrance chez tous les hommes, la compassion n’est pas une notion passive chez les bouddhistes. Ce n’est pas seulement de l’empathie, mais plutôt un altruisme empathique qui s’efforce activement de libérer les autres de la souffrance, un acte de bienveillance empreinte à la fois de sagesse et d’amour.

DIFFERENCES DE FORME, DIFFERENCE DE CONTENU

Avant de discuter de leurs différences, pour faire simple, distinguons ici, parmi tant d’autres, quatre types de représentations de bouddha:

  1. L’école dite « greco-bouddhique » de Gandhara produite dans la région qui va de Hadda (Afghanistan) à Taxila (Pundjab) en passant par Peshawar (Pakistan);
  2. L’école dite « indo-bouddhique » de Mathura;
  3. L’école d’Andra Pradesh, au sud de l’Inde;
  4. L’école de la période Gupta (3e au 5e siècle).

1. Greco-Bouddhique au Gandhara

Le terme « greco-bouddhique », renvoie à la thèse de l’archéologue Alfred Foucher (1865-1952) soutenue à la Sorbonne en 1905 sur l’art du Gandhara.

Comme l’écrivait André Malraux (1901-1976) dans les « Voix du silence », en 1951, l’art gréco-bouddhique est cette rencontre entre hellénisme et bouddhisme. Au lieu de dire que l’art venu de Grèce s’était métamorphosé en art bouddhique comme le disait Malraux, je pense plutot qu’au Gandhara, c’est l’art bouddhique qui s’est approprié le meilleur de l’esthétique indienne, grecque et des steppes.

Cependant, Foucher avait raison d’insister, contre ses amis anglais, qu’il s’agit bien d’une influence hellénique et non pas romaine. De leur coté, avec l’Inde s’émancipant de l’Empire britannique, les savants indiens ont tenté de valider la thèse d’une création autochtone de l’image de Buddha, opposant au style du Gandhara, que Foucher voulait gréco-bouddhique, le style de Mathura, dans la région de Delhi, lui aussi englobé dans l’empire des Kouchans, et vu par certains comme contemporain, même s’il est beaucoup moins prolixe que l’art du Gandhara.

L’art du Gandhara prit véritablement son essor à l’époque kouchane, et plus particulièrement sous le règne du roi Kanishka.

Des milliers d’images furent produites et répandues dans tous les coins de la région, depuis les bouddhas portatifs jusqu’aux statues monumentales des lieux de culte sacrés.

Au Gandhara, pour figurer Bouddha, on représente d’une façon très réaliste une belle personne, souvent un jeune homme, voire une femme. La charge spirituelle est telle que le genre n’est plus essentiel. On ne sait pas s’il s’agit de beaux portraits pris sur le vif, ou de purs fruits de l’imagination des artistes.

Bouddha y est souvent montré en posture méditative afin d’évoquer le moment où il atteint le nirvana.

Couronné d’une auréole, le visage grave ou souriant, les yeux mi-clos, il irradie la lumière. Plein de sérénité, il incarne le détachement, la concentration, la sagesse et la bienveillance.

Ses cheveux en chignon (l’ushnisha) au sommet du crâne indiquent qu’il est doué d’une connaissance supramondaine. Le point noire entre les deux yeux symbolise le troisième œil, celui de l’éveil.

Dans certaines sculptures, cette cavité contient une perle de cristal, symbole de lumière irradiante. Les lobes d’oreilles sont allongés et servent à accueillir les lourds bijoux que portait autrefois le jeune prince Siddhartha, durant sa jeunesse princière.

Le positionnement des mains, comme dans le reste de l’art indien, répond à des codes. Il peut s’agir de « l’abhayamudra », le geste qui rassure, la paume de la main tournée vers l’extérieur ; de la « varamudra », qui symbolise le don, la main pendante et ouverte avec le bras à demi plié, ou encore de la « vitarkamudra », qui symbolise l’argumentation, la main levée à hauteur de la poitrine, à demi fermée, paume en avant, l’index recourbé vers le pouce.

Au Gandhara, Bouddha est vêtu d’un manteau monastique qui lui couvre les deux épaules. L’étoffe n’est ni taillée, ni cousue, mais simplement drapée à la grecque autour du corps. Les plis à peine stylisés suivent les volumes naturels.

Le roi Kanitscha encouragea à la fois l’école d’art gréco-bouddhique du Gandhara (à Taxila, Peshawar et Hadda) et l’école indo-bouddhique (à Mathura, plus proche de l’Inde).

2. Ecole de Mathura

A Mathura, les artistes ont produit un Bouddha très différent. Son corps est dilaté par le souffle sacré (prana) et sa robe monastique est drapée à l’indienne de manière à laisser l’épaule droite dénudée.

On pense que les artistes, pour plaire à un public local, se sont inspirés des statues de yaksha, des esprits de la nature.

Dans les mythologies hindoue, jaïne et bouddhiste, le yakṣha a une double personnalité.

D’un côté, ce peut être une fée de nature inoffensive, associée aux forêts et aux montagnes ; mais il existe une version beaucoup plus sombre du yakṣa, qui est une sorte d’ogre, de fantôme ou de démon anthropophage qui harcèle et dévore les voyageurs.

3. Ecole d’Andrah Pradesh

Un troisième type de bouddha influent s’est développé dans l’Andhra Pradesh, au sud de l’Inde, où des représentations aux proportions imposantes, au visage grave, sans sourire, sont vêtues de robes qui laissent également apparaître l’épaule droite.

Ces sites méridionaux ont servi d’inspiration artistique à la terre bouddhiste du Sri Lanka, à la pointe sud de l’Inde, et les moines sri-lankais s’y rendaient régulièrement. Un certain nombre de statues de ce style se sont également répandues dans toute l’Asie du Sud-Est.

4. Ecole Gupta

La période Gupta, du IVe au VIe siècle de notre ère, dans le nord de l’Inde, souvent qualifiée d’âge d’or, est supposée avoir synthétisé les deux courants. En réalité, en cherchant une image idéale, elle a sombré dans le maniérisme. Les bouddhas gupta ont les cheveux disposés en petites boucles individuelles et leur tunique arbore un réseau de cordelettes suggérant les plis des draperies (comme à Mathura).

Avec leurs yeux baissés et leur aura spirituelle, les bouddhas gupta deviendront le modèle des futures générations d’artistes, que ce soit dans l’Inde post-Gupta et Pala ou au Népal, en Thaïlande et en Indonésie.

Des statues métalliques gupta du Bouddha, emportées par les pèlerins, ont également été disséminées le long de la Route de la soie jusqu’en Chine.

Mais les Bouddhas du Gandhara sont uniques et vraiment à part. Ce sont de véritables individualités échappant à toute codification et aux normes. Ils ont été fabriqués par des artistes habités d’une spiritualité élevée, explorant de nouvelles frontières de la beauté, du mouvement et de la liberté, et non produisant des objets pour satisfaire un marché émergent.

Aujourd’hui, Pakistanais, Indiens, Afghans et Européens aiment à se quereller. Tous prétendent avoir été les principaux parrains et auteurs du « miracle de Gandhara », mais peu se demandent comment il s’est produit.

Dès le Ier siècle avant J.-C., les artistes locaux délaissent les matériaux périssables avec lesquels ils travaillaient, comme la brique, le bois, le chaume et le bambou, pour adopter la pierre. Le nouveau matériau utilisé était principalement une pierre de schiste allant du gris clair au gris foncé (dans la vallée de la rivière Kaboul et la région de Peshawar). Les périodes ultérieures se caractérisent par l’utilisation du stuc et de l’argile (spécialité de Hadda).

Les techniques utilisées pour les sculptures et les pièces de monnaie du Gandhara sont très proches de celles de la Grèce. Ont-elles été créées par des sculpteurs grecs itinérants ou par des artistes locaux qu’ils ont formés ? Rien n’a été prouvé, mais est-ce vraiment important ?

Lorsque l’Asie rencontre la Grèce

Examinons maintenant des expressions artistiques attestant la belle rencontre entre la culture hellénique et les cultures indiennes et locales.

A. Pièces de monnaie kouchanes


Tout en soutenant toutes les religions qu’il jugeait dignes, Kanishka ne cachait pas sa préférence pour le bouddhisme.

Une pièce d’or datant de 120 après J.-C. montre le roi vêtu d’un lourd manteau kouchan et de longues bottes, des flammes sortant de ses épaules, un étendard dans la main gauche et faisant un sacrifice sur un autel, avec cette légende en caractères grecs : « Roi des rois, Kanishka le Kouchan. » Le revers de la même pièce représente un bouddha debout, en costume grec, faisant de la main droite le geste « ne craignez rien » (abhaya mudra) et tenant un pli de sa robe dans la main gauche. La légende en caractères grecs se lit désormais ΒΟΔΔΟ (Boddo), pour Bouddha.

B. Reliquaire bimaran

Reliquaire Bimaran.

Un véritable thème classique du répertoire de tout artiste de l’époque consiste à montrer Bouddha entouré, accueilli et protégé des divinités d’autres croyances et de religions plus anciennes. La plus ancienne représentation de ce type connue à ce jour figure sur un reliquaire trouvé dans le stupa de Bimaran, au nord-ouest du Gandhara.

Sur cette petite urne en or, généralement datée de 50-60 après J.-C., figure, à l’intérieur de niches voûtées d’architecture gréco-romaine, une représentation hellénistique du Bouddha (coiffure, contrapposto, himation d’élite, etc.), entourée des divinités indiennes Brahma et Sakra.

Tout comme Ashoka, Kanishka, presque laïque, entendait régner, non pas contre mais avec, et surtout au-dessus de toutes les religions. Ainsi, à l’occasion, les divinités grecques, représentées sur les pièces de monnaie (Zeus, Apollon, Héraclès, Athéna, etc.), côtoient les divinités du védisme, du zoroastrisme et du bouddhisme.

Autre exemple, à Ellora, au centre de l’Inde, la grotte et le temple taillés dans le roc où se côtoient les représentants des trois religions (bouddhisme, hindouisme et jaïnisme).

C. Triade de Hadda

La « triade de Hadda ».
Tête de bouddha, monastère de Tapa Shotor, Hadda.

Un autre exemple exquis de cet art gandharien est un groupe sculptural connu sous le nom de Triade de Hadda, excavé à Tapa Shotor, un grand monastère sarvastivadin près de Hadda en Afghanistan, datant du IIe siècle après J.-C.

Pour donner une idée de son activité, ce sont quelque 23 000 sculptures gréco-bouddhiques, en argile et en plâtre, qui ont été mises au jour rien qu’à Hadda, entre les années 1930 et 1970.

Le site, fortement endommagé lors des dernières guerres, possédait de belles statues, notamment un bouddha assis, vêtu d’une chlamyde grecque (manteau blanc), les cheveux bouclés, accompagné d’Héraclès et de Tyché (déesse grecque de la fortune et de la prospérité), vêtue d’un chiton (robe à la grecque) et tenant une corne d’abondance.

Seule adaptation aux traditions locales de l’iconographie grecque, Héraclès tient en main, non plus son habituelle massue, mais la foudre de Vajrapani (du sanskrit vajra, signifiant « foudre », et pani « en main »), l’une des trois premières divinités protectrices entourant le Bouddha.

C’est un bodhisattva. Il apparaît dès le IIe siècle dans l’iconographie mahāyāna comme doué d’une grande force et comme protecteur du Bouddha. Dans l’art gréco-bouddhique il ressemble à Héraclès ou Zeus, tenant en main une courte massue en forme de vajra, un foudre stylisé. On l’identifie au protecteur, « puissant comme un éléphant », qui aurait veillé sur Bouddha à sa naissance.

Une autre statue rappelle le portrait d’Alexandre le Grand.

Une statue rappelle le portrait d’Alexandre le Grand.

De cet ensemble sculptural, il ne reste malheureusement que des photographies.

Selon l’archéologue afghan Zemaryalai Tarzi, le monastère de Tapa Shotor, avec ses sculptures en argile datées du IIe siècle de notre ère, représente le « chaînon manquant » entre l’art hellénistique de Bactriane et les sculptures en stuc plus tardives trouvées à Hadda, généralement datées du IIIe-IVe siècle de notre ère.

Traditionnellement, l’afflux d’artistes, maître de l’art hellénistique, a été attribué à la migration des populations grecques des villes gréco-bactriennes d’Aî-Khanoum et de Takht-I-Sangin (Nord de l’Afghanistan).

Génie aux fleurs, Hadda.

Tarzi suggère que les populations grecques se sont établies dans les plaines de Jalalabad, qui comprennent Hadda, autour de la ville hellénistique de Dionysopolis, et qu’elles sont à l’origine des créations bouddhistes de Tapa Shotor, au IIe siècle de notre ère.

Les colons grecs restés au Gandhara (les Yavanas) après le départ d’Alexandre, soit par choix, soit en tant que populations condamnées à l’exil par Athènes, ont grandement embelli les expressions artistiques de leur nouvelle spiritualité.

Offrant fraîcheur, poésie et un sens du mouvement spectaculairement moderne, les premiers artistes bouddhistes du Gandhara, saisissant des instants de « mouvement-changement » permettant à l’esprit humain d’appréhender un saut vers la perfection, sont une contribution inestimable à la culture de l’humanité tout entière. N’est-il pas temps de reconnaître ce magnifique travail ?

D. Prendre la terre à témoin

Parmi les autres types productions artistiques de Gandhara, ce magnifique bas-relief, aujourd’hui conservée au musée de Cleveland, illustre la lutte du Bouddha pour atteindre le nirvana.

L’arbre (replanté à plusieurs reprises) de la Bodhi, à Bodhgaya en Inde.

Au centre de la composition se trouve l’arbre de la Bodhi, sous lequel le Bouddha atteignit l’illumination. Ce figuier sacré est vénéré depuis des temps ancestraux par les villageois locaux, car il passe pour être la résidence d’une divinité de la nature. L’autel lui-même est recouvert de kusha, herbe utilisée pour des offrandes sacrificielles.

Il y a environ 2500 ans, après être resté en méditation pendant 49 jours, assis sous cet arbre, le Bouddha est défié par des démons cauchemardesques qui remettent en cause l’authenticité de son illumination.

Leur chef Mara (littéralement, la mort), qui se tient à droite dans une posture arrogante, entouré de ses filles, fait tout pour empêcher Bouddha d’atteindre le nirvana (l’éveil).

Il le menace et encourage ses propres filles à le séduire. Innocemment, il lui demande s’il est sûr de pouvoir trouver quelqu’un pour témoigner qu’il a véritablement atteint le nirvana. En réponse à ce défi, le Bouddha touche alors la terre et la prend à témoin.

Selon la mythologie, la jeune déesse de la Terre surgit alors du sol et commença à essorer les eaux déferlant de ses cheveux pour noyer Mara. Sur la sculpture, on peut la voir, toute petite, au pied de l’autel, agenouillée devant Bouddha en signe de révérence. Elle a également pris forme humaine en sortant de terre. Les anciennes religions interviennent ici pour défendre et protéger la nouvelle, celle de Bouddha.

Semblant, eux aussi, regretter les anciens dieux et déesses de leur panthéon, les Indiens convertis au bouddhisme les ajoutent au-dessus de la tête de Bouddha ou à côté, comme, par exemple, le dieu védique Indra.

E. Tous bodhisattva ?

Trois Bodhisattvas de Gandhara.

Enfin, pour conlure cette section sur la sculpture, deux mots sur le bodhisattva, figure très intéressante sortie de l’imaginaire bouddhiste pour rendre la spiritualité bouddhiste accessible au citoyen ordinaire.

Il peut s’agir soit d’une représentation de Bouddha en personnage princier orné de bijoux, avant son renoncement à la vie de palais, soit d’un humain ordinaire, déjà conscient qu’il est sur la voie de l’illumination et qu’il est devenu un outil au service du bien.

Animé d’altruisme et obéissant les disciplines destinées aux bodhisattvas, il doit aider par compassion d’abord les autres êtres sensibles à s’éveiller, y compris en retardant sa propre libération !

Les bodhisattvas se distinguent par de grandes qualités spirituelles telles que les « quatre demeures divines » que sont:

Avalokiteshvara, bodhisattva de la compassion.

ainsi que les diverses perfections (paramitas), qui comprennent la prajnaparamita (« connaissance transcendante » ou « perfection de la sagesse ») et les moyens habiles (upaya).

Des bodhisattvas spirituellement avancés tels qu’Avalokiteshvara (ci-dessus), Maitreya et Manjushri, largement vénérés dans le monde bouddhiste mahâyâna, sont censés posséder un grand pouvoir, qu’ils utilisent pour aider tous les êtres vivants.

Pour certains courants bouddhistes, seul Maitreya mérite le titre de « Bouddha du futur ». Dans l’art on le représente à la fois comme un bouddha vêtu d’une robe monastique et comme un bodhisattva princier avant l’illumination.

Un magnifique bodhisattva de Gandhara peut être admiré au Dallas Museum of Art (ci-dessous).

Cette sculpture en terre cuite représente un « Bodhisattva pensant » de la région de Hadda en Afghanistan, une production typique du Gandhara.

Avec très peu d’éléments visuels, l’artiste réussit un travail gigantesque. Les piliers de sa large chaise sont des lions au regard un peu fou, représentation allégorique de ces passions qui nous font souffrir et qui sont maintenues sous un sage contrôle par l’effort hautement réflexif du Bodhisattva héroïque au centre de l’œuvre.

Le bouddhisme aujourd’hui, l’exemple de Nehru

Nehru et sa fille Indira, reçus par le Président John F. Kennedy.

Paradoxalement, le bouddhisme, en tant que religion, a presque cessé d’exister dans son propre berceau, l’Inde, depuis le XIIe siècle de notre ère.

Bel exemple de la lutte incessante des meilleurs esprits indiens pour l’émancipation, en 1956, près d’un demi-million « d’intouchables » se sont convertis au bouddhisme sous l’impulsion du dirigeant politique à la tête du comité chargé de rédiger la Constitution de l’Inde, le réformateur social B. R. Ambedkar (1891-1956), et du Premier ministre indien et chef du Parti du Congrès Jawaharlal Nehru (1889-1964), lui-même issu d’une famille de brahmanes.

En juin de la même année, le Courrier de l’UNESCO consacrait son édition à « 25 siècles d’art et de culture bouddhistes ».

En Inde, les deux hommes d’État ont orchestré une année de célébration en l’honneur de « 2500 ans de bouddhisme », non pas pour ressusciter une ancienne religion en soi, mais pour s’approprier le statut de berceau de cette vieille religion et renvoyer au monde une image de champion de la non-violence et du pacifisme.

Bouddha offert par Nehru à JFK en 1961.

Quelques années plus tard, lors de sa visite d’État à la Maison Blanche, le 9 novembre 1961, le Premier ministre indien Nehru offrit une sculpture bouddhiste au président John F. Kennedy

Comme beaucoup d’hindous, Mahatma Gandhi vénérait Bouddha. Pour lui, le bouddhisme n’était qu’une « autre forme d’hindouisme » et sa critique venait donc « de l’intérieur de l’hindouisme ».

Un point de vue que ne partageait pas le Premier ministre indien Jawaharlal Nehru. Profondément troublé par certaines caractéristiques intrinsèques à l’hindouisme, telles que le ritualisme et les castes, Nehru ne pouvait pas placer le bouddhisme, qui abhorrait ces institutions, dans la même rubrique…

Nehru fut fortement influencé par le bouddhisme. C’est ainsi qu’il appela sa fille (la future Première ministre Indira Gandhi) Indira Priyadarshini, du nom de « Priyadarshi » adopté par le grand empereur Ashoka, après être devenu un prince bouddhiste de la paix !

Par ailleurs, Nehru contribua à faire de l’Ashoka Chakra (la Roue bouddhiste intégrée au drapeau national) le symbole de l’Inde. Chaque fois qu’il se rendait au Sri Lanka, il visitait la statue du Bouddha à Anuradhapura.

Le dirigeant indien, qui ne cessait d’exhorter les Indiens superstitieux et ritualistes à cultiver un « tempérament scientifique » et à faire entrer l’Inde dans l’ère de l’âge atomique, était naturellement attiré par le rationalisme prôné par le Bouddha.

Et d’ajouter :

L’influence du Bouddha s’est manifestée dans la politique étrangère de Nehru. Cette politique était motivée par un désir de paix, d’harmonie internationale et de respect mutuel. Elle visait à résoudre les conflits par des méthodes pacifiques. Le 28 novembre 1956, Nehru déclare :

Visiblement inspirés par les préceptes bouddhistes, les concepts de non-alignement et le Traité de Panchsheel de Nehru, communément appelé « Traité des cinq principes de coexistence pacifique », ont été formellement énoncés pour la première fois dans l’Accord sur le commerce et les relations entre le Tibet chinois et l’Inde, signé le 29 avril 1954.

Cet accord stipulait, dans son préambule, que les deux gouvernements,

Le 29 novembre 1952, lors de la Conférence culturelle bouddhiste internationale à Sanchi, où Kanitscha avait entamé la construction du plus haut stupa de l’Antiquité, Nehru précisait :

Le 3 octobre 1960, Nehru s’adressait à l’Assemblée générale des Nations unies :

Nehru a fait de son mieux pour appliquer les enseignements du Bouddha dans la gestion des affaires intérieures de l’Inde. Sa conviction que le changement social ne peut être obtenu que par le consensus social le plus large découle de l’influence du Bouddha, d’Ashoka et de Gandhi.

Dans son discours du 15 août 1956 à l’occasion de la fête de l’indépendance, Nehru fixe les défis à relever :

Science et religion, Albert Einstein et Bouddha

Pour conclure, je vous invite à méditer quelques citations d’Albert Einstein discutant les rapports entre la science et la religion où il évoque l’importance de Bouddha :

NOTES :

*1. Les langues indo-aryennes. Il existe plus de 200 langues indo-aryennes connues, parlées par environ 1 milliard de personnes. Leurs formes modernes descendent des langues indo-aryennes anciennes, telles que le sanskrit védique primitif, en passant par les langues indo-aryennes moyennes (ou prakrits). Les langues indo-aryennes les plus importantes en termes de premiers locuteurs sont l’hindi-ourdou (c. 330 millions), le bengali (242 millions), le pendjabi (environ 120 millions), le marathi (112 millions), le gujarati (60 millions), le rajasthani (58 millions), le bhojpuri (51 millions), l’odia (35 millions), le maithili (environ 34 millions), le sindhi (25 millions), le népali (16 millions), l’assamais (15 millions), le chhattisgarhi (18 millions), le cinghalais (17 millions) et le romani (environ 3,5 millions). Le sud de l’Inde compte des langues dravidiennes (telugu, tamil, kannada et malayalam). En Europe, les principales langues indo-européennes sont l’anglais, le français, le portugais, le russe, le néerlandais et l’espagnol.

*2. Discords. Dès le IIIe siècle avant J.-C., pas moins de dix-huit écoles bouddhistes distinctes sont à l’œuvre en Inde, mais toutes se reconnaissent mutuellement comme des adeptes de la philosophie du Bouddha. Enfin, le bouddhisme du Véhicule du Diamant, dit Vajrayâna, dont les textes et les rituels complexes ont été élaborés dans les universités du nord-est de l’Inde vers le VIIe et VIIIe siècles.

*3. Le prâkrit est un terme qui désigne une langue indo-aryenne dérivée du sanskrit classique. Le mot lui-même a une définition assez souple, car il a parfois le sens de « originel, naturel, sans artifices, normal, ordinaire, usuel, ou encore, local », contrastant ainsi avec la forme littéraire et religieuse du sanskrit ; mais parfois, on peut aussi comprendre prâkrit comme signifiant « dérivé d’une langue originelle », c’est-à-dire dérivé du sanskrit. On peut donc dire que le prâkrit, comme toute langue vulgaire et vernaculaire de l’Inde, est issu du sanskrit. En fait, on peut comparer les prâkrits au latin vulgaire, tandis que le sanskrit serait le latin classique. L’usage le plus ancien que l’on connaisse du prâkrit est formé par l’ensemble d’inscriptions de l’empereur indien Ashoka (IIIe siècle av. J.-C.). L’un des prâkrits les plus célèbres est le pâli, qui a accédé au statut de langue littéraire et intellectuelle en devenant celle des textes du bouddhisme theravâda.

*4. Le pâli est une langue indo-européenne de la famille indo-aryenne. C’est un prâkrit moyen indien proche du sanskrit et remontant vraisemblablement au IIIe siècle av. J.-C. Le pâḷi est utilisé comme langue liturgique bouddhiste au Sri Lanka, en Birmanie, au Laos, en Thaïlande et au Cambodge. Son statut de langue liturgique l’a rendu, à l’instar du sanskrit, figé et normalisé.

*5. Hippodamos de Milet (né en 498 av. J.-C. et mort en 408 av. J.-C.) est un géomètre et ingénieur du Ve siècle av. J.-C., qui fut aussi architecte urbaniste, physicien, mathématicien, météorologiste et philosophe pythagoricien. La tradition a retenu de lui ses grands travaux de planification urbaine. Bien que ces travaux se caractérisent par l’utilisation systématique du plan en damier, il n’en est pas l’inventeur, de très anciennes colonies grecques nous fournissant déjà des exemples de cette structure urbaine.

Commentaires:

8 mars 2024, Bernard C.
Je continue la lecture du long texte illustré sur le « miracle du Gandhara ». Décidemment, tu as toujours l’art –et ce n’est pas un vain mot chez toi ! – de nous surprendre ! Quel bonheur ce doit être ! Merci Karel. Belle soirée à vous.

8 mars 2024, Bernard C., suite
J’espère qu’on reconnaitra un jour (ou l’autre) la beauté de ce travail (artkarel) dans son envergure, car tu ne cesses de nous renvoyer au moyen d’hyperliens (mots en bleu), à travers les âges, d’un bout à l’autre des continents, d’Ashoka à Sully – de véritables efforts intercontinentaux échafaudent, à grands traits pour ne pas dire à grandes enjambées, devant nos yeux surpris (encore une fois, c’est le mot!), une œuvre d’art illustrant qu’il n’est de richesse que d’hommes, et où se meuvent, d’un bord à l’autre de l’histoire de la civilisation, correspondances d’idées majeures qu’on aurait pu croire isolément réservées à leurs temps. Chapeau !

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Paris Schiller Institute stages Afghan civil society protest against UNESCO

How it started

Following a highly successful conference in Kabul last November by the Ibn-e-Sina Research & Development Center on the reconstruction of Afghanistan, a group of senior archaeologists of the Afghan Academy of Sciences (ASA), in discussion with the organizers and the invited experts of the Schiller Institute, suggested to launch a common appeal to UNESCO and Western governments to “lift the sanctions against cultural heritage cooperation.”

Initiators of the call, Kabul, November 2023.

The Call

The dramatic neglect of international cultural institutions and donors to Afghanistan, the lack of sufficient funds in the field of cultural heritage protection, and the political treatment of international cultural heritage institutions have seriously endangered Afghanistan,” underscores the petition.

Specifically, “UNESCO, which should raise its voice against any new form of ‘cultural and scientific apartheid,’ has repeatedly worsened the situation by politicizing issues beyond its prerogatives.”

To conclude, the signers call

Living Spirit of Afghanistan

To date, over 550 signatures have been collected, mainly from both Afghan male (370) and female (140) citizens, whose socio-professional profiles indicates they truly represent the « living spirit of the nation ».

Among the signatories: 62 university lecturers, 27 doctors, 25 teachers, 25 members of the Afghan Academy of Sciences, 23 merchants, 16 civil and women’s rights activists, 16 engineers, 10 directors and deans of private and public universities, 7 political analysts, 6 journalists, 5 prosecutors, several business leaders and dozens of qualified professionals from various sectors.

International support

On four continents (Europe, Asia, America, Africa), senior archaeologists, scientists, researchers, members of the Academy of Sciences, historians and musicians from over 20 countries have welcomed and signed this appeal.

Italian Professor Pino Arlacchi, a former member of the European Parliament and the former head of United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC) was the first to sign. Award-winning American filmmaker Oliver Stone, is a more recent signer.

In France, Syria, Italy, the UK and Russia, among the signers one finds senior researchers suffering the consequences of what some have identified as a « New Cultural Cold War. » Superseding the very different opinions they have on many questions, the signatories stand united on the core issue of this appeal: for science to progress, all players, beyond ideological, political and religious differences, and far from the geopolitical logic of ‘blocs’, must be able to exchange freely and cooperate, in particular to protect mankind’s historical and cultural heritage.

Testifying to the firm commitment of the Afghan authorities, the petition has also been endorsed by the Deputy Minister of Foreign Affairs, the Minister of Culture and Arts, and the Minister of Agriculture, as well as senior officials from the Ministries of Higher Education, Water and Energy, Mines, Finance, and others.

The 46th session of UNESCO’s World Heritage Committee, to be held in New Delhi in July this year, offers UNESCO the opportunity to announce Afghanistan’s full return into world heritage cooperation, if we can have our voice heard,” says Karel Vereycken of the Paris Schiller Institute. “We certainly will not miss transmitting this appeal to HE Vishal V Sharma, India’s permanent representative to UNESCO, recently nominated to make the Delhi 46th session a success.”

Full text of the appeal

SIGNERS:
A. FROM AFGHAN CIVIL SOCIETY:

Hussain Burhani, Archaeologist, Numismatist, Afghanistan ;

Ketab Khan Faizi, Archaeologist, Director of the Academy of Sciences at the International Centre for Kushan Studies in Kabul, Afghanistan;

Stora Ishams Mayar, Archaeologist, member of the Academy of Sciences at the International Centre for Kushan Studies in Kabul, editor in chief of the journal of this mentioned center, Afghanistan;

Mahmood Jan Drost, Senior Architect, head of protection of old cities of Afghanistan, Ministry of Urban Development and Housing, Afghanistan;

Ghulam Haidar Kushkaky, Archaeologist, associate professor, Archaeology Investigation Center, Afghanistan ;

Laieq Ahmadi, Archeologist, Former head, Archeology department of Bamiyan University, Afghanistan;

Shawkatullah Abed, Chief of staff, Afghan Science Academy, Afghanistan;

Sardar Ghulam Ali Balouch, Head of Afghanistan Balochs Union, Afghanistan;

Daud Azimi Shinwari, Ibn-e-Sina Research & Development Center, Germany;

Abdul Fatah Raufi, Ibn-e-Sina Research & Development Center, Kabul, Afghanistan;

Mirwais Popal, Dip, Master, Ibn-e-Sina Research & Development Center, Germany;

B. FROM ABROAD:


(Russia, China, USA, Indonesia, France, Angola, Germany, Turkiye, Italy, UK, Mexico, Sweden, Iran, Belgium, Argentina, Czech Republic, Syria, Congo Brazzaville, Yemen, Venezuela, Pakistan, Spain, Canada, Democratic Republic of Congo.)

H.E. Mr Mohammad Homayoon Azizi, Afghanistan’s Ambassador to Paris, UNESCO and ICESCO, France;

Julio Bendezu-Sarmiento, Researcher at the National Scientific Research Centre (CNRS), Archaeologist specializing in Central Asia; Former director of the Delegation of French Archaeologists in Afghanistan (DAFA) (2014-2018), France;

Inès Safi, CNRS, Researcher in Theoretical Nanophysics, France;

Pierre Leriche, Archeologist, Director of Research Emeritus at CNRS-AOROC, Scientific Director of the Urban Archaeology of the Hellenized Orient research program, France;

Nadezhda A. Dubova, Institute of Ethnology and Anthropology, Dr. in Biology, Prof. in History. Head of the Russian-Turkmen Margiana archaeological expedition, Russian Academy of Science (RAS), Russia;

Alexandra Vanleene, Archaeologist, specialist in Gandhara Buddhist Art, Researcher, Independant Academic Advisor Harvard FAS CAMLab, France;

Raffaele Biscione, retired, associate Researcher, Consiglio Nazionale delle Recerche (CNR); former first researcher of CNR, former director of the CNR archaeological mission in Eastern Iran (2009-2022), Italy;

Sandra Jaeggi-Richoz, Professor, Historian and archaeologist of the Antiquity, France;

Dr. Razia Sultanova, Professor, Cambridge University, UK;

Dr. Houmam Saad, Archaeologist, Directorate General of Antiquities and Museums, Syria;

Estelle Ottenwelter, Institute of Archaeology, Czech Academy of Sciences, Natural Sciences and Archaeometry, Post-Doc, Czech Republic;

Didier Destremau, author, diplomat, former French Ambassador, President of the Franco-Syrian Friendship Association (AFS), France ;

Wang Feng, Professor, South-West Asia Department of Chinese Academy of Social Sciences (CASS), China;

Dr. Engin Beksaç, Professor, Trakya University, Department of Art History, Turkiye;

Bruno Drweski, Professor, National Institute of Oriental Languages and Civilizations (INALCO), France;

Maurizio Abbate, National President of National Agency of Cultural Activities (ENAC), Italy;

Patricia Lalonde, Former Member of the European Parliament, vice-president of Geopragma, author of several books on Afghanistan, France;

Pino Arlacchi, Professor of sociology, Former Member of the European Parliament, former head of United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC), Italy;

Oliver Stone, Academy Award-winning Film director, Producer, and Screenwriter;

Graham E. Fuller, Author, former Station chief for the CIA in Kabul until 1978, former Vice-Chair of the National Intelligence Council (1986), USA;

Prof. H.C. Fouad Al Ghaffari, Advisor to Prime Minister of Yemen for BRICS Countries affairs, Yemen;

Farhat Asif, President of Institute of Peace and Diplomatic Studies (IPDS), Pakistan;

Dursun Yildiz, Director, Hydropolitics Association, Türkiye;

Irène Neto, president, Fundacao Dr. Antonio Agostinho Neto (FAAN), Angola;

Luc Reychler, Professor international politics, University of Leuven, Belgium;

Pierre-Emmanuel Dupont, Expert and Consultant in public International Law, Senior Lecturer at the Institut Catholique de Vendée, France;

Irene Rodríguez, Departamento de Historia, Facultad de Filosofía y Letras, Universidad de Buenos Aires, Argentina;

Dr. Ririn Tri Ratnasari, Professor, Head of Center for Halal Industry and Digitalization, Advisory Board at Journal of Islamic Accounting and Business Research, Faculty of Economics and Business, Universitas Airlangga, Indonesia;

Dr. Clifford A. Kiracofe, Author, retired Professor of International Relations, USA;

Bernard Bourdin, Dominican priest, Philosophy and Theology teacher, Institut Catholique de Paris (ICP), France;

Dr. jur. Wolfgang Bittner, Author, Göttingen, Germany;

Annie Lacroix-Riz, Professor Emeritus of Contemporary History, Université Paris-Cité, France;

Mohammad Abdo Al-Ibrahim, Ph.D in Philology and Literature, University Lecturer and former editor in chief of the Syria Times, Syria;

Jean Bricmont, Author, retired Physics Professor, Belgium;

Syed Mohsin Abbas, Journalist, Broadcaster, Political Analyst and Political Justice activist, Pakistan;

Eduardo D. Greaves PhD, Professor of Physics, Universidad Simón Bolívar, Caracas, Venezuela;

Dora Muanda, Scientific Director, Kinshasa Science and Technology Week, Democratic Republic of Congo;

Dr. Christian Parenti, Professor of Political Economy, John Jay College CUNY, New York, USA;

Diogène Senny, President of the Panafrican Ligue UMOJA, Congo Brazzaville;

Waheed Seyed Hasan, Journalist based in Qatar, former Special correspondent of IRNA in New Delhi, former collaborator of Tehran Times, Iran;

Alain Corvez, Colonel (retired), Consultant International Strategy consultant, France;

Stefano Citati, Journalist, Italy;

Gaston Pardo, Journalist, graduate of the National University of Mexico. Co-founder of the daily Liberacion, Mexico;

Jan Oberg, PhD, Peace and Future Research, Art Photographer, Lund, Sweden.

Julie Péréa, City Councilor for the town of Poussan (Hérault), delegate for gender equality and the fight against domestic violence, member of the Sète Agglopole Méditerranée gender equality committee, France;

Helga Zepp-LaRouche, Founder and International President of the Schiller Institute, Germany;

Abid Hussein, independent journalist, Pakistan;

Anne Lettrée, Founder and President of the Garden of Titans, Cultural Relations Ambassador between France and China for the Greater Paris region, France;

Karel Vereycken, Painter-engraver, amateur Art Historian, Schiller Institute, France;

Carlo Levi Minzi, Pianist, Musician, Italy;

Leena Malkki Brobjerg, Opera singer, Sweden;

Georges Bériachvili, Pianist, Musicologist, France;

Jacques Pauwels, Historian, Canada;

C. FROM AFGHAN AUTHORITIES

Sher Mohammad Abbas Stanikzai, Deputy Foreign Minister, Islamic Emirate of Afghanistan (IEA);

Mawlawi Muhibullah Wasiq, Head of Foreign Minister’s Office, IEA;

Waliwullah Shahin, Member of Ministry of Foreign Affairs, IEA;

Sayedull Afghani, Member of Ministry of Foreign Affairs, IEA;

Hekmatullah Zaland, Member of Ministry of Foreign Affairs, IEA;

Shafi Azam, Ministry of Foreign Affairs, IEA;

Atiqullah Azizi, Deputy Minister of Culture and Art, Ministry of Information and Culture, IEA;

Ghorzang Farhand, Ministry of Information and Culture, IEA;

Ghulam Dastgir Khawari, Advisor of Ministry of Higher Education, IEA;

Mawlawi Rahmat Kaka Zadah, Member of ministry of Interior Affairs, IEA;

Mawlawi Arefullah, Member of Interior Affairs, IEA;

Ataullah Omari, Acting Agriculture Minister, IEA;

Mawlawi Hussain Ahmad, Head of office in Ministry of Agriculture, IEA:

Musa Noorzai, Member of Ministry of Agriculture, IEA;

Mawlawi Hussain Ahmad, Head of office, Ministry of Agriculture, IEA;

Mawlawi Shar Aqa, Head of Kunar Agriculture Administration, IEA;

Matiulah Mujadidi, Head of Communication of Ministry of Finance, IEA;

Zabiullah Noori, Executive Manager, Ministry of Finance, IEA;

Akbar Wazizi, Member of Ministry of Finance, IEA;

Nasrullah Ebrahimi, Auditor, Ministry of Finance, IEA;

Mir M. Haroon Noori, Representative, Ministry of Economy, IEA;

Abdul Qahar Mahmodi, Ministry of Commerce, IEA;

Dr. Ghulam Farooq Azam, Adviser, Ministry of Water & Energy (MoWE), IEA;

Faisal Mahmoodi, Investment Facilitation Expert, Ministry of Mines and Petroleum, IEA;

Rustam Hafiz Yar, Ministry of Transportation, IEA;

Qudratullah Abu Hamza, Governor of Kunar, IEA;

Mansor Faryabi, Member of Kabul Municipality, IEA;

Mohammad Sediq Patman, Former Deputy Minister of Education for Academic Affairs, IEA;

COMPLEMENTARY LIST

A. FROM AFGHANS

  • Jawad Nikzad, Ibn-e-Sina R&D Centre, Kabul, Afghanistan ;
  • Dr. Akram Azimi, Ibn-e-Sina R&D Centre, Kabul, Afghanistan ;
  • Najibullah Totakhel, Ibn-e-Sina R&D Centre, Germany 
  • Ghulam Farooq Ansari, Professor, Ibn-e-Sina R&D Centre, Kabul, Afghanistan ;
  • Imran Zakeria, Researcher at Regional Studies Center, Academy of Sciences of Afghanistan, Ibn Sina R&D Centre, Kabul, Afghanistan ;
  • Subhanullah Obaidi, Doctor, Ibn-e-Sina R&D Centre, Germany ;
  • Ali Shabeez, Ibn-e-Sina R&D Centre, Kabul, Germany ;
  • Mawlawi Wahid Ameen, Ibn-e-Sina R&D Centre, Kabul, Afghanistan ;
  • Shar M. Amir Zadah, Ibne-eSina R&D Centre, Kabul, Afghanistan ;
  • Sayed Rafiullah Halim, Professor, Ibn-e-Sina R&D Centre, Kabul Afghanistan ;
  • Nazar Mohmmad Ragheb, Ibn-e-Sina R&D Centre, Kabul, Afghanistan ;
  • Ali Sina Masoumi, Ibn-e-Sina R&D Centre Kabul, Afghanistan ;
  • Faisal Mahmoodi, Ibn-e-Sina R&D Centre, Kabul, Afghanistan ;
  • Fatima Basir, Ibn-e-Sina R&D Centre, Kabul, Afghanistan ;
  • Muneera Aman, Ibn-e-Sina R&D Centre, Kabul, Afghanistan ;
  • Abdul Shakoor, Ibn-e-Sina R&D Centre, Kabul, Afghanistan ;
  • Abdul Waris Ebad, Employee of Ministry of Foreign Affairs, Afghanistan ;
  • Waisullah Sediqi, Ibn-e-Sina R&D Centre, Kabul, Afghanistan ;
  • Sayed Hakim Aria, Employee of Ministry of Information and Culture, Afghanistan ;
  • Nayebuddin Ekrami, Employee of Ministry of information and Culture, Afghanistan ;
  • Latifa Azimi, Former Employee of Ministry of Education, Afghanistan ;
  • Latifa Noori, Former Employee of Ministry of Education, Afghanistan ;
  • Habibullah Haqani, Employee of Kabul Municipality, Afghanistan ;
  • Shafiqullah Baburzai, Cultural Heritage, Afghanistan ;
  • Abdullah Kamawal, Cultural Heritage, Afghanistan ;
  • Abdul Rashid Lodin, Cultural Heritage, Afghanistan ;
  • Asef Nang, Cultural Heritage, Afghanistan ;
  • Awal Khan Shekib, Member of Afghanistan Regional Studies Center, Afghanistan ;
  • Mohammad Anwar Fayaz, Lecturer, Afghanistan Science Academy, Afghanistan ;
  • Farhad Ahmadi, Lecturer, Afghanistan Science Academy, Afghanistan ;
  • Fayqa Lahza Faizi, Lecturer, Afghanistan Science Academy, Afghanistan ;
  • Dr. Hakim Haidar, Lecturer, Afghanistan Science Academy, Afghanistan ;
  • Rahimullah Harifal, Lecturer, Afghanistan Science Academy, Afghanistan ;
  • Sharifullah Dost, Lecturer, Afghanistan Science Academy, Afghanistan ;
  • Eshaq Momand, Lecturer, Afghanistan Science Academy, Afghanistan ;
  • Khalil Rahman Barekzal, Lecturer, Afghanistan Science Academy, Afghanistan ;
  • Ghulam Haidar Kushkaki, Lecturer, Afghanistan Science Academy, Afghanistan ;
  • Ghulam Nabi Hanifi, Lecturer, Afghanistan Science Academy, Afghanistan ;
  • Marina Bahar, Lecturer, Afghanistan Science Academy, Afghanistan ;
  • Sayed Muhaidin Hashimi, Lecturer, Afghanistan Science Academy, Afghanistan ;
  • Abdul Majid Nadim, Lecturer, Afghanistan Science Academy, Afghanistan ;
  • Elaha Maqsoodi, Lecturer, Afghanistan Science Academy, Afghanistan ;
  • Khadim Ahmad Haqiqi, Lecturer, Afghanistan Science Academy, Afghanistan ;
  • Shahidullah Safi, Member, Afghanistan Science Academy, Afghanistan ;
  • Abdul Wahab Hamdard, Member, Afghanistan Science Academy, Afghanistan ;
  • Burhanullah Niazi, Member, Afghanistan Science Academy, Afghanistan ;
  • M. Alam Eshaq Zai, Member, Afghanistan Science Academy, Afghanistan ;
  • Ghulam Hasan Farmand, Member, Afghanistan Science Academy, Afghanistan ;
  • Zalmai Hewad Mal, Member, Afghanistan Science Academy, Afghanistan ;
  • Abdul Rahman Atash, Head of Afghanistan National Development Company (NDC), Afghanistan ;
  • Obaidullah, Head of Public Library, Afghanistan ;
  • Sayed Abdul Maqdam, Head of Khawar construction company, Afghanistan ;
  • Zaki Zarifi, Head of Zarifi company, Afghanistan ;
  • Jamshid Faizi, Head of Faizi company, Afghanistan ;
  • M. Yasin Farahman, Head of Agriculture Center, Afghanistan ;
  • Mawlawi Nik M. Nikmal, Head of Planning in Technical Administration, Afghanistan ;
  • Abdul Wahid Rahimi, Member of Bashtani Bank, Afghanistan ;
  • M. Daud Mangal, Head of Ariana Afghan Airlines, Afghanistan ;
  • Mostafa Yari, entrepreneur, Afghanistan;
  • Gharwal Roshan, Head of Kabul International Airfield, Afghanistan ;
  • Eqbal Mirzad, Head of New Kabul City Project, Afghanistan ;
  • Najibullah Sadiq, Vice-president of Afghan Chamber of Commerce and Indunstry (ACCI), Afghanistan;
  • M. Yunis Mohmand, Vice-president of ACCI, Afghanistan;
  • Khanjan Alikozai, Member of ACCI, Afghanistan;
  • Mawlawi Abdul Rashid, Kabul Municipality, Afghanistan ;
  • Atiqullah Safi, Employee of Kabul Municipality, Afghanistan ;
  • Abdul Jalil Safi, Employee of Kabul Municipality, Afghanistan ;
  • Hujat Fazli, Head of Harakat, Afghanistan Investment Climate Facility Afghanistan ;
  • Dr. Mehrab Hamidi, Member of Economical Commission, Afghanistan;
  • Hamid Pazhwak, Economist, Afghanistan ;
  • M. Awaz Ali Alizai, Economist, Afghanistan ;
  • Shamshad Omar, Economist, Afghanistan ;
  • Helai Fahang, Economy Specialist, Afghanistan ;
  • Maryam Alikozai, Economy Specialist, Afghanistan ;
  • Dunya Farooz, Economy Specialist, Afghanistan ;
  • Soman Khamoosh, Economy Specialist, Afghanistan ;
  • Drs. Shokoria Yousofi, Bachelor of Economy, Afghanistan;
  • Sharifa Wardak, Specialist of Agriculture, Afghanistan;
  • M. Asef Dawlat Shahi, Specialist of Chemistry, Afghanistan;
  • Pashtana Hamami, Specialist of Statistics, Afghanistan;
  • Asma Karimi, Master of Management, Afghanistan;
  • Dr. Ahmad Zaki Afghanyar, Vice-President of Herat Health committee, Afghanistan ;
  • Dr. Hashem Mudaber, Medical Doctor, Afghanistan ;
  • Dr. Hekmatullah Arian, Medical Doctor, Afghanistan ;
  • Dr. Abdul Wahab Rahmani, Medical Doctor, Afghanistan ;
  • Dr. Karima Rahimyar, Medical Doctor, Afghanistan ;
  • Dr. Sayeeda Basiri, Medical Doctor, Afghanistan ;
  • Dr. Emran Sayeedi, Medical Doctor, Afghanistan ;
  • Dr. Abdul Hadi Dawlatzai, Medical Doctor, Afghanistan ;
  • Dr. Ghani Naseri, Medical Doctor, Afghanistan ;
  • Dr. Nafisa Naseri, Medical Doctor, Afghanistan ;
  • Dr. Abdul Ghani Naseri, Medical Doctor, Afghanistan;
  • Dr. Mohammad Younis Shouaib, Medical Doctor, Afghanistan ;
  • Dr. Halima Akbari, Medical Doctor, Afghanistan;
  • Dr. Manizha Emaq, Medical Doctor, Afghanistan;
  • Dr. Shafiq Shinwari, Medical Doctor, Afghanistan ;
  • Dr. Akbar Jan Foolad, Medical Doctor, Afghanistan ;
  • Dr. Haidar Omar, Medical Doctor, Afghanistan ;
  • Dr. Ehsanuddin Ehsan, Medical Doctor, Afghanistan ;
  • Dr. Abdul Wakil Matin, Medical Doctor, Afghanistan ;
  • Dr. Abdul Matalib, Medical Doctor, Afghanistan ;
  • Dr. Azizi Amer, Medical Doctor, Afghanistan ;
  • Dr. Nasr Sajar, Medical Doctor, Afghanistan ;
  • Dr. Humayon Hemat, Medical Doctor, Afghanistan ;
  • Dr. Humaira Fayaq, Medical Doctor, Afghanistan ;
  • Dr. Sadruddin Tajik, Medical Doctor, Afghanistan ;
  • Dr. Abdul Baqi Ahmad Zai, Surgery Specialist, Afghanistan ;
  • Dr. Beqis Kohistani, Medical Doctor, Afghanistan;
  • Dr. Nafisa Nasiri, Medical Doctor, Afghanistan;
  • Dr. Aziza Yousuf, Head of Malalai Hospital, Afghanistan;
  • Dr. Yasamin Hashimi, Medical Doctor, Afghanistan;
  • Dr. Zuhal Najimi, Medical Doctor, Afghanistan;
  • Dr. Ahmad Salem Sedeqi, Medical Doctor, Afghanistan;
  • Dr. Fazel Raman, veterinary, Afghanistan;
  • Khatera Anwary, Health, Afghanistan;
  • Rajina Noori, Member of Afghanistan Journalists Union, Afghanistan ;
  • Sajad Nikzad, Journalist, Afghanistan ;
  • Ahmad Suhaib Hasrat, Journalist, Afghanistan ;
  • Shar Aqa Karimi, Journalist, Afghanistan ;
  • Sayed Mohammad Suhrabi , Journalist, Afghanistan ;
  • Mohammad Nasir Kuhzad, Journalist and Political Analyst, Afghanistan ;
  • Fazel Menallah, Political Analyst, Afghanistan;
  • M. Wahid Benish, Political Analyst, Afghanistan ;
  • Mahmood Jan Shafizada, Political Analyst, Afghanistan ;
  • Fazel Rahman Orya, Political Analyst, Afghanistan ;
  • Zarghon Shah Shinwari, Political Analyst, Afghanistan ;
  • Abdul Ghafor Shinwari, Political Analyst, Afghanistan ;
  • Dr. Ahmad Yousufi, Dean, Kateb University, Afghanistan ;
  • Dr. Yayia Balaghat, Scientific Vice-President, Kateb University, Afghanistan ;
  • Chaman Shah Etemadi, Head of Gharjistan University, Afghanistan;
  • Dr. Mesbah, Head of Salam University, Afghanistan;
  • Dr. Pirzad Ahmad Fawad, Kabul University;
  • Dr. Nasir Nawidi, Dean of a Private University, Afghanistan;
  • Zabiullah Fazli, Dean of a Private University, Afghanistan;
  • Ramish Adib, Vice of a Private University, Afghanistan;
  • M. Taloot Muahid, Dean of a Private University, Afghanistan;
  • Ebrahim Ansari, School Manager, Afghanistan;
  • Abas Ali Zimozai, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • Arshad Rahimi, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • Fasihuddin Fasihi, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • Waisuddin Jawad, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • M. Murtaza Sharzoi, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • M. Matin Monis, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • Mohammad Wahid Benish, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • Hussian Iqbal, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • Muhsin Reshad, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • Mohammad Sadiq Baqori, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • Mohammad Zahir Halimi, Univ. Lecturer , Afghanistan ;
  • Rohla Qurbani, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • Murtaza Rezaee, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • Ghulam Rasoul Qarluq, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • Najim Wahidi, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • M. Rashid Iqbal, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • Abdul Rahman Matin, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • M. Mujtaba Amin, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • Amanullah Faqiri, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • Abuzar Khpelwak Zazai, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • Belal Tayab, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • M. Adel Hakimi, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • Wasiqullah Ghyas, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • Faridduin Atar, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • Safiullah Jawhar, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • Amir Jan Saqib, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • Ahmad Shekib Rahmani, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • M. Gulzar Hashimi, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • Taj Mohammad, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Hekmatullah Mirzad, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Abdul Haq Atid, Univ. Lecturer, Afghanistan ;
  • M. Fahim Momand, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Ahmad Fawad Ehsas, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Naqibullah Sediqi, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Maiwand Wahidi, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • M. Nazir Hayati, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Najiba Rahmani, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Abeda Baba Karkhil, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Dr. M. Qayoum Karim, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Sayed Sharif Shabir, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Ahmad Walid Howaida, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Zalmai Rahib, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Dr. Sadiq Baqori, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Mir Zafaruddin Ansari, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Atta Mohammad Alwak, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Dr. Zabiullah Iqbal, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Dr. Hasan Fazaili, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • M. Jawad Jalili, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Mukhtar Ali Nasto, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Namatullah Nabawi, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Ghulam Abas Noori, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Mustafa Anwari, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Fakhria Popal, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Shiba Sharzai, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Marya Hashimi, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Nilofar Hashimi, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Munisa Hasan, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Nazifa Azimi, Univ. Lecturer, Afghanistan;
  • Sweeta Sharify, Lecturer; Afghanistan;
  • Fayaz Gul, Lecturer, Afghanistan;
  • Zakia Ahmad Zai, Lecturer, Afghanistan;
  • Nigani Barati, Education Specialist, Afghanistan ;
  • Azeeta Nazhand, Teacher, Afghanistan ;
  • Sughra, Teacher, Afghanistan;
  • Nadia Sharif, Teacher, Afghanistan;
  • Maryam Omari, Teacher, Afghanistan;
  • Masoud, Teacher, Afghanistan;
  • Zubair Ahmad, Teacher, Afghanistan;
  • Khalil Ahmad, Teacher, Afghanistan;
  • Khadija Omid, Teacher, Afghanistan;
  • Haida Rasouli, Teacher, Afghanistan;
  • Hemat Hamad, Teacher, Afghanistan ;
  • Wazir Safi, Teacher, Afghanistan ;
  • Mohammad Qasim, Teacher, Afghanistan ;
  • Zamin Shah, Teacher, Afghanistan ;
  • Sayed Qayas, Teacher, Afghanistan ;
  • Mehrabuddin, Teacher, Afghanistan ;
  • Zahidullah Zahid, Teacher, Afghanistan ;
  • Akmal Mahros, Teacher, Afghanistan ;
  • Sadia Mohammadi, Teacher, Afghanistan;
  • Mina Amiri, Teacher, Afghanistan;
  • M. Sajad Nikzad, Teacher, Afghanistan ;
  • Mursal Nikzad, Teacher, Afghanistan ;
  • Abdul Qadir Shahab, Teacher, Afghanistan;
  • M. Hasan Sahi, Teacher, Afghanistan ;
  • Mirwais Haqmal, Teacher, Afghanistan ;
  • Leeda Khurasai, Teacher, Afghanistan ;
  • Karishma Hashimi, Instructor, Afghanistan;
  • Majeed Shams, Architect, Afghanistan;
  • Azimullah Esmati, Master of Civil Engineering, Afghanistan;
  • Najibullah Hussaini, Engineer, Afghanistan ;
  • Burhanuddin Nezami, Engineer, Afghanistan ;
  • Abdul Hafiz Hafizi, Engineer, Afghanistan ;
  • Bahir, Engineer, Afghanistan;
  • Wali Bayan, Engineer, Afghanistan;
  • Abdul Khaliq Najir, Engineer, Afghanistan;
  • Diana Niazi, Engineer, Afghanistan;
  • Imam Jan, Engineer, Afghanistan ;
  • Khalil Ahmad Nadem, Engineer, Afghanistan;
  • Sayeed Aqa, Engineer, Afghanistan ;
  • Edris Rasouli, Engineer, Afghanistan ;
  • Raz Mohammad, Engineer of Mines, Afghanistan ;
  • Nasrullah Rahimi, Technical Engineer, Afghanistan ;
  • Ehsanullah, Helmand, Construction Engineer, Netherlands;
  • Ahmad Hamad, Technologist, Afghanistan ;
  • Akmal Ahmadi, Technologist, Afghanistan ;
  • Ershad Hurmati, Technologist, Afghanistan ;
  • M. Akram Shafim, Technologist, Afghanistan ;
  • M. Akbar Ehsan, Technologist, Afghanistan ;
  • Raziullah, Technologist, Afghanistan ;
  • Zaki Khorrami, IT Officer, Afghanistan ;
  • Osman Nikzad, Graphic Designer, Afghanistan ;
  • Maryam Ayani, Carpet Weaver, Afghanistan ;
  • Be be sima Hashimi, Tailor, Afghanistan ;
  • Maryam Masoumi, Tailor, Afghanistan ;
  • Roya Mohammadi, Craftsman, Afghanistan ;
  • Nadia Sayes, Craftsman, Afghanistan ;
  • Nazdana Ebad, Craftsman, Afghanistan ;
  • Sima Ahmadi , Bachelor of Biology, Afghanistan;
  • Sima Rasouli, Merchant, Afghanistan ;
  • Khatera Nawabi, Merchant, Afghanistan ;
  • Haji Noor Agha Haqyar, Merchant, Afghanstan;
  • Husna Anwari, Merchant, Afghanistan ;
  • Nargis Hashimi, Merchant, Afghanistan ;
  • Shakira Barish, Merchant, Afghanistan ;
  • Nasima Darwish, Merchant, Afghanistan ;
  • Wajiha Haidari, Merchant of Jawzjan, Afghanistan ;
  • Shagul, Merchant, Afghanistan ;
  • Fatima Nik Rasoul, Merchant, Afghanistan ;
  • Haji Farid Alikozai, Merchant, Afghanistan;
  • Nigina Nawabi, Merchant, Afghanistan ;
  • Masouda Nazimi, Merchant, Afghanistan ;
  • Najla Kohistani, Merchant, Afghanistan ;
  • Kerisma Jawhari, Merchant, Afghanistan ;
  • Hasina Hashimi, Merchant, Afghanistan ;
  • Husna Anwari, Merchant, Afghanistan ;
  • Maaz Baburzai, Merchant, Afghanistan ;
  • Freshta Safari, Merchant, Afghanistan;
  • Yalda Azimi, Merchant, Afghanistan ;
  • Azim Jan Baba Karkhil, Merchant, Afghanistan ;
  • Akhtar Mohammad, Merchant, Afghanistan ;
  • M. Haroon Ahmadzai, Merchant, Afghanistan ;
  • Azizullah Faizi, Former head of Afghanistan Cricket Board, Afghanistan ;
  • Wakil Akhar, Prosecutor, Afghanistan ;
  • Akhtar M. Azimi, Prosecutor, Afghanistan;
  • Shabnam Noori, Prosecutor, Afghanistan;
  • Be be Abeda Wayar, Prosecutor, Afghanistan;
  • Madina Ahmad Zai, Prosecutor, Afghanistan;
  • Shakila Joya, Former Employee of Attorney General, Afghanistan;
  • Sardar M. Akbar Bashash, Member, Afghanistan Balochs Union, Afghanistan ;
  • Eng. Abdul Dayan Balouch, Spokesperson of Afghanistan Balochs Union, Afghanistan ;
  • Shah Mahmood Lahoti, Member of Afghanistan Balochs Union, Afghanistan ;
  • Abdul Khaliq Barekzai, Advisor, Afghanistan Balochs Union, Afghanistan ;
  • Salahuddin Ayoubi Balouch, Advisor, Afghanistan Balochs Union, Afghanistan ;
  • Faizuddin Lashkari Balouch, Member, Afghanistan Balochs Union, Afghanistan ;
  • Sayed Ishaq Gilani, head of the National Solidarity Movement of Afghanistan, IEA;
  • Haji Zalmai Latifi, Representative, Qizilbash tribes, Afghanistan ;
  • Gul Nabi Ahmad Zai, Former Commander of Kabul Garrison, Afghanistan ;
  • Ghulam Hussain Rezaee, Member, Habitat Organization, Afghanistan ;
  • Dr. Amani Adiba, Doctor of Liberal Arts in Architecture and Urban Planning, Afghanistan;
  • Ismael Paienda, Afghan Peace Activist, France;
  • Mohammad Belal Rahimi, Head of Peace institution, Afghanistan ;
  • M. Mushtaq Hanafi, Head of Sayadan council, Afghanistan ;
  • Sabira Waizi, Founder of T.W.P.S., Afghanistan ;
  • Majabin Sharifi, Member of Women Network Organization, Afghanistan;
  • Shekiba Saadat, Former head of women affairs, Afghanistan ;
  • Atya Salik, Women rights activist, Afghanistan ;
  • Fatima Mahmoodi, Women rights activist, Afghanistan;
  • Diana Rohin, Women rights activist , Afghanistan;
  • Amena Hashimi, Head of Women Organization, Afghanistan;
  • Fatanh Sharif, Former employee of Gender equality, Afghanistan;
  • Sediq Mansour Ansari, Civil Activist, Afghanistan ;
  • Sebghatullah Najibi, Civil Activist, Afghanistan ;
  • Naemullah Nasiri, Civil Activist, Afghanistan;
  • Reha Ramazani, Civil Activist, Afghanistan ;
  • Lia Jawad, Civil Activist, Afghanistan;
  • Arezo Khurasani, Social Activist, Afghanistan ;
  • Beheshta Bairn, Social Activist, Afghanistan;
  • Samsama Haidari, Social Activist, Afghanistan;
  • Shabnam Nikzad, Humans Rights Activist, Afghanistan;
  • Mliha Sadiqi, Head of Young Development Organization, Afghanistan;
  • Mehria, Sharify, University Student;
  • Shiba Azimi, Member of IPSO Organization, Afghanistan;
  • Nadira Rashidi, Master of Management, Afghanistan;
  • Sefatullah Atayee, Banking, Afghanistan;
  • Khatira Yousufi, Employee of RTA, Afghanistan;
  • Yalda Mirzad , Employee of Breshna Company, Afghanistan;
  • Izzatullah Sherzad, Employee, Afghanistan;
  • Erfanullah Salamzai , Afghanistan;
  • Naser Abdul Rahim Khil, Afghanistan;
  • Ghulam Rasoul Faizi, Afghanistan;
  • Dr. Mir Agha Hasan Khil, Afghanistan;
  • Abdul Ghafor Muradi, Afghanistan;
  • Gul M. Azhir, Afghanistan;
  • Gul Ahmad Zahiryan, Afghanistan;
  • Shamsul Rahman Shams, Afghanistan;
  • Khaliq Stanekzai, Afghanistan;
  • M. Daud Haidari, Afghanistan;
  • Marhaba Subhani, Afghanistan;
  • Maazullah Nasim, Afghanistan;
  • Haji Mohammad Tayeb, Afghanistan;
  • Ali Sina Masoumi, Afghanistan ;
  • Sweeta Sadiqi Hotak, Afghanistan ;
  • Khatira Anwari, Afghanistan ;
  • Fatima Sharzad, Afghanistan ; Momen Shah Kakar, Afghanistan ;
  • Shah Rukh Raufi, Afghanistan ;
  • Hanifa Rasouli, Kabul, Afghanistan ;
  • Qudsia Ebrahimi, Afghanistan ;
  • Mahmood Haqiqat, Afghanistan ;
  • Nasir Abdul Rahim Khan, Kabul, Afghanistan ;
  • Abdul Hamid Ahmadzai, Afghanistan ;
  • Sardar Khan Sirat, Afghanistan ;
  • Zurmatullah Ahmadi, Afghanistan ;
  • Yasar Khogyani, Afghanistan ;
  • Shar Sha Lodi, Afghanistan ;
  • Ahmad Shah Omar, Afghanistan ;
  • M. Azam Khan Ahmad Zai, Afghanistan;
  • Nadia Farooq Sharzoi, Afghanistan;
  • Shar Ali Tazari, Afghanistan ;
  • Mayel Aqa Hakim, Afghanistan ;
  • Khatira Hesar, Afghanistan ;
  • Tamim Mehraban, Afghanistan ;
  • Lina Noori, Afghanistan ;
  • Khubaib Ghufran, Afghanistan ;
  • M. Yasin Farahmand, Afghanistan ;
  • Dr. Mir M. Ayoubi, Afghanistan ;
  • Dr. Namatullah Nabawi, Afghanistan ;
  • Abozar Zazai, Afghanistan ;
  • Atiqullah Rahimi, Afghanistan ;
  • Fahim Ahmad Sultan, Afghanistan ;
  • Humaira Farhangyar, Afghanistan ;
  • Imam M. Wrimaj, Afghanistan ;
  • Masoud Ashna, Afghanistan ;
  • Dr. Yahia Baiza, Afghanistan ;
  • Dr. Besmila, Afghanistan ;
  • Ehsan Shorish, Germany;
  • Irshad, Omer, Afghanistan;
  • Musa Noorzai, Afghanistan;
  • Lida Noori Nazhand, Afghanistan;
  • Dr. Abdul Masood Panah, Afghanistan;
  • Gholam Sachi Hassanzadah, Afghanistan;
  • Dr. Sayed Ali Eqbal, Afghanistan;
  • Hashmatullah Atmar, Afghanistan;
  • Ahmad Matin Safi, Afghanistan;
  • Ahmad Helmand, Afghanistan;
  • Ehsanullah Helmand, Afghanistan;
  • Izazatullah Sherzad, Afghanistan;
  • Hafizullah Omarzai, Afghanistan;
  • Hedayatullah Hilal, Afghanistan;
  • Edris Ramez, student, Afghanistan;
  • Amina Saadaty, Afghanistan;
  • Muska Hamidi, Afghanistan;
  • Raihana Ahmadi, Afghanistan;
  • Zuhal Sherzad, Afghanistan;
  • Meelad Ahmad, Afghanistan;
  • Devah Kubra Falcone, Germany;
  • Maryam Baburi, Germany;
  • Suraya Paikan, Afghanistan;
  • Abdul Fatah Ahmadzai, Afghanistan ;
  • Dr. Mohammad Zalmai, Afghanistan ;
  • Hashmatullah Parwarni, Afghanistan ;
  • Asadullah, Afghanistan;
  • Hedayat ullah Hillal, Afghanistan;
  • Najibullah Zazai, Afghanistan;
  • M. Yousuf Ahmadi, Afghanistan;
  • Ahmad Reshad Reka, Afghanistan;
  • Sayed Ahmad Arghandiwal, Afghanistan;
  • Nooria Noozai, Afghanistan;
  • Eng. Fahim Osmani, Afghanistan;
  • Wafiullah Maaraj, Afghanistan;
  • Roya Shujaee, Afghanistan;
  • Shakira Shujaee, Afghanistan ;
  • Adina Ranjbar, Afghanistan;
  • Ayesha Shafiq, Afghanistan;
  • Hajira Mujadidi, Afghanistan ;
  • Abdul Zahir Shekib, Afghanistan;
  • Zuhra Mohammad Zai, Afghanistan;
  • Razia Ghaws, Afghanistan;
  • Abdul Sabor Mubariz, Afghanistan;
  • Abdul Khaliq Ferdows, Afghanistan;
  • Abdul Shakoor Salangi, Afghanistan;
  • Nasir Ahmad Basharyar, Afghanistan;
  • Mohammad Mukhtar Sharifi, Afghanistan;
  • Mukhtar Ahmad Haqtash, Afghanistan;
  • Yousuf Amin Zazai, Afghanistan;
  • Zakiri Sahib, Afghanistan;
  • Mirwais Ghafori, Afghanistan;
  • Nesar Rahmani, Afghanistan;
  • Shar M. Amir Zadah, Afghanistan;
  • Yasin Farahmand, Afghanistan;
  • Faizul Haq Faizan, Afghanistan;
  • Khaibar Sarwary, Afghanistan;
  • Ali Sina Masoumi, Afghanistan;
  • Hamidullah Akhund Zadah, Afghanistan;
  • Dr. Benish, Afghanistan;
  • Hayatullah Fazel, Afghanistan;
  • Faizullah Habibi, Afghanistan;
  • Abdul Hamid Lyan, Afghanistan;
  • Abdul Qayoum Qayoum Zadah, Afghanistan;
  • Qazi Qudratullah Safi, Afghanistan;
  • Noor Agha Haqyar, Afghanistan;
  • Maryan Aiany, Afghanistan;

B. FROM ABROAD

  • Odile Mojon, Schiller Institute, Paris, France ;
  • Johanna Clerc, Choir Conductor, Schiller Institute Chorus, France ;
  • Sébastien Perimony, Africa Department, Schiller Institute, France ;
  • Christine Bierre, Journalist, Chief Editor of Nouvelle Solidarité, monthly, France ;
  • Marcia Merry Baker, agriculture expert, EIR, Co-Editor, USA ;
  • Bob Van Hee,Redwood County Minnesota Commissioner, USA ;
  • Dr. Tarik Vardag, Doctor in Natural Sciences (RER), Business Owner, Germany;
  • Richard Freeman, Department of Physical Economy, Schiller Institute, USA ;
  • Liliana Gorini, chairwoman of Movisol and singer, Italy;
  • Ulrike Lillge,Editor Ibykus Magazine, Berlin, Germany ;
  • Michelle Rasmussen, Vice President, Schiller Institute in Denmark, amateur musician;
  • Feride Istogu Gillesberg, Vice President, Schiller Institute in Denmark;
  • Jason Ross, Science Department, Schiller Institute, USA ;
  • Dennis Small, Director of the Economic Department, Schiller Institute, USA ;
  • Robert “Bob” Baker, Agriculture Commission, Schiller Institute, USA ;
  • Dr. Wolfgang Lillge, Medical Doctor, Editor, Fusion Magazine, Berlin, Germany ;
  • Ulf Sandmark, Vice-Chairman of the Belt and Road Institute, Sweden ;
  • Mary Jane Freeman, Schiller Institute, USA ;
  • Hussein Askary, South West Asia Coordinator, Schiller Institute, Sweden ;
  • David Dobrodt, EIR News, USA ;
  • Klaus Fimmen, 2nd Vice-Chairman of the Bürgerrechtsbewegung Solidarität (Büso) party, Germany;
  • Christophe Lamotte, Consulting Engineer, France ;
  • Richard Burden, EIR production staff, USA ;
  • Rolf Gerdes, Electronic Engineer, Germany;
  • Marcella Skinner, USA ;
  • Delaveau Mathieu, Farm Worker, France ;
  • Shekeba Jentsch, StayIN, Board, Germany;
  • Bernard Carail, retired Postal Worker, France ;
  • Etienne Dreyfus, Social Activist, France ;
  • Harrison Elfrink, Social Activist, USA ;
  • Jason Seidmann,USA ;

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Afghanistan: Qosh Tepa canal and prospects of Aral Sea basin water management

Let’s start with current events. In August 2021, faced with the Taliban takeover, the United States hastily withdrew from Afghanistan, one of the world’s poorest countries, whose population has doubled in 20 years to 39.5 million.

While the UN acknowledged that the country was facing « the worst humanitarian crisis » in the post-war era, overnight all international aid, which represented more than half of the Afghan budget, was suspended. At the same time, $9.5 billion of the country’s central bank assets, held in accounts at the US Federal Reserve and a number of European banks, were frozen.

Qosh Tepa canal

Despite these dramatic conditions, the Afghan government, via its state construction group, the National Development Company (NDC), committed $684 million to a major river infrastructure project, the Qosh Tepa Canal, which had been suspended since the Soviet invasion.

In less than a week, over 7,000 drivers flocked from the four corners of the country to work day and night on the first section of the canal, the first phase of which was completed in record time.

Politically, the canal project is a clear expression of the re-birth of an inclusive Afghanistan, as the region is mainly inhabited by Turkmen and Tajik populations, whereas the government is exclusively in the hands of the Pashtuns. The latter represent 57% rather than 37% of the country.

According to the FAO, 62.5% of the Abu Darya’s water comes from Tajikistan, 27.5% from Afghanistan (22 million m3), 6.3% from Uzbekistan, 1.9% from Kyrgyzstan and 1.9% from Turkmenistan.

The river irrigates 469,000 ha of farmland in Tajikistan, 2,000,000 ha in Turkmenistan and 2,321,000 ha in Uzbekistan.

So it’s only natural that Afghanistan should harness some of the river’s waters (10 million m³ out of a total of 61.5 to 80 million m³ per year) to irrigate its territory and boost its ailing agricultural production

By harnessing part of the waters of the Amu Daria river, the new 285 km-long canal will eventually irrigate 550,000 ha of arid land in ancient Bactria to the north, the « Land of a 1000 Cities » and« The Land of Oases » whose incomparable fertility was already praised by the 1st-century Greek historian Strabo.

In October 2023, the first 108 km section was impounded.

Agricultural production has been kick-started to consolidate the riverbanks, and 250,000 jobs are being created.

While opium poppy cultivation has been virtually eradicated in the Helmhand, the aim is to double the country’s wheat production and to become a grain net exporter.

Today, whatever one may think of the regime, the Afghans, who for 40 years have been self-destructing in proxy wars in the service of the Soviets and Americans, have decided to take their destiny into their own hands. Putting an end to the systemic corruption that has enriched an international oligarchy, they are determined to build their country and give their children a future, notably by making water available for irrigation, for health and for the inhabitants.

How did the world react?

On November 7, in The Guardian, Daanish Mustafa, a professor of « critical geography », explains that Pakistan must rid itself of the colonial spirit of water.

In his view, the floods that hit Pakistan in 2010 and 2022 demonstrate that « colonial » river and canal development is a recipe for disaster. It’s time, he concludes, to « decolonize » our imaginations on the subject of water by abandoning all our vanitous desires to manage water.

On November 9, the Khaama Press News agency reported:

Two days earlier, on November 7, Cédric Gras, Le Figaro‘s correspondent in Tashkent, published an article entitled:
« En Afghanistan, les Talibans creusent le canal de la discorde » (« In Afghanistan, the Taliban are digging the canal of discord »):

Obviously, the aim is to create scare. But if the accusation is hasty, it touches on a fundamental issue that deserves explanation.

Endoreic basin

Aral Sea Basin.

The Amu Daria, the 2539 km long river that the Greeks called the Oxus, and its brother, the 2212 km long Syr Daria, feed, or rather used to feed, the Aral Sea, which straddles the border between Uzbekistan and Kazakhstan. The water of both rivers were increasingly redirected by soviet experts to irrigate mainly cotton cultivation causing the Aral Sea to disappear.

I won’t go into detail here on the history of the ecological disaster that everyone has heard about but I am ready to answer your questions on that later;

Central Asia which of course should include Afghanistan.

The « Aral Sea Basin » essentially covers five Central Asian « stan » countries. To the North, these are Kazakhstan, followed by Kyrgyzstan, Tajikistan, Uzbekistan and Turkmenistan.
In fact, Afghanistan, whose border with the latter three countries is formed by sections of the Amu Darya, is geologically and geographically part of the « Aral Sea Basin ».

This is a so-called « endoreic basin ». (endo = inside; rhein = carried).

18 % of the world’s emerged surface is endoreic.

In Europe, we see falling rain and snowmelt flowing into rivers that discharge it into the sea. Not so in Central Asia. Rainwater, or water from melting snow, flows down mountain ranges. They eventually form rivers that either disappear under the sands, or form « inland seas » having no connection whatever to a larger sea and no outlet to the oceans. 18% of the world’s emerged surface is endoreic.

Among the best-known endoreic basins are the Dead Sea in Israel and Lake Chad in Africa.

Endoreic regions in Central Asia.

In Asia, there are plenty of them. Just think of the Tarim Basin, the world’s largest endoreic river basin in Qinjiang, covering over 400,000 km². Then there’s the vast Caspian Sea, the Balkhach and Alakoll lakes in Kazakhstan, the Yssyk Kul in Kyrgyzstan and, as we’ve just said, the Aral Sea.

The very nature of an endoreic basin strongly reinforces the fear that water is a scarce limited source. That realty can either bolster the conviction that problems cannot but be solved true cooperation and discussion, or push countries to go to war one against the other. Democraphic growth, economic progress and climate/meteorogical chaos can worsen that perception and make water issues appear as a « time-bomb ».

The early Soviet planners started with a strict quota system laid down in 1987 by Protocol 566 of the Scientific and Technical Council of the Soviet Ministry of Water Resources. The system fixed quotas for all countries, both in percentage and in BCM (Billions of Cubic Meters).

That simple quota system looks 100 % functional on paper. However, nations are not abstractions.

First, this system created quite rigid procedures and even would forbid some upstream countries to invest in their own agriculture since they had to deliver the water to their neighbors.

Second, conflict arose about dissymetric seasonal use of the water. The use of the water was completely different between « Upstream countries » such as Kyrgyzstan and Tajikistan and « Downstream countries » such as Uzbekistan and Turkmenistan.

Seasonal use of water is dissymmetric between « Upstream » and « Downstream » countries.

Upstream countries could accept releasing their water resources in autumn and winter since the release of the water provides them up to 90 % of their electricity via hydrodams.

Downstream countries however don’t need the water at that time but in spring and summer when their farmland needs to be irrigated.

However, in Central Asia, their seems to exist some sort of « geological justice » since downstream countries lacking water (Kazakhstan, Uzbekhistan and Turkmenistan) have vast hydrocarbon energy reserves such as coal, oil and gaz.

Therefore, not always stupid, Soviet planners, which realized that a simple quota system was insufficient to prevent conflict, created a compensation mechanism. Downstream nations, in exchange for water, would supply parts of their oil and gas to upstream nations to compensate the loss of potential energy that water represents.

However imperfect that mechanism, for want of a better one, it remained in place after the collapse of the Soviet Union in 1991.

It can be said that by appealing to an external factor of a given problem, in this case to bring energy in the equation to solve the water problem, soviet planners conceived in a rudimentary form what became known as the « Water, Energy, Food Nexus ». One cannot deal with theses factors as separate factors. They have to be conceived as part of a single, dynamic Monad.

Today, we should avoid the geopolitical trap. If we consider the water resources to be shared between the states of Central Asia and Afghanistan to be « limited », or even « declining » due to meteorological phenomena such as El Nino, we might hastily and geopolitically conclude that, with the construction of the Qosh Tepa canal, which will tap water from the Amu Daria, the « water time bomb » cannot but explode.

Solutions

So we need to be creative. We don’t have all the solutions but some ideas about where to find them:

  1. In Central Asia, especially in Turkmenistan but also Uzbekistan, huge quantities of water from the Abu Daria water basin are wasted. In 2021, Chinese researchers, looking at Central Asia’s potential in terms of food production, estimated that with improvements in irrigation, better seeds and other « agricultural technology », 56 % of the water can be saved farming the same crops, meaning that today, about half of the water is simply wasted.
  2. The lack of investment into new water infrastructure and maintenance cannot but lead to the kind of disasters the world has seen in Libya or Pakistan where, predictably, systems collapsed for lack of mere maintenance;
  3. Uncontrolled and controlled flooding are very primitive and inefficient forms of irrigation and should be outphased and replaced by modern irrigation techniques;
  4. Therefore, a water emergency should be declared and a vast international effort should assist all the countries of the Abu Daria basin, including Afghanistan, to modernize and improve the efficiency of their water infrastructure, be it lakes, canals, rivers and irrigation systems.
  5. Such and effort can best organized within the framework of the « One Belt, One Road » initiative and the Shanghai Cooperation Organization. BRICS countries such as China, Russia and India could help Afghanistan with data from their satellites and space programs.
  6. By improving the efficiency of water use, notably through targeted irrigation using « drip irrigation » as seen in the case of the Tarim basin in Xinjiang, it is possible to reduce the total amount of water used to obtain an even higher yield of agriculture production, while considerably increasing the availability of the water to be shared among neighbors. The know how and experience of African, South American, Israeli and Chinese agronomists, specialized in food production in arid countries, can play a key role.
  7. In the near future, Pumped Hydro Energy Storage (PHES), which means storing water in high altitude reservoirs for a later use, can massively increase the independance and autonomy of countries such as Afghanistan and others. Having sufficient water at hand at any time means also having the water security required to operate mining activities and handle thermal and nuclear electricity production units. PHES infrastructure would be greatly efficient on both sides of the Abu Daria and jointly operated among friendly nations.

Over the past 1,200 years, nations bordering waterways have concluded 3,600 treaties on the sharing of river usufructs, whether for fishing, river transport or the sharing of water for domestic, agricultural and industrial uses.

Afghanistan’s Qosh Tepa canal project is a laudable and legitimate initiative. But it is true that by breaking the status quo, it obliges a new dialogue among nations allowing each and all of them to rise to a higher level, a willing to live together increasingly the opposite to the dominant paradigm in the Anglosphere and its european followers.

It’s up to all of us to make sure it works out fine.

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The science of Oases, from the Indus Valley to Persian qanats

While the dog was domesticated as early as 15,000 years BC, we associate the first human activities aimed at managing water with the Neolithic period, which began around 10,000 BC.

It is thought to be the moment at which mankind moved from a « tribal subsistence economy of hunter-gatherers » to agriculture and animal husbandry, giving rise to villages and cities, where pottery, weaving, metallurgy and the arts would start blooming.

Key to this, the domestication of animals. The goat was domesticated around 11,000 BC, the cow around 9,000 BC, the sheep around -8,000 BC, and finally the horse around 2,200 BC in the steppes of Ukraine.

The oldest archaeological sites showing agricultural activities and irrigation techniques were discovered in the Indus Valley and the « Fertile Crescent ».

The site of Mehrgarh, in the Indus Valley, now Pakistan Balochistan, discovered in 1974 by François and Cathérine Jarrige, two French archaeologists, demonstrates important agricultural practices from 7000 BC onward.

Cotton, wheat and barley were grown, and beer was brewed. Cattle, sheep and goats were raised. But Mehrgarh was much more than that.

Vestiges de Mehrgarh (Balotchistan, Pakistan).

Contradicting the linear « developmental » schema, since we’re in the middle of the Neolithic, Mehrgarh is also home to the oldest pottery in South Asia and, above all, to the “Mehrgahr amulet”, the oldest bronze object casted with the « lost-wax » method.

Mehrgarh bronze casted amulette.

The first seals made of terracotta or bone and decorated with geometric motifs were found here.

On the technological side, tiny bow drills were used, possibly for dental treatment, as evidenced by the pierced teeth of some skeletons found on site.

At the same time, or shortly afterwards, around 6000 B.C., Mesopotamia, between the Tigris and Euphrates rivers, witnessed rapid urban development in terms of demographics, institutions, agriculture, techniques and trade.

A veritable « fertile crescent » emerged in the region stretching from Sumer to Egypt, passing through the whole of Mesopotamia and the Levant, i.e. Syria and the Jordan Valley.

Irrigation

Whether in the Indus Valley, Mesopotamia or Egypt, the earliest irrigation techniques are nothing but retaining as much water as possible when Mother Nature has the sweet kindness to offer it to mankind.

Rainwater was collected in cisterns and, as much as possible, when snowmelt or monsoon rains swell the rivers, the objective was to amplify and steer seasonal « flooding » by canals and trenches carrying the water as far away as possible to areas to be cultivated, while at the same time protecting crops.

In Egypt, for example, where the Nile rises by around 8 meters, the water brings not only moisture but also silt to the soil near the river, providing crops with the nutrients they need to grow and thus maintain the soil’s fertility.

While the Egyptians complained about the harsh labor condition of their farmers, for the Greek historian Herodotus, this was the place in the world where work was least arduous. Of Egypt he says:

In Mehrgarh, where agriculture was born from 7000 BC, the work was indeed far more demanding.

However, the drainage system around the village and the rudimentary dams to control water-logging indicate that the inhabitants understood most of the basic principles involved. The cultivation of cotton, wheat and barley, as well as the domestication of animals, show that they were also familiar with canals and irrigation systems.

Constantly refined, this know-how enabled the civilization of the Indus Valley to create great cities that impress us by their modernity, notably Harappa and Mohenjo Daro, a city of 40,000 inhabitants with a public bath in its center, not a palace.

Central bathing facility of Mohenjo Daro.

Pioneers of modern hygiene, these towns were equipped with small containers where residents could deposit their household waste.

Anticipating our « all-to-the-sewer » systems imagined in the early XVIth century by Leonardo da Vinci, for example in his plans for the new french capital of Romorantin, many towns had public water supplies as well as an ingenious sewage system.

In the port city of Lothal (now India), for example, many homes had private brick bathrooms and latrines. Wastewater was evacuated via a communal sewage system leading either to a canal in the port, or to a soaking pit outside the city walls, or to buried urns equipped with a hole for the evacuation of liquids, which were regularly emptied and cleaned.

Excavations at the Mohenjo Daro site reveal the existence of no fewer than 700 brick wells, houses equipped with bathrooms and individual and collective latrines.

Latrins of Mohenjo Daro.

Many of the city’s buildings had two floors or more. Water trickled down from cisterns installed on the roofs was channeled through closed clay pipes or open gutters that emptied into the covered sewers beneath the street.

Showers and sewer system of Mohenjo Daro.
Chadouf system to raise water to a higher level.

This hydraulic and sanitary know-how was passed on to the civilization of Crete, the mother of Greece, before being implemented on a large scale by the Romans.

It was forgotten with the collapse of the Roman Empire, only to return during the Renaissance.

Noria in Syria.

The first human contributions were aimed at maximizing water reservoirs and their gravity-flow capacity. To achieve this, it was necessary to transfer water from a lower level to higher ground and build « water towers ».

To this end, the Mesopotamian « chadouf » was widely used in Egypt, followed by the « Archimedean screw ».

Next came the « saquia » or « Persian wheel », a geared wheel driven by animal power, and finally the « noria », the best-known water-drawing machine, powered by the river itself.

Persian qanats

Before Alexander the Great, Persia’s Achaemenid Empire (6th century BC) developed the technique of underground qanats or underground aqueducts. This « draining gallery” cut into the rock or built by man, is one of the most ingenious inventions for irrigation in arid and semi-arid regions.

Whatever displeases our environmentalist friends, it’s not nature that magically produces « oases » in the desert.

It’s a scientific man who digs a drainage gallery from a water table close enough to the ground surface, or sometimes from an aquifer that flows into the desert.

On the website of ArchéOrient, archaeologist Rémy Boucharlat, Director of Emeritus Research at the French CNRS, an expert on Iran, explains:

Historically, the majority of the populations of Iran and other arid regions of Asia and North Africa depended on the water supplied by qanats; settlement areas thus corresponded to the places where their construction was possible.

The technique offers a significant advantage: as the water moves through an underground conduit, not a drop of water is lost through evaporation.

This technique spread throughout the world under various names: qanat and kareez in Iran, Syria and Egypt, kariz, kehriz in Pakistan and Afghanistan, aflaj in Oman, galeria in Spain, kahn in Balochistan, kanerjing in China, foggara in North Africa, khettara in Morocco, ngruttati in Sicily, bottini in Siena, etc.).

Improved by the Greeks and amplified by the Etruscans and the Romans, the qanats technique was carried by the Spaniards across the Atlantic to the New World, where numerous underground canals of this type still operate in Peru, Chile and western Mexico.

After Alexander the Great, Bactria, covering parts of today’s Uzbekistan, Turkmenistan and the northern part of Afghanistan, was even known as the « Oasis civilization » or the “Land of a 1000 Golden Cities”.

Iran boasts it had the highest number of qanats in the world, with approximately 50,000 qanats covering a total length of 360,000 km, about 9 times the circumference of the Earth !

Thousands of them are still operational but increasingly destabilized by erratic well digging and demographic overconcentration.

Shared responsability

In 1017, the Baghdad-based hydrologist Mohammed Al-Karaji provided a detailed description of qanat construction and maintenance techniques, as well as legal considerations about the collective management of wells and pipes.

While each qanat is designed and supervised by a mirab (dowser-hydrologist and discoverer), building a qanat is a collective task that takes several months or years for a village or group of villages. The absolute necessity of collective investment in the infrastructure and its maintenance calls for a superior notion of the common good, an indispensable complement to the notion of private property that rains and rivers are not accustomed to respecting.

In North Africa, the management of water distributed by a khettara (the local name for qanâts) is governed by traditional distribution norms known as « water rights ».

Originally, the volume of water granted per user was proportional to the work involved in building the khettara, and translated into an irrigation period during which the beneficiary could use all the khettara’s flow for his or her fields. Even today, when the khettara has not dried up, this rule of water rights still applies, and a share can be bought or sold. The size of each family’s fields to be irrigated must also be taken into account

All of this demonstrates that good cooperation between man and nature can do miracles if man decides so.

Thank you for your attention and questions welcome!

Iran, underground bathroom from Antiquity.



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Joachim Patinir and the invention of landscape painting

Joachim Patinir, Landscape with Saint Jerome, National Gallery, London.
Joachim Patinir (1485-1524), drawing by Albrecht Dürer, who attended Patinir’s wedding in Antwerp in 1520.

It is generally believed that the « modern » concept of landscape in Flemish painting only emerged with the work of Joachim Patinir (1485-1524), a Dinant-born painter working in Antwerp in the early 16th century.

For Viennese art historian Ludwig von Baldass (1887-1963), writing at the beginning of the 20th century, Patinir‘s work, presented as clearly ahead of its time, would herald landscape as überschauweltlandschaft, translatable as « panoramic landscape of the world », a truly cosmic and totalizing representation of the visible universe.

What characterizes Patinir‘s work, say the proponents of this analysis, is the sheer scale of the landscapes it presents for the viewer to contemplate.

This breadth has a dual character: the space depicted is immense (due to a panoramic viewpoint situated high up, almost « celestial »), while at the same time it encompasses, without concern for geographical verisimilitude, the greatest possible number of different phenomena and representative specimens, typical of what the earth can offer as curiosities, sometimes even imaginary, dreamlike, unreal, fantastic motifs: fields, woods, anthropomorphic mountains, villages and cities, deserts and forests, rainbows and storms, swamps and rivers, rivers and volcanoes.

Bayart Rock on the Meuse, near Dinant, Belgium.

For example, the « Bayart Rock », which borders the Meuse not far from Patinir‘s native town of Dinant.

In addition to this panoramic perspective, Patinir uses aerial perspective – theorized at the time by Leonardo da Vinci – by dividing the space into three color planes: brown-ochre for the first plane, green for the middle plane and blue for the distant plane.

However, the painter preserves the visibility of the totality of details with a meticulousness, minutiae and preciousness worthy of the Flemish masters of the XVth century, who, by tending towards a quantitative infinity (consisting in showing everything), sought to approach a qualitative infinity (allowing us to see everything).

For their part, the authors of the weltlandschaft thesis, after showering with praise, do not hesitate to strongly relativize his contribution, saying:

And it’s here that the trap of this approach, which consists in making us believe that the advent of landscape as an autonomous genre, its so-called « secularization », is simply the result of emancipation from a medieval and religious mental matrix, considered necessarily retrograde, for which landscape was reduced to a pure emanation or incarnation of divine power, is clearly identified.

Patinir, the first, would thus have demonstrated a purely « modern » aesthetic conception, and these « realistic » landscapes would mark the transition from a religious – and therefore obscurantist – cultural paradigm to a modern one, i.e. one devoid of meaning… which he would later be criticized for.

This is how the romantic and fantastic minds of the XVIIth and XVIIIth centuries viewed the artists of the XVth and XVIth centuries.

Von Baldass was undoubtedly influenced by the writings of Goethe, who, no doubt in a moment of enthusiasm for Greek paganism, analyzed the increasingly diminished role of religious figures in XVIth-century Flemish paintings and deduced that it was no longer the religious subject that was the subject, but the landscape.

Just as Rubens would have used the pretext of painting Adam and Eve expelled from Paradise to be able to paint nudes, Patinir would simply have seized the pretext of a biblical passage to be able to indulge his true passion, landscape…

A little detour via Hieronymus Bosch

A fresh look at Patinir’s work clearly demonstrates the error of this analysis.

To arrive at a more accurate reading, I suggest a detour to Hieronymus Bosch, whose spirit was very much alive among Erasmus‘ circle of friends in Antwerp (Gérard David, Quentin Massys, Jan Wellens Cock, Albrecht Dürer, etc.), of which Patinir was a member.

Bosch, contrary to the clichés still in vogue today, is above all a pious and moralizing spirit. If he shows vice, it’s not so much to praise it as to make us aware of just how much it attracts us. Faithful to the Augustinian traditions of Devotio Moderna, promoted by the Brothers of the Common Life (a spiritual renewal movement to which he was close), Bosch believes that man’s attachment to earthly things leads him to sin. This is the central theme of all his work, the spirit of which can only be penetrated by reading The Imitation of Christ, written, in all probability, by the founding soul of the Devotio Moderna, Geert Groote (1340-1384), or his disciple, Thomas à Kempis (1379-1471), to whom this work is generally attributed.

In this work, the most widely read in human history after the Bible, we read:

Bosch treats this subject with great compassion and humor in his painting The Hay Wagon (Prado Museum, Madrid).

Hieronymus Bosch, The Hay Chariot Altarpiece, central panel, reference to the vanity of earthly riches. Prado Museum, Madrid.

The allegory of straw already exists in the Old Testament. Isaiah 40:6 :

It was echoed in the New Testament by the apostle Peter (1:24):

Johannes Brahms uses this passage in the second movement of his German Requiem.

Bosch‘s triptych depicts a hay wagon, an allegory of the vanity of earthly riches, pulled by strange creatures on their way to hell.

The Duke of Burgundy, the Emperor of Germany and even the Pope himself (this is the time of Julius II…) follow close behind, while a dozen or so characters fight to the death for a blade of straw. It’s a bit like the huge speculative securities bubble that is leading our era into a great depression…

It’s easy to imagine the bankers who sabotaged the G20 summit to perpetuate their system, which is so profitable in the very short term. But this corruption doesn’t just affect the big boys. In the foreground of the picture, an abbot has entire sacks of hay filled, a false dentist and also gypsies cheat people for a bit of straw.

The peddler and the Homo Viator

The closed triptych sums up the same topos in the form of a peddler (not the prodigal son). This peddler, eternal homo viator, is an allegory of Man who fights to stay on the right path and insists on staying on it.

In another version of the same subject painted by Bosch (Museum Boijmans Beuningen, Rotterdam), the peddler advances op een slof en een schoen (on a slipper and a shoe), i.e. he chooses precariousness, leaving the visible world of sin (we see a brothel and drunkards) and abandoning his material possessions.

Painting by Bosch. Here, the peddler is merely a metaphor for the path chosen by the soul as it steadily detaches itself from earthly temptations. With his staff (faith), the believer repels the sin (the dog) that comes to bite his calves.

With his staff (symbol of faith), he fends off the infernal dogs (symbol of temptation), who try to hold him back.

Once again, these are not manifestations of Bosch‘s exuberant imagination, but of a metaphorical language common at the time. We find this representation in the margin of the famous Luttrell Psalter, a XIVth-century English psalter.

Luttrell Psalter, peddler with staff and infernal dog, British Library, London.

This theme of homo viator, the man who detaches himself from earthly goods, is also recurrent in the art and literature of this period, particularly since the Dutch translation of Pèlerinage de la vie et de l’âme humaine (pilgrimage of life and the human soul), written in 1358 by the Norman Cistercian monk Guillaume de Degulleville (1295-after 1358).

A miniature from this work shows a soul on its way, dressed as a peddler.

Miniature from Guillaume Degulleville’s Pèlerinage de la vie et l’âme humaine.

Nevertheless, while in the XIVth century this spiritual requirement may have dictated a sometimes excessive rigorism, the liberating laughter of nascent humanism (Brant, Erasmus, Rabelais, etc.) would bring happier, freer colors to Flemish Brabant culture (Bosch, Matsys, Bruegel), albeit later stifled by the dictates of the Council of Trent.

Man’s foolish attachment to earthly goods became a laughing matter. Published in Basel in 1494, Sébastien Brant’s Ship of Fools, a veritable inventory of all the follies that can lead man to his doom, left its mark on an entire generation, which rediscovered creativity and optimism thanks to the liberating laughter of Erasmus and his disciple, the Christian humanist François Rabelais.

In any case, for Bosch, Patinir and the Devotio Moderna, contemplation was the very opposite of pessimism and scholastic passivity. For them, laughter is the ideal antidote to despair, acedia (weariness) and melancholy.

Contemplation thus took on a new dimension. Each member of the faithful is encouraged to live out his or her Christian commitment, through personal experience and individual imitation of Christ. They must stop blaming themselves on the great figures of the Bible and Sacred History.

Man can no longer rely on the intercession of the Virgin Mary, the apostles and the saints. While following their examples, he must give personal content to the ideal of the Christian life. Driven to action, each individual, fully aware of his or her sinful nature, is constantly led to choose good over evil. These are just a few of the cultural backgrounds that enable us to approach Patinir’s landscapes in a different way.

Charon crossing the Styx

Patinir’s painting Charon Crossing the Styx (Prado Museum, Madrid), which combines ancient and Christian traditions, will serve here as our « Rosetta stone ». Inspired by the sixth book of the Aeneid, in which the Roman writer Virgil describes the catabasis, or descent into hell, or Dante‘s Inferno (3, line 78) taken from Virgil, Patinir places a boat at the center of the work.

Joachim Patinir, Charon crossing the Styx, Prado Museum, Madrid.

The tall figure standing in this boat is Charon, the Ferryman of the Underworld, usually portrayed as a gloomy, sinister old man. His task is to ferry the souls of the deceased across the River Styx.

In payment, Charon takes a coin placed in the mouths of the corpses. The passenger in the boat is thus a human soul.

Although the scene takes place after the person’s physical death, the soul – and this may come as a surprise – is tormented by the choice between Heaven and Hell.

Since the Council of Trent, it has been considered that a bad life irrevocably sends man to Hell from the moment of his death. But Christian faith continues, even today, to distinguish the Last Judgment from what is known as the « particular judgment ».

According to this concept, which is sometimes disputed within denominations, at the moment of death, although our final fate is fixed (Hebrews 9:27), all the consequences of this particular Judgment will not be drawn until the general Judgment, which will take place when Christ returns at the end of time.

So, the « particular judgment » that is supposed to immediately follow our death, concerns our last act of freedom, prepared by all that our life has been. Helping us to contemplate this ultimate moment therefore seems to be the primary aim of Patinir‘s painting, with other metaphors thrown in for good measure.

However, a closer look at the lower part of the painting reveals a contradiction that is absent from Virgil’s poem. While Hell is on the right (Cerberus, the three-headed dog guarding the gateway to Hell, can be seen), the gateway seems easily accessible, with splendid trees dotting the lawns.

To the left is Paradise. An angel tries to attract the attention of the soul in the boat, but it seems much more attracted by a seemingly welcoming Hell.

What’s more, the dimly-lit path to paradise seems perilous, with rocks, swamps and other dangerous obstacles. Once again, it’s our senses that may lead us to make a literally hellish choice.

Hercules at the crossroads, Ship of Fools, Sébastien Brant.

The subject of the painting is clearly that of the bivium, the binary choice at the crossroads that offers the pilgrim viewer the choice between the path of vice and that of salvation.

This theme was widespread at the time. We find it again in Sébastien Brant‘s Ship of Fools, in the form of Hercules at the crossroads. In this illustration, on the left, at the top of a hill, a naked woman represents vice and idleness. Behind her, death smiles down on us.

On the right, planted at the top of a higher hill, at the end of a rocky path, awaits virtue symbolized by work. Let’s also remember that the Gospel (Matthew 7:13-14) clearly evokes the choice we will face:

Landscape as an object of contemplation

The art historian Reindert Leonard Falkenburg, in his 1985 doctoral thesis, was the first to note that Patinir takes pleasure in transposing this metaphorical language to the whole of his landscape.

Although the image of impassable rocks as a metaphor for the virtue achieved by choosing the difficult path is nothing new, Patinir exploits this idea with unprecedented virtuosity.

We thus discover that the theme of man courageously turning away from the temptation of a world that traps our sensorium, is the underlying theo-philosophical theme of almost all Patinir’s landscapes. In this way, his work finds its raison d’être as an object of contemplation, where man measures himself against the infinite.Let’s return to our Landscape with Saint Jerome by Patinir (National Gallery, London).

Here we discover the « narrow gate » leading to a difficult path that takes us to the first plateau. This is not the highest mountain. The highest, like the Tower of Babylon, is a symbol of pride.

Next, let’s look at Resting on the Road to Egypt (Prado Museum, Madrid). At the side of the road, Mary is seated, and in front of her, on the ground, are the peddler’s staff and his typical basket.

Joachim Patinir, The Rest of the Holy Family, Prado Museum, Madrid.

In conclusion, we could say that, driven by his spiritual and humanist fervor, by painting increasingly impassable rocks – reflecting the immense virtue of those who decide to climb them – Patinir elaborates not « realistic » landscapes, but « spiritual landscapes », dictated by the immense need to tell the spiritual journey of the soul.

Hence, far from being mere aesthetic objects, his spiritual landscapes serve contemplation.

Like a half-ironic mirror image, they enable those who wish to do so to prepare for the choices their soul will face during, and after, life’s pilgrimage.

Bibliography:

  • R.L. Falkenburg, Joachim Patinir, Het landschap als beeld van de levenspelgrimage, Nijmegen, 1985;
  • Maurice Pons and André Barret, Patinir ou l’harmonie du monde, Robert Laffont, 1980;
  • Eric de Bruyn, De vergeten beeldentaal van Jheronimus Bosch, Adr. Heinen, s’Hertogenbosch, 2001;
  • Dirk Bax, Hieronymus Bosch, his picture-writing deciphered, A. A. Balkema, Capetown, 1979;
  • Georgette Epinay-Burgard, Gérard Groote, fondateur de la Dévotion Moderne, Brepols, 1998.
  • Karel Vereycken, Devotio Moderna, cradle of Humanism in the North, Artkarel.com, 2011;
  • Karel Vereycken, With Hieronymus Bosch on the track of the Sublime, Schiller Institute, 2007.
  • Karel Vereycken, How Erasmus Folly saved our Civilization, Schiller Institute, 2004.

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Victor Hugo and the awakening of the colossus

Steeped in a worldview of Christian humanism and love for the other, the french state sman, critic, author and poet Victor Hugo (1802-1885) felt challenged by the people and the misery in which they found themselves, without falling for a purely idealized or romantic vision. And when he sees the people rise, Hugo takes the measure of their colossal power, be it for good or for evil.

In his poem To the People (Les Châtiments, Book VI), he uses the powerful metaphor of the Ocean to characterize this often unpredictable force. In evoking it, Hugo addresses the people:

During the first half of his life, Hugo witnessed several popular uprisings. The years 1830 are particularly agitated. Riots and strikes broke out in the big cities, in Paris, Lyon, Marseille, provoked by the harshness of life that was aggravated by the crisis in agricultural production. Generally speaking, the rigor of working conditions was the result of absurd market mechanisms: faced with the collapse of industrial prices (1817-1851), entrepreneurs decided purely and simply to reduce wages!

Pauperization exploded and the workers rebelled against this dramatic decrease in their income. In Paris, Hugo had before his eyes the spectacle of a laboring mass, coming from the provinces to crowd into the center of the capital, uprooted, living in insalubrity and precariousness, exposed to epidemics (cholera in 1832), quick to riot (February and September 1831, June 1832, April 1834).

However, the workers, who represented only a small minority in a largely agricultural and peasant country, struggled to assert their demands, especially for shorter working days. Not yet structured, their fragmentation prevented them from acquiring a true consciousness of class solidarity. This battered mass, regularly agitated by brutal shocks, frightened the notables and the owners, who saw it as a dangerous class threatening their privileges.

Love stronger than pity

Hugo is very early aware that the misery of the people is the main “social question”. This sensitivity to the fate of the poorest is not that of the hypocritical lady-do-rightly, it is the bottom of his soul. And when, elected deputy, he evokes it in the Assembly, the conservatives of which he thought he was close until 1849, started to yell.

The misery of the working classes, the poet knew and had reported on it: misery of the prison (visit to the Conciergerie, in Choses vues, September 1846), misery of working-class life (visit to the cellars of Lille in February 1851, speech not delivered that will inspire the poem of the Châtiments « Joyful life »). He is convinced that it can be eradicated.

Contradicting the conservatives, the working classes are not, in his eyes, « dangerous classes ». They are even in danger, and the fact that they are in danger threatens the stability of the whole society:

If he abandons his convictions as a young Royalist to become a passionate Republican of progress, Hugo fears chaos and needless bloodshed. Although he did not live through 1793 and the Terror, he is obsessed with the memory of the bloody days of the French Revolution, when the guillotine was in full swing.

Reporting on the insurrection, in 1832, more than the violence as such, he denounced the extremists who, for personal calculations and not to fight against injustice, excite the masses to revolt and announce for the end of the month « four beautiful permanent guillotines on the four main squares of Paris”.

Hugo considers this strategy as a political dead end (« Don’t ask for rights as long as the people ask for heads »), while understanding its legitimacy:

With irony, he points out to the powerful that « the most excellent symbol of the people is the pavement. You walk on it until it falls on your head. » (Things Seen, 1830 to 1885.)

Like the German poet Friedrich Schiller, Hugo believes that the role of the artist and the poet is to elevate the debate. Art, like the polar star shining in the night for sailors lost on the ocean, is essential to guide the people to safety.

Magnanimous

Politically, in order to lay the foundations of a peaceful and harmonious future destiny, he affirms that compassion and forgiveness must prevail over hatred and vengeance.

Lucid, the poet declares that « to open a school is to close a prison, » for « when the people are intelligent, only then will the people be sovereign. »

This is the treatment applied to Jean Valjean, the main hero of Les Misérables: the poor thief, an escaped convict, will eventually become the great soul that his host of one evening, Monsignor Myriel, had been able to detect in him while the rest of society proved unable to identify it … Hugo will spend his life to de-demonize « the beggars » (les gueux), that is to say the people.

In 1812, in his song Les gueux, the popular chansonnier Pierre-Jean de Béranger*, whom he admired, intoned:

In one of his greatest speeches (in July 1851, on the reform of the Constitution), Hugo claimed for the people (and for all) the right to material life (assured work, organized assistance, abolition of the death penalty) and the right to intellectual life (compulsory and free education, freedom of conscience, freedom of expression, freedom of the press).

In short, in embryo, the vision of a Jaurès and a De Gaulle that we will find in « Les Jours heureux » (The Happy Days), the program of the National Council of the Resistance (CNR), and the antithesis of the financial globalization that is inflicted on us today.

A whistleblower

Le colosse, Goya.

In 1527, in a letter to his friend Thomas More, the humanist Erasmus of Rotterdam warned the powerful: if the Church of Rome does not adopt the measures of progressive and peaceful reform that he, Erasmus, proposes, they will be guilty of having provoked a century of violence.

In Les années funestes (1852), knowing the power of the colossus, Victor Hugo also warned the oligarchy. A warning that keeps its topicality:

NOTE:

*Christine Bierre: « Pierre-Jean de Béranger : la chanson, une arme républicaine » in Nouvelle Solidarité N°07/2022.

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Derrière les « chevaux célestes » chinois, la science terrestre

Cheval volant de Gansu (porté par une alouette ou un autre oiseau sur lequel il pose son sabot…).

Nul besoin d’être anthropologue pour comprendre que l’histoire de l’humanité a radicalement changé avec la domestication du cheval, certaines choses considérées comme impossibles auparavant devenant, du jour au lendemain, la normalité.

Peinture rupestre (-36 000 ans), Grotte Chauvet, France.

La question de savoir quand et comment l’animal a été domestiqué reste sujet à controverse. Bien que des chevaux apparaissent dans l’art rupestre du paléolithique dès 36 000 ans avant notre ère (grotte Chauvet, France), il s’agissait alors de chevaux sauvages sans doute chassés pour leur viande.

Pour les zoologistes, la domestication se définit comme la maîtrise de l’élevage, pratique confirmée par des restes de squelettes anciens indiquant des changements dans la taille et la variabilité des populations de chevaux anciens.

Peinture rupestre montrant un guerrier à cheval (-10 000 ans), grotte du Bhimbetka, Inde.

D’autres chercheurs s’intéressent à des éléments plus généraux de la relation homme-cheval, notamment les preuves squelettiques et dentaires de l’activité professionnelle, les armes, l’art et les artefacts spirituels, ainsi que les modes de vie. Il est prouvé que les chevaux furent une source de viande et de lait avant d’être dressés comme animaux de travail.

En Inde, près de Bhopal, les abris-sous-roche du Bhimbetka, qui constituent le plus ancien art rupestre connu du pays (100 000 av. JC)), représentent des scènes de danse et de chasse de l’âge de pierre ainsi que des guerriers à cheval d’une époque plus tardive (10 000 av. JC).

Char tiré par des chevaux, art achéménide, Ve siècle av. JC.

Les preuves les plus évidentes de l’utilisation précoce du cheval comme moyen de transport sont les sépultures présentant des chevaux avec leurs chars. Les plus anciens vrais chars, datant d’environ 2000 av. JC, ont été retrouvés dans des tombeaux de la culture de Sintachta, dans des sites archéologiques situés le long du cours supérieur de la rivière Tobol, au sud-est de Magnitogorsk en Russie. Il s’agit de chars à roues à rayons tirés par deux chevaux.

Kazakhstan et Ukraine

Cheval de Przewalkski.

Jusqu’à récemment, on pensait que le cheval le plus communément utilisé aujourd’hui était un descendant des chevaux domestiqués par la culture de Botaï, vivant dans les steppes de la province d’Akmola au Kazakhstan.

Cependant, des recherches génétiques récentes (2021) indiquent que les chevaux de Botaï ne sont que les ancêtres du cheval de Przewalski, une espèce qui a failli disparaître.

Selon les chercheurs, notre cheval commun, Equus ferus caballus, aurait été domestiqué il y a 4200 ans en Ukraine, dans la région du Don-Volga, c’est-à-dire la steppe pontique-caspienne de l’Eurasie occidentale, vers 2200 av. JC. Au fur et à mesure de leur domestication, ces chevaux ont été régulièrement croisés avec des chevaux sauvages.

Il est intéressant de noter à cet égard que, selon « l’hypothèse kourgane » formulée par Marija Gimbutas en 1956, c’est depuis cette région que la plupart des langues indo-européennes se sont répandues dans toute l’Europe et certaines parties de l’Asie.

Le nom vient du terme russe d’origine turque, « kourgane », qui désigne les tumuli caractéristiques de ces peuples et qui marquent leur expansion en Europe.

La Route du thé, du cheval ou de la soie?

Ferdinand von Richthofen.

La description des échanges commerciaux, culturels et humains tout au long des « Routes de la soie » a fait couler beaucoup d’encre. Or, ce terme est récent. Ce n’est qu’en 1877 que le géographe allemand Ferdinand von Richthofen l’utilise pour la première fois afin de désigner ces axes Est-Ouest structurant les échanges mondiaux.

En réalité, il s’avère que l’une des principales marchandises échangées sur ladite Route de la soie était… les chevaux et autres animaux de labour (mules, chameaux, ânes et onagres).

Si l’on y échangeait effectivement la soie et le thé, ces produits constituaient, comme la porcelaine et l’or, un moyen pour régler d’autres achats, notamment les chevaux que les Chinois cherchaient à acquérir.

Ce que l’on appelait la « Route du thé et du cheval » (route de la soie du sud) partait de la ville de Chengdu, dans la province du Sichuan, en Chine, traversait le Yunnan vers le sud, jusqu’en Inde et dans la péninsule indochinoise, et s’étendait vers l’ouest jusqu’au Tibet.

C’était une route importante pour le commerce du thé en Chine du Sud et en Asie du Sud-Est, et elle a contribué à la diffusion de religions comme le taoïsme et le bouddhisme dans la région. Il est vrai que « Route de la soie » est plus poétique que « route du crottin » !

La Steppe et ses nomades

« Grande muraille » de Chine.

Constamment harcelée par les peuples nomades des steppes du Nord, la Chine entreprit la construction de sa Grande Muraille dès le VIIe siècle av. JC.

La liaison entre les premiers éléments fut réalisée par Qin Shi Huang (220-206 avant JC.), le premier empereur de Chine, et l’ensemble du mur, achevé sous la dynastie des Ming (1368-1644), est devenu l’un des exploits les plus remarquables de l’histoire humaine.

Le terme générique de « nomades eurasiens » englobe les divers groupes ethniques peuplant la steppe eurasienne, se déplaçant à travers les steppes du Kazakhstan, du Kirghizistan, du Tadjikistan, du Turkménistan, d’Ouzbékistan, de Mongolie, de Russie et d’Ukraine.

En domestiquant le cheval vers 2200 av. JC., ces peuples augmentèrent considérablement les possibilités de vie nomade.

Par la suite, leur économie et leur culture se concentrèrent sur l’élevage de chevaux, l’équitation et le pastoralisme nomade, permettant de riches échanges commerciaux avec les peuples sédentaires vivant en bordure de la steppe, que ce soit en Europe, en Asie ou en Asie centrale.

On pense qu’ils opéraient souvent sous forme de confédérations. Par définition, les nomades ne créent pas d’empires. Sans forcément les occuper, en contrôlant les points névralgiques, ils règnent en maître sur d’immenses territoires.

Ce sont eux qui développèrent le char, le chariot, la cavalerie et le tir à l’arc à cheval, introduisant des innovations telles que la bride, le mors, l’étrier et la selle, qui traversèrent rapidement toute l’Eurasie et furent copiées par leurs voisins sédentaires.

Durant l’âge du fer, des cultures scythes (iraniennes) apparurent parmi les nomades eurasiens, caractérisées par un art distinct, dont la joaillerie en or force l’admiration.

Le cheval en Chine

Les objets funéraires chinois fournissent une quantité extraordinaire d’informations sur le mode de vie des Chinois de l’Antiquité. La cavalerie militaire, mise sur pied dès le IIIe siècle avant J.C., s’y développe afin de faire face aux guerriers nomades et archers à cheval qui menacent la Chine le long de sa frontière septentrionale. Leurs grands et puissants chevaux étaient nouveaux pour les Chinois.

Échangés contre de la soie de luxe, comme nous l’avons dit, ils sont la première importation majeure en Chine depuis la Route de la soie. Des vestiges archéologiques montrent qu’en l’espace de quelques années, les merveilleux destriers arabes deviennent extrêmement populaires auprès des militaires et des aristocrates chinois, et les tombes des classes supérieures sont remplies de représentations de ces grands chevaux destinés à être utilisés dans l’au-delà. Ils restent cependant difficiles à trouver sur place…

Les diplomates chinois et le royaume de Dayuan (Ferghana)

Zhang Qian prenant congé de l’empereur Wu en -138, peinture murale des grottes de Mogao datant d’environ le VIIIe siècle.

À la fin du IIe siècle av. JC., Zhang Qian, diplomate et explorateur de la dynastie Han, se rend en Asie centrale et découvre trois civilisations urbaines sophistiquées créées par des colons grecs appelés Ioniens.

Le récit de sa visite en Bactriane, et son étonnement d’y trouver des marchandises chinoises sur les marchés (acquises via l’Inde), ainsi que ses voyages en Parthie et au Ferghana, sont conservés dans les œuvres de Sima Qian, l’historien des premiers Han.

Une touriste prend des photos d’une carte montrant le deuxième voyage de Zhang Qian vers l’Ouest. Photo prise au tombeau de Zhang Qian dans le comté de Chenggu de Hanzhong.

À son retour, son récit incite l’empereur chinois à envoyer des émissaires à travers l’Asie centrale pour négocier et encourager le commerce avec son pays. « Et c’est ainsi que naquit la route de la soie », affirment certains historiens.

Carte de la vallée de Ferghana.

Outre la Parthie et la Bactriane, Zhang Qian visite, dans la fertile vallée de Ferghana (aujourd’hui essentiellement au Tadjikistan), un État que les Chinois baptisèrent le royaume de Dayuan (« Da » signifiant « grand » et « Yuan » étant la translittération du sanskrit Yavana ou du pali Yona, utilisé dans toute l’Antiquité en Asie pour désigner les Ioniens, ou colons grecs).

Les Actes du grand historien et le Livre des Han décrivent Dayuan comme un pays de plusieurs centaines de milliers d’habitants, vivant dans 70 villes fortifiées de taille variable.

Princesse bactriane.

Ils cultivent le riz et le blé et produisent du vin à partir de leurs vignes. Ils avaient des traits caucasiens et des « coutumes identiques à celles de la Bactriane » (l’État le plus hellénistique de la région depuis Alexandre le Grand), dont l’épicentre se trouve alors au nord de l’Afghanistan. (voir notre article)

En outre, le diplomate chinois rapporte un fait d’un grand intérêt stratégique : la présence, dans la vallée de la Ferghana, de chevaux incroyables, rapides et puissants, élevés par ces Ioniens !

Expansion de la dynastie des Hans.

Or, comme nous l’avons déjà dit, la Chine, se sentant menacée en permanence par les peuples nomades des steppes, était en train de construire sa Grande Muraille. Elle avait également conscience de son infériorité militaire par rapport aux nomades des steppes et déplorait son manque cruel de puissants chevaux.

Sans oublier que, dans l’échelle des valeurs chinoises, le cheval possédait une valeur spirituelle et symbolique presque aussi forte que le dragon : il pouvait voler et représentait l’esprit divin et créatif de l’univers lui-même, chose essentielle pour tout empereur désireux d’acquérir aussi bien la sécurité militaire pour son empire que son immortalité personnelle.

Bref, posséder de bons chevaux est alors une question allant au-delà de la sécurité nationale, tout en l’incluant. À tel point qu’en 100 av. JC., lorsque le souverain de la vallée de Ferghana refuse de lui fournir des chevaux de qualité, la dynastie Han déclenche contre Dayuan la « guerre des chevaux célestes ».

Guerre des chevaux célestes



C’est un conflit militaire qui se déroule entre 104 et 102 av. JC. entre la Chine et Dayuan, Etat peuplé d’Ioniens (entre l’Ouzbékistan, le Kirghizstan et le Tadjikistan actuels

Tout d’abord, l’empereur Wu décide d’infliger une défaite décisive aux nomades des steppes, les Xiongnu, qui harcèlent la dynastie Han depuis des décennies.

Pour les faire plier, en 139 av. JC, il envoie le diplomate Zhang Qian avec pour mission d’arpenter l’ouest et d’y forger une alliance militaire avec les nomades chinois Yuezhi contre les Xiongnu.

Zhang Qian, comme nous l’avons dit, se rend en Parthie, en Bactriane et à Dayuan. À son retour, il impressionne l’empereur en lui décrivant les « chevaux célestes » de la vallée de Ferghana, qui pourraient grandement améliorer la qualité des montures de la cavalerie Han lors des combats contre les Xiongnu.

La cour des Han envoie alors jusqu’à dix groupes de diplomates pour acquérir ces « chevaux célestes ».

Cheval céleste.


Une mission commerciale et diplomatique arrive donc à Dayuan avec 1000 pièces d’or et un cheval d’or pour acheter les précieux animaux. Dayuan, qui était à cette époque l’un des États les plus occidentaux à avoir des émissaires à la cour des Han, commerce déjà avec eux depuis un certain temps à son grand avantage. Non seulement sa population accède aux marchandises orientales, mais apprend des soldats Han la fonte des métaux pour fabriquer des pièces et des armes. Cependant, contrairement aux autres envoyés à la cour des Han, ceux de Dayuan ne se conforment pas aux rituels des Han et se montrent arrogants, pensant que leur pays est trop éloigné pour avoir à craindre une invasion.

Dès lors, dans un élan de folie et par pure arrogance, le roi du Dayuan non seulement refuse le marché, mais confisque l’or. Les envoyés des Han maudissent les hommes de Dayuan et brisent le cheval d’or qu’ils avaient amené. Furieux de cet acte de mépris, les nobles de Dayuan ordonnent aux militaires de Yucheng, qui se trouvent à leur frontière orientale, d’attaquer les envoyés, de les tuer et de s’emparer de leurs marchandises.

Humiliée et furieuse, la cour des Han envoie alors une armée dirigée par le général Li Guangli pour soumettre Dayuan, mais leur première incursion s’avère mal organisée et insuffisamment approvisionnée.

Deux ans plus tard, une seconde expédition, plus importante et mieux approvisionnée, parvient à assiéger la capitale des Dayuan, « Alexandria Eschate » (aujourd’hui proche de Khodjent, au Tadjikistan), forçant les Dayuan à se rendre sans condition.

Le général Li Guangli.



Les forces expéditionnaires y installent alors un régime pro-Han et repartent avec 3000 chevaux. Il n’en restera que 1000 à leur arrivée en Chine, en 101 av. JC.

Le Dayuan accepte également d’envoyer chaque année deux chevaux célestes à l’empereur et des semences de luzerne sont ramenées en Chine, fournissant des pâturages de qualité supérieure pour élever de beaux chevaux afin de fournir une cavalerie capable de faire face aux Xiongnu qui menacent le pays.

Les chevaux ont depuis lors captivé l’imagination populaire en Chine, inspirant des sculptures, faisant l’objet d’élevage dans le Gansu et dotant la cavalerie de 430 000 chevaux de ce type sous la dynastie des Tang.

La Chine et la Révolution agricole

Après avoir imposé son rôle dans la stratégie militaire pour les siècles à venir, le cheval devient, avec la maîtrise de l’eau, le facteur clé permettant d’accroître la productivité agricole.

Contrairement aux Romains, qui préféraient utiliser du « bétail humain » (esclaves) plutôt que des animaux (qu’ils élevaient pour les courses), les Chinois ont contribué de façon décisive à la survie de l’humanité avec deux innovations cruciales concernant l’attelage des chevaux.

Rappelons que pendant toute l’Antiquité, que ce soit en Égypte ou en Grèce, charrues et chariots sont tirés à l’aide d’une bande de cuir encerclant le cou de l’animal.

Cet attelage s’apparente au joug utilisé pour les bœufs, la charge étant attachée au sommet du collier, au-dessus du cou. Le cheval se trouvant ainsi constamment étranglé, ce système réduit considérablement sa capacité à travailler, et plus il tire, plus il a du mal à respirer.

En raison de cette contrainte physique, le bœuf restera l’animal préféré pour les travaux lourds tels que le labourage. Cependant, il est lent, difficile à manœuvrer et n’a pas l’endurance du cheval, qui est deux fois supérieure pour une puissance équivalente.

La Chine aurait d’abord inventé la « bricole », large courroie de cuir enserrant le poitrail du cheval, ce qui était un premier pas dans la bonne direction.

La « bricole » sous la dynastie Han.

Au Ve siècle, la Chine invente « le collier d’épaule », conçu comme un ovale rigide qui s’adapte au cou et aux épaules du cheval sans lui couper le souffle.

Il présente les avantages suivants :
— Il soulage la pression exercée sur la gorge du cheval, libérant les voies respiratoires de toute constriction, ce qui améliore considérablement le débit d’énergie de l’animal.
— Les traits peuvent être attachés de chaque côté du collier, ce qui permet au cheval de pousser sur ses pattes postérieures, plus puissantes, au lieu de tirer avec celles de devant, plus faibles.

Vous me direz qu’il s’agit là d’une simple anecdote. Vous avez tort, car ce qui semble n’être qu’un changement mineur aura des conséquences gigantesques.

La Renaissance européenne

Miniature montrant un cheval de trait.

Dans le cadre d’une alliance stratégique et d’une coopération avec le califat humaniste des Abbassides de Bagdad (voir notre article), Charlemagne et ses successeurs ont défriché de vastes terrains pour l’agriculture, amélioré l’usage de l’eau et généralisé le collier d’épaule pour les chevaux de trait.

Grâce à ce nouvel outil beaucoup plus efficace, les agriculteurs européens ont pu tirer pleinement parti de la force du cheval, qui sera alors capable de tirer une autre innovation récente, la lourde charrue. Cela s’est avéré particulièrement appréciable pour les sols durs et argileux, ouvrant de nouvelles terres à l’agriculture.

Le collier, la charrue lourde et le fer à cheval ont contribué à l’essor de la production agricole.

Entre l’an 1000 et l’an 1300, les rendements agricoles ont été multipliés par trois, autant que la population d’Europe et de France.

Ainsi, entre l’an 1000 et l’an 1300, on estime qu’en Europe, les rendements agricoles ont triplé, permettant de nourrir un nombre croissant de citoyens dans les villes urbaines apparues au XVe siècle et de donner le coup d’envoi à la Renaissance européenne. Merci la Chine !

Certains chiffres laissent néanmoins perplexes :

–Il aura fallu des milliers d’années à l’humanité pour domestiquer le cheval, en 2200 av. JC. (bien après la vache).
— Il faudra encore 2700 ans à l’humanité pour trouver, au Ve siècle de notre ère, la façon la plus efficace d’utiliser sa force motrice…

Le passage d’une plateforme d’infrastructure inférieure à une plate-forme d’infrastructure supérieure peut certes prendre un certain temps. Les nouvelles plateformes supérieures d’aujourd’hui s’appellent l’espace et l’énergie de fusion.

N’attendons pas encore un millénaire pour savoir comment les utiliser correctement !

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Grands travaux : l’exemple inspirant du « Plan Freycinet »

Port de Marseille avec les voies ferrées arrivant sur les quais.
Charles de Freycinet.

L’analyse de Charles de Freycinet sur les buts de la science économique est limpide et se résume en une phrase : « Le progrès économique, c’est la plus grande satisfaction pour le moindre effort. »

Si l’objectif phare est de donner accès au chemin de fer à tous les Français, il s’agit de favoriser le développement économique du pays par le désenclavement des régions reculées.

Les promoteurs du plan veulent également aboutir à un contrôle plus strict de l’État voire au rachat des compagnies de chemins de fer.

L’analyse de Freycinet sur les buts de la science économique n’est pas sans rappeler la pensée du philosophe et scientifique allemand Leibniz :

Pour sa mise en œuvre, le « plan Freycinet » est inscrit dans la loi de Finances et une première loi est votée le 18 mai 1878.

Ensuite, il fait l’objet de trois lois promulguées par Jules Grévy, président de la République, à quelques jours d’intervalle:

1. Nouvelles lignes ferroviaires nationales et secondaires

Poseurs de rail.

La première concerne la construction de 8700 kilomètres de nouvelles voies ferroviaires soit 154 lignes dites d’intérêt général (avec un écartement des voies d’1m43) afin de desservir toutes les sous-préfectures du pays.

Leur construction est assurée, soit par les grandes compagnies privées, le coût étant le plus souvent pris en charge par l’État, soit par l’État lui-même. Freycinet est ainsi à l’origine de la compagnie de l’État (loi du 18 mai 1878).

Dans le même temps il s’agit de désenclaver tous les chefs lieux de cantons par des réseaux secondaires (lignes dites « d’intérêt local » avec un écartement des voies d’1 m) construites principalement à l’initiative des conseils généraux.

Le réseau ferré français, avant et après le plan Freycinet.

La longueur des ces réseaux départementaux passera de 2187 kilomètres en 1880 à 17 653 km en 1913.

2. L’aménagement du réseau fluvial

Dans le domaine de la navigation fluviale le plan Freycinet ambitionne la création d’un réseau national unifié et cohérent de voies navigables, par l’amélioration de 14 600 km de voies existantes et par la m