Étiquette : Karel

 

Matsys topwork should return to Antwerp Cathedral, says Karel Vereycken

Karel’s book can be ordered directly on the website of the editor BLINUET.
https://blinuet.nl/boeken/de-kunst-der-zotheid

EN TRANSLATION

Topwork of Quinten Matsys should return to the Cathedral, says Historian Karel Vereycken

In 1509, the Antwerp Carpenters’ (Joiners’) Guild commissioned an impressive tryptique from Quinten Matsys, at that time the city’s foremost painter.

The painting decorated in 1511 the chapel of the carpenters in the Cathedral. The central panel shows the lamentation over Christ’s dead body. The side panels show the martyrdom of Saint John the Evangelist and Salome presenting the head of the decapitated John the Baptist. Both Johannes were patron saints of the carpenters.

In 1581, to protect the work, Maarten de Vos, the dean of the Saint Luke’s painters guild, convinced the city-council to buy the painting. In this way, the absolute topwork of the Renaissance was preserved for the city. The painting was temporarily housed at the City Hall and is today on show at the Royal Museum of Fine Arts (KMSK).

“It would be a powerful symbol to bring this work back to the Cathedral”, says painter-engraver and historian Karel Vereycken, author of “Erasmus, Matsys, Da Vinci, the Art of Folly” (Published by Blinuet, 2026). The book, an enthusiastic eulogy of the nearly forgotten master, throws new light on the surprising cultural cross-fertilization between Da Vinci’s grotesk heads and those of Matsys.

“With Rubens shines the Silver Age of Antwerp baroke”, argues Vereycken, “but with Matsys, we can give back glory to the Golden Century of Antwerp and Leuven, that of Erasmus, Thomas More, Albrecht Dürer and the European Renaissance.” The other masterpiece of Matsys, “The Fraternity of Saint Anna” (today in the Royal Museum of Fine Arts of Brussels) « could also find its place back in the Sint Pieters church of Leuven, the native city of the painter”, pleads Vereycken.

Merci de partager !

Du 2-7 nov. 2026 à Paris, Karel Vereycken à la Galerie Mona Lisa

Merci de partager !

« The Art of Folly » arriving soon ! Karel Vereycken’s new book on Matsys, Erasmus and Da Vinci

After long years of intensive research, writing and editing, painter engraver and historian Karel Vereycken is thrilled to announce that on Nov. 9, 2026, his new book « De kunst der Zotheid, Matsys – Erasmus – Da Vinci » will reach the bookstores of Belgium and the Netherlands.

The book is published in Dutch by BLINUET in Groningen, Netherlands, and can be pre-ordered as of today on the publishers website via this LINK:

https://blinuet.nl/boeken/de-kunst-der-zotheid

NEDERLANDS, achterkant van de omslag:

‘De Kunst der Zotheid’ is een antwoord of Erasmus’ Lof der Zotheid, héél veel gelezen maar niet altijd begrepen. Aan de hand van denkers en kunstenaars van het christelijk humanisme – Dürer, Da Vinci en in het bijzonder Quinten Matsys – onderzoekt de auteur de tijdswending van het einde van de 15de eeuw, waarin voor het eerst humor en satire krachtige wapens werden voor instrospectie en sociale ontvoogding.

Niet langer was de duivel de oorsprong van onze ondergang, maar de zwakheden van de mens zelf, ongeacht onze natuurlijke neiging naar het goede. In navolging van Het Narrenschip van Brant (1494) en later Lof der Zotheid (1509), ontstond er een generatie kunstenaars in de Lage Landen én in Italië, die het humanistische gedachtengoed prachtig vertaalde in hilarische, visuele satire, een wapen dat tot op de dag van vandaag relevant blijft.

Uitermate bijzonder daarin is de culturele kruisbestuiving tussen de Vlaamse meesters enerzijds en Leonardo da Vinci anderzijds. Voorzien van prachtige illustraties schets De kunst der Zotheid de verrassende dialoog die plaatsvond tussen de groteske tronies van de Italiaanse grootmeester en de hilarische schilderijen vn Matsys. Véél meer dus dan leerzaam leesvoer: een dikke brok kijkgenot.

FRANCAIS, sommaire sur le dos de couverture:

« L’Art de la folie » est un clin d’oeil à l’Éloge de la folie d’Érasme, œuvre largement lue mais pas toujours comprise. S’appuyant sur des penseurs et des artistes de l’humanisme chrétien – Dürer, Léonard de Vinci et en particulier Quinten Matsys –, l’auteur examine le tournant de la fin du XVe siècle, où l’humour et la satire devinrent pour la première fois de puissants outils d’introspection et d’émancipation sociale.

Ce n’était plus le diable qui causait notre perte, mais plutôt les faiblesses de l’homme lui-même, malgré son inclination naturelle pour le bien. Après La Nef des fous (1494) de Brant et plus tard L’éloge de la folie (1509) d’Erasme, une génération d’artistes émergea aux Pays-Bas et en Italie, qui traduisirent avec brio la pensée humaniste en une satire visuelle décapante, une arme qui reste d’une grande actualité.

La fertilisation culturelle croisée entre les maîtres flamands et Léonard de Vinci est particulièrement remarquable. Magnifiquement illustré, L’Art de la Folie esquisse le dialogue surprenant qui s’est instauré entre les visages « grotesques » du grand maître italien et les peintures hilarantes de Matsys. Bien plus qu’un simple ouvrage pédagogique: une véritable source de plaisir visuel.

ENGLISH, summary on the backcover:

The « Art of Folly » is an answer to Erasmus’ « In Praise of Folly », often read, but not always understood. Building on the thinkers and artists of Christian Humanism – Dürer, Da Vinci and especially Quinten Matsys – the author highlights the epochal shift of the end of the Xvth century, when humor and satire became powerful weapons for introspection and social emancipation.

It was not any longer the devil which was the cause of our fall, but the weaknesses of man himself, despite our natural inclination towards the Good. Inspired by the “Ship of Fools” of Brant (1494) and later Erasmus’ “In Praise of Folly” (1509), a generation of artists emerged in the Low Countries and in Italy, which translated the humanist ideas into hilarious, visual satire, a weapon that remains still relevant today.

Highly interesting in that process was the « cultural cross-pollination » between on one side the Flemish masters and Leonardo da Vinci on the other side. Richly illustrated, « The Art of Folly » documents the surprising dialogue that emerged between the Leonardo’s “grotesques” and the hilarious paintings of Matsys.

Beyond mere instructive reading material, this book stands out as a great journey of visual fun.

Merci de partager !

Entretien avec Nohô: Karel Vereycken, graveur, historien de l’art et passeur d’humanité

Source: Nohô

Il y a des gens dont la vie entière ressemble à une oeuvre. Karel Vereycken est de ceux-là.

Né à Anvers en 1957, formé à l’Institut Saint-Luc puis à l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles, il a traversé six décennies en dessinant, gravant, écrivant, enseignant et exposant aux quatre coins du monde. Aujourd’hui actif à Montreuil, en Île-de-France, il propose sur Nohô quelque chose de rare : une heure en compagnie d’un homme qui aime l’art autant qu’il aime en parler.

Peux-tu te présenter ?

Je suis né à Anvers en Belgique en 1957. Mon père m’emmenait dans les musées d’Anvers, où l’on pouvait voir des oeuvres de Bruegel, de Rubens, de toutes sortes de peintres. Ça m’a plu. J’ai fait une école de dessin, puis l’Institut Saint-Luc à Bruxelles pour les arts plastiques. Ensuite j’ai fait une spécialisation en gravure à l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles. J’y ai obtenu un certificat de passage avec distinction. Je me suis ensuite rendu en France, j’ai exercé différents métiers. Cependant, j’ai toujours gardé une passion pour l’histoire, et pour l’histoire de l’art en particulier. J’ai fait des conférences sur les grands peintres. J’ai enseigné le dessin, et j’ai écrit une centaine de textes sur l’histoire de l’art, pas seulement européen, aussi l’art de la Chine, de l’Afrique et d’autres continents.

Depuis mes 60 ans, j’ai créé un site internet pour présenter mon travail, et ça a fait boule de neige. J’ai actuellement un tableau exposé au Salvador, une exposition en digital à Chicago, une autre à Osaka au Japon, et deux expositions à Paris cet automne, en physique et en digital, au Carrousel du Louvre.

Découvrir l’annonce de Karel

Quels sont tes prochains projets artistiques ?

Mon premier projet, c’est un livre que je viens de finaliser. C’est un dialogue visuel entre des peintres flamands et l’art de Léonard de Vinci, autour du thème des grotesques. Des peintres flamands comme Brueghel, qui avaient beaucoup d’humour et une façon très singulière de représenter le monde. Il y a eu des relations très étonnantes entre l’Italie et les Flandres autour de l’art, et j’ai hâte de voir comment ce livre va sortir.

Par ailleurs, je travaille en ce moment sur une série de gravures : des portraits de pêcheurs flamands. Des gens dont le visage est sculpté par le sel de la mer du Nord, qui ont frotté leur corps au réel. Ils sont abîmés, mais ils ont une âme, une dignité qui force le respect. J’en ai fait quatre, et j’aimerais en faire encore deux supplémentaires.

Que proposes-tu sur Nohô ?

Toute ma vie, j’ai eu un plaisir immense à partager. Je ne propose pas de découvrir mon ego, mais de découvrir une dimension de l’art que j’ai une certaine capacité à faire aimer. Je t’ouvre les portes de mon univers autour de la gravure sur cuivre et sur zinc : les plaques de métal, les encres, le papier humide, tout ce qui se joue entre l’idée de départ et l’estampe finale. On commence par feuilleter ensemble mes gravures. Je montre comment naît une eau-forte, ce que changent la pointe sèche, la roulette, l’aquatinte ou le vernis mou, et pourquoi une même plaque peut donner des tirages tous différents. Derrière chaque œuvre il y a une histoire, et on prend le temps d’en parler. L’art du dessin vient en dessinant. Il suffit d’être curieux.

Quand l’art donne envie d’aller plus loin

Sur Nohô, certaines rencontres ouvrent des portes qu’on ne savait pas fermées. Celle de Karel Vereycken en fait partie. Pas un cours magistral, pas une visite de musée : une conversation avec quelqu’un qui a consacré sa vie à comprendre l’art et à donner envie aux autres de s’y aventurer. Une heure à Montreuil, et on ne regarde plus une gravure de la même façon.

Merci de partager !

Exposition de Karel Vereycken à Galerie 24b à Paris

Merci de partager !

Karel Vereycken finalist for Exhibition in Miami

Minerva, Goddess of Peace, watercolor of Karel Vereycken, 2026.
Merci de partager !

Karel Vereycken selected for « 101 Art Book : Faces Edition »

Merci de partager !

David, ou la gloire d’un caméléon

Par Jacques-Louis David — photo Shonagon 2025-03-15, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=162458623

Sert-il le bien, sert-il le mal, est-il révolutionnaire ou archi-réactionnaire ? Et surtout est-il vraiment un bon peintre ? Un regard sur sa psychologie à travers 80 tableaux et 165 dessins clarifie certaines contradictions et permet d’identifier le vice de son œuvre.

Jacques-Louis David, Autoportrait.

Jacques-Louis David n’a que neuf ans lorsque son père Maurice, membre de la corporation des merciers de Paris, est tué en duel.

Dès lors, tel un petit Raymond Barre avant l’heure, l’enfant et ses talents deviennent l’instrument d’une mère avide de rétablir les honneurs et la respectabilité familiale. L’affection maternelle pour l’enfant ne sera qu’un salaire rémunérateur pour une irrésistible ascension vers le succès à n’importe quel prix.

On constate tout de suite que l’auteur du « Serment des Horaces » fut d’abord, et pendant très longtemps, un doux et un mou. Près de la trentaine et toujours souffrant de cette sensibilité Pompadour, son obsession du succès le poussa au suicide (manqué), à la suite de plusieurs échecs à l’Académie pour le concours du Prix de Rome, humiliation insoutenable.

Plus pour la gloire que pour le succès, il remporta finalement le prix en question et fera le voyage à Rome. La veille de son départ, il prophétise : « L’Antique ne me séduira pas, il manque d’entrain et ne remue pas. » A-t-il vraiment été séduit par les grandeurs de l’Antiquité au milieu des ruines de l’Empire romain ? « Il me semblait, raconte-t-il, que je venais d’être opéré de la cataracte… »

N’était-il pas motivé plutôt par le désir passionné d’éviter une nouvelle humiliation et de se venger de l’Académie, qui l’avait mortifié ? David comprend que pour posséder la gloire et le succès, il faut se mettre au goût du jour et se laisser emporter par les vagues mousseuses de l’esprit du temps.

« Il eut le courage de se refaire un talent », dira de lui Delacroix, quand David se convertit au style en vogue, un style épris de droites et de droitures que promouvait son maître Vien et dont Diderot fut l’apologiste.

Cette peau de caméléon nous rappelle la carrière tout aussi remplie de contradictions d’un certain Arno Breker. Intime de Jean Cocteau et de Jean Marais, avant de devenir le sculpteur personnel d’Adolf Hitler à qui il fournissait ses statues de surhommes ariens, celui-ci demeure en même temps très proche ami de Picasso et de Salvador Dali, tout en déclinant par prudence, en 1945, l’offre de Staline de venir embellir les palais de l’empire des goulags.

C’est donc à Rome que naquit le tableau « Le serment des Horaces », souvent comparé au choix cornélien entre devoir et passion. Les Horaces qui déclarent vouloir « vaincre ou mourir » nous semblent déjà avoir un pied dans la tombe et les femmes pleurant (car elles savent que ce sera évidemment la mort…) nous font plus penser à la Securitat de Roumanie, plaidant sa fidélité au dictateur Ceausescu, qu’aux nobles idéaux d’héroïsme révolutionnaire tel que certains farceurs essayent de nous le faire croire.

David révolutionnaire avant la révolution ? Précurseur du despotisme de Marat et de Robespierre, certes il le fut, puisqu’il siégeait au sein du Comité de sûreté publique, qui envoya à la guillotine ce Lavoisier dont il peignait quelques années auparavant le portrait si bien léché.

La mort de Socrate, 1787, Jacques-Louis David.

Et « La mort de Socrate » ? N’est-ce pas l’éloge de la République ? Ancien élève de rhétorique, David réussit à transformer cette scène clef de l’histoire en page de propagande stalinienne : pour sauver l’État, devenu valeur suprême vidée de toute substance, tout est permis. Socrate donne froidement sa vie, pendant que ses élèves se lamentent, non pas pour défendre l’idéal de justice et de vérité pour lequel sa mort servira l’humanité entière, mais pour le maintien d’un système qu’il dérange : la majorité a démocratiquement décidé que Socrate perturbe. Il en tire les conclusions. Pour David, l’héroïsme, ne serait-ce pas aussi réussir son suicide ?

Même éthique pour « Les licteurs apportant à Brutus les corps de ses fils » de 1789. Bien sûr Brutus n’avait d’autre choix que de faire assassiner ses propres fils, puisqu’ils conspiraient contre la République romaine.

Peu importent les allusions à la famille royale dans ces tableaux. Comprenez que cette volonté de puissance stoïque n’a rien de républicain, ce n’est que la caricature grotesque de l’éthique bestiale de l’oligarchie dominante, qui avait ses pions dans toutes les factions. Pour elle, l’homme n’est qu’un loup pour l’homme et seule une dictature de type spartiate est apte à protéger les intérêts communs.

Les traumatismes psychologiques de David se prêtaient à merveille à cette idéologie. Telle une girouette, il sera toujours du côté du plus fort : d’abord auprès de l’Ancien régime, puis sous la Terreur, où il deviendra l’ami intime de Marat et de Robespierre ; finalement, on trouve de lui des textes sur Napoléon qui sont d’une flagornerie gênante. Devant lui David s’extasie : « Oh mes amis, quelle tête il a ! C’est pur, c’est beau comme l’antique ! »

Tout en poursuivant son activité artistique, il entre en politique, devient membre du Club des Jacobins et se rend chez Trudaine et le duc d’Orléans. De caractère ingrat, vindicatif et haineux, il n’a pas pardonné à l’Académie ses premiers échecs au prix de Rome. En 1790, David prend la tête de la Commune des arts, issue du mouvement des Académiciens dissidents. Il obtient en 1790 la fin du contrôle du Salon par l’Académie royale de peinture et de sculpture, et participe comme commissaire adjoint au premier Salon de la liberté, qui ouvre le 21 août 1791.

Député à la Convention, il vote la mort du Roi et devient en quelque sorte le « premier peintre de la République ». A peine nommé à la commission du Muséum, il demande qu’on expulse du Louvre un de ses collègues pour occuper son atelier (« Seul, Citoyen Ministre, je vaux une Académie »).

Fête de l’Etre suprême, tableau attribué ç Jacques-Louis David, collection privée (Creative Commons)

Le 20 prairial de l’an II, il organise la fête de l’Être Suprême, cortège mené par des chars symboliques sur un parcours jalonné de tableaux vivants. Il est chargé d’imaginer les fêtes de la République, d’en figurer les événements majeurs, d’en inventer l’habillement. Et c’est là aussi l’échec : ses projets pour les costumes de député, de juge, de citoyen sont grotesques : on n’habille pas l’homme de 1792 en Romain. Tant qu’elle n’était qu’un rêve, la révolution pouvait se déguiser en antique. Réalité, elle devient caricaturale dans son imitation.

Il profita du rapport de l’Abbé Grégoire, lequel demanda, au nom du Comité de l’Instruction publique, la suppression des Académiciens, exception faite de l’Académie des Sciences,

Quant à l’Académie de peinture, David se chargea d’en demander spécialement la suppression :

Vengeance personnelle plutôt que conviction républicaine, car si David vitupère contre l’Académie, il en est le plus pur produit. A ses yeux seule compte la peinture d’histoire, cette peinture opportuniste que l’institution place au sommet de la hiérarchie picturale. C’est bien ce néo-classicisme froid et mystique de David qui symbolise à nos jours l’esprit légendaire de l’Académie.

8 Thermidor

Quand éclate la crise du 8 Thermidor et que Robespierre est arrêté, David reste chez lui, « malade ». Il n’apparaît à la Convention que le 13, quand les attaques contre lui commencent à pleuvoir. André Dumont y déclare :

Entrant à ce moment, dans la salle, et apprenant qu’il est question de lui, David demande à être entendu ; la Convention le lui accorde. « Je ne connais pas, dit-il, les dénonciations qui ont été faites contre moi ; mais personne ne peut plus m’inculper que moi-même. On ne peut concevoir jusqu’à quel point ce malheureux [Robespierre] m’a trompé. C’est par ses sentiments hypocrites qu’il m’a abusé, et, citoyens, il n’aurait pas pu y arriver autrement… »

« David a embrassé Robespierre aux Jacobins, s’écrie un représentant, et il y est allé prêcher l’insurrection. »

Goupilleau de Fontenay prend la parole : « J’interpelle David de déclarer si, au moment où Robespierre descendit de la tribune, après avoir prononcé son discours ou plutôt son acte d’accusation, lui, David, n’alla pas l’embrasser en lui disant : ‘Si tu bois la ciguë, je la boirai avec toi’ ? »

« Ce n’était pas pour faire accueil à Robespierre, répond David, que je descendis de son côté ; c’était pour monter à la tribune et demander que l’heure de la Fête du 10 fut avancée. Je n’ai pas embrassé Robespierre, je ne l’ai même pas touché, car il repoussait tout le monde (…) Je ne suis pas le seul qui ait été trompé sur son compte, beaucoup de citoyens l’ont cru vertueux, ainsi que moi… »

Après la mort de Robespierre, David est lui-même jeté en prison, d’où il écrit : « On aurait confondu la figure toujours pensive de l’artiste avec le masque hideux du conspirateur. »

David a trahi et il trahira. Remis en liberté, il anticipe l’arrivée de Bonaparte et il est heureux de peindre un héros romain vivant. Passé le coup d’État du 18 Brumaire, il déclare : « J’avais toujours pensé que nous n’étions pas assez vertueux pour être républicains. » De nouveau, il sera le premier peintre de l’empereur et du nouveau régime.

Entre-temps il mène une vie réglée ; vers neuf heures du matin, il reçoit ses disciples et des artistes d’autres écoles, puis se rend à son atelier dont il sort à midi pour corriger les travaux de ses élèves ; groupe pittoresque que celui de ses élèves, partagé entre la « secte des Crassons », qui ne se lavent pas, la « secte aristocratique » et celle des « primitifs » plus davidiens que David.

Puis, c’est le repas, entre sa femme et ses quatre enfants, qui se passe en silence, et vers trois heures, il se remet au travail.

Si David nous éblouit par la maîtrise de son métier (comme d’autres contemporains, d’ailleurs), ne nous laissons pas aveugler au point d’en faire « une valeur française » seulement parce qu’il a réussi (on voit se profiler « La France qui gagne »).

Dans la presse, malgré tout le brouhaha autour du bicentenaire, les critiques reniflent bien quelque chose de pourri, mais ne voient pas la grosse queue du poisson en décomposition qui pend aux tableaux de David.

L’Express écrit : « Assurément, ce David-là est grand, mais il n’est que grand. Baudelaire le qualifiait ‘d’astre froid’. »

La Presse française le qualifie d’« esprit dogmatique, féroce, guindé et bêtement vertueux de la bourgeoisie ‘éclairée’ à laquelle il appartenait, esprit qui le pousse à la fabrication de toiles de prétentions éducatrices et également vertueuses, œuvres quasiment ridicules, aux gestes figés, aux personnages dignes d’un dessus de pendule… »

Beaucoup semblent croire que ce sont en fait les idées révolutionnaires, trop politiques, qui lui ont monté la tête, tandis qu’il était si bien quand il peignait autre chose que de la propagande : « Mais son vrai génie était celui de l’Ecole française, le réalisme qui peint la vie telle qu’elle paraît, avec une sensualité élégante réglée par une construction claire. Et lorsqu’il s’y abandonne, il crée alors des chefs-d’œuvre. » (La Presse française)

Hélas, on pense souvent qu’être Français, c’est être aussi mort que l’univers immobile de Descartes, ce petit jardin où tout est réglé élégamment suivant une construction claire et ordonnée.

Au nom de la clarté, l’académisme n’a-t-il pas éliminé la musicalité naturelle qui portait la langue de François Rabelais ? N’a-t-il pas imposé le positivisme stérile contre la méthode de géométrie constructive de Monge et de Poncelet ? Au nom de la clarté, n’a-t-on pas imposé la biologie moléculaire contre la compréhension du vivant d’un Louis Pasteur ?

Pour une fois en accord avec David, et par amour pour la jeunesse et l’humanité, anéantissons ce trop funeste académisme !

Parce qu’être français, c’est déjà être vivant et se donner les moyens de le rester : avoir une science de la vie et élever des arts qui célèbrent la vie, et non l’artifice figé de la mort.

Bibliographie sommaire :

  • Jacques Louis-Jules David : Le peintre Louis David, souvenirs et documents inédits, Victor Havard, libraire-éditeur, 1880, Paris;
  • André Maurois, J.L. David, Les demi-dieux, Editions de Dimanche, 1948, Paris.
  • Catherine et Stéphane Guegan, David, L’Estampille/L’objet d’art, hors-série N° 2, 1989, Paris.
Merci de partager !

Karel Vereycken on show at « New Road 2 Art » Virtual Exhibit

We warmly invite you to explore the exhibition and discover the selected artworks through the links below:

Merci de partager !

Karel Vereycken wins Bronze Award with Peace Goddess

Merci de partager !

Karel Vereycken on show at Chicago Art Fair

Vereycken Exhibitions, Autumn 2026

CONFIRMED: 2026 : PARIS, France, physical, P.A.R.I.S. (Paris Art Renaissance & International Salon), Venue: Hôtel Particulier Beaujon, 8th Arrondissement, Paris; Dates: November 23 – December 6, 2026; Gala Night: November 25, 2026;

CONFIRMED: 2026: PARIS, France, Nov. 1-8, physical, Galerie Mona Lisa, 32, rue de Varenne, 75007, Paris, France.

CONFIRMED: 2026, PARIS, ART SHOPPING, digital, booth of ARTBOXY, 23-25 October, Carrousel du Louvre, 99, rue de Rivoli, 75001 Paris, France;

CONFIRMED: 2026: LUZERN, Switzerland, 22–25 October, digital, ARTS CROSSROAD 2026, Switzerland, Kunstmesse;

CONFIRMED: 2026: OSAKA, Japan, 16-19 October, digital, ARRIVAL GALLERY ART SHOW, 2 Chome-10-16 Higashitenma, Kita Ward, Osaka, 530-0044.

CONFIRMED: 2026: MONTREUIL, 9-11 October, physical, UNDER PRESSURE, exposition d’estampes à l’Atelier Bo Halbirk, 1 rue Garibaldi, Montreuil (Métro Robespierre);

CONFIRMED: 2026: SAN SALVADOR, El Salvador, October 7-November 4, physical, SUMARTE Art show and auction at Modern Art Museum (MARTE).

CONFIRMED: 2026: CHICAGO, United States, 7-10 October, digital, Chicago Art Fair, booth 4094 of the Circle Foundation for the Arts (CFA), World Wide Art & Artavita. Venue: The MART,  222 W Merchandise Mart Plaza, Chicago, IL;

Merci de partager !

Karel Vereycken in World Art Collection book

page 154.
Merci de partager !

Das Goldener Zeitalter des Islam, Mu’tazilismus und Arabischer astronomie

Merci de partager !

Karel Vereycken Selected for New Road 2 Art Digital Expo

Merci de partager !

Karel Vereycken wins Honorable Mention Award in Teravarna’s 15th Open

Minerva, Goddess of Peace, watercolor of Karel Vereycken.

Upcoming exhibits:

  • CONFIRMED: 2026 : PARIS, France, physical, P.A.R.I.S. (Paris Art Renaissance & International Salon), Venue: Hôtel Particulier Beaujon, 8th Arrondissement, Paris; Dates: November 23 – December 6, 2026; Gala Night: November 25, 2026;
  • CONFIRMED: 2026: PARIS, France, Nov. 1-8, physical, Galerie Mona Lisa, 32, rue de Varenne, 75007, Paris, France.
  • CONFIRMED: 2026, PARIS,ART SHOPPING, digital, booth of ARTBOXY, 23-25 October, Carrousel du Louvre, 99, rue de Rivoli, 75001 Paris, France;
  • CONFIRMED: 2026: LUZERN, Switzerland, 22–25 October, digital, ARTS CROSSROAD 2026, Switzerland, Kunstmesse;
  • CONFIRMED: 2026: OSAKA, Japan, 16-19 October, digital, ARRIVAL GALLERY ART SHOW, 2 Chome-10-16 Higashitenma, Kita Ward, Osaka, 530-0044.
  • CONFIRMED: 2026: MONTREUIL, 9-11 October, physical, UNDER PRESSURE, exposition d’estampes à l’Atelier Bo Halbirk, 1 rue Garibaldi, Montreuil (Métro Robespierre);
  • CONFIRMED: 2026: SAN SALVADOR, El Salvador, October 7-November 4, physical, SUMARTE Art show and auction at Modern Art Museum (MARTE).
  • CONFIRMED: 2026: CHICAGO, United States, 7-10 October, digital, Chicago Art Fair, booth 4094 of the Circle Foundation for the Arts (CFA), World Wide Art & Artavita. Venue: The MART,  222 W Merchandise Mart Plaza, Chicago, IL;
Merci de partager !

The Shadow of Vernadsky in Leonardo’s Virgin and Child with Saint Anne (IN RUSSIAN)

This article: in English
Cet article: en français
This article: in Italian
This article: in Russian

Merci de partager !

Karel Vereycken exposant à Montreuil (93)

Merci de partager !

Karel Vereycken on show in Luzern, Switzerland

Event Overview

  • Venue: Held at the historic Kornschütte building in the heart of Lucerne, Switzerland.
  • Admission: Entry is free for all visitors.
  • Exhibits: The fair features a mix of physical installations (paintings, sculptures, mixed media) alongside a specialized Digital Wall showcasing global art on premium gallery displays.

Opening Hours

  • Thursday, 22 October: 17:00 – 21:00 (Opening & Vernissage)
  • Friday, 23 October: 10:00 – 18:00
  • Saturday, 24 October: 10:00 – 18:00
  • Sunday, 25 October: 10:00 – 17:00
Merci de partager !

Karel Vereycken invited artist at El Salvador’s Sumarte+ Art expo

My friend, the Salvadorian artist Rodriguez Lopez Arguëllo, pointing to the « Tree of Life », the engraving of Karel Vereycken on show in San Salvador.

The full catalogue with all the sponsors and participants can be seen here:

Merci de partager !

Karel Vereycken selected for Best Contemporary Visual Artists Worldwide Guide & Catalog Vol. 4

Pre-layout of the pages about Karel Vereycken.

The book is available on Amazon

Merci de partager !