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Cours N°12 – Anatomie, squelette

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Cours N°11 – Anatomie, canon des proportions

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Cours N° 10 d – Anatomie, proportions de la tête (profil)

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Cours N°10 b – Anatomie, proportions de la tête

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Cours N°10 a – Anatomie de la tête (face)

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Cours N°9 – Retour au croquis

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Cours N°8 – A la ligne !

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Cours N°7 – Technique complexe « lavis à la cire »

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Cours N° 3 – Apprendre à observer, varier les traits

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Cours N° 2 – Rencontre avec le paysage

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Cours N°1 – Mise en confiance

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Gérard Garouste et La Source

L’art fait toujours naître
et renaître le désir de vivre

« C’est en allant à la mer que le fleuve reste fidèle à sa source »
(Jean Jaurès)

gérard

Pour le peintre sculpteur Gérard Garouste, « l’art n’est pas un luxe, mais une nécessité pour tous ».

Le 11 septembre 2010, ce fut un vrai plaisir d’assister à la fête annuelle de « La Source » au hameau La Guéroulde, ce « trou perdu » au fin fond du département de l’Eure.

La Source est une association 1901 née de la rencontre entre le peintre sculpteur Gérard Garouste et des éducateurs de la région, dont le pari est innovant puisqu’elle associe l’art, l’action sociale et l’éducation dans la lutte contre l’exclusion de jeunes de 6 à 18 ans rencontrant des difficultés familiales, psychologiques, d’adaptation sociale, d’échec scolaire, de reconnaissance et d’identité, et dont un grand nombre est suivi par des travailleurs sociaux.

Ce sont eux, ces jeunes pleins de fougue et de caractère, qui, de nouveau capables de travailler ensemble, nous ont montré ce jour-là une pièce de théâtre sur leur nouvelle scène construite à l’abri de la confusion des grandes agglomérations.

Depuis 1991, ce sont plusieurs milliers d’enfants, défavorisés ou non, qui sont venus ici bénéficier d’un éveil artistique encadré, approche qui, autant comme arme thérapeutique que comme outil de prévention, y a fait ses preuves.

A tel point que depuis 2002, un deuxième centre du même type a déjà vu le jour à Villarceaux (Val d’Oise) et que plusieurs autres sont appelés à exister dans d’autres villes et régions.

La genèse du projet

En milieu rural, l’exclusion, si elle est peu médiatisée, ne cesse de progresser avec la crise qui frappe : rupture avec l’école, familles brisées par le chômage, pénurie de loisirs, isolement, absence de perspectives d’avenir. Tout cela fait en sorte que ces enfants se sentent rejetés, perdent confiance en eux et en la société. La marginalisation, aussi forte que dans les banlieues, est seulement moins visible en zone rurale et se traduit plutôt par des drames individuels qui, en apparence, ne semblent pas perturber l’ordre public.

théâtre

Ouverture du théâtre, lors de la Fête de l’association La Source qui associe art, action sociale et éducation dans la lutte contre l’exclusion de jeunes en milieu rural.

Voilà ce qu’a découvert il y a plusieurs années Gérard Garouste, peintre et sculpteur dans ce village de l’Eure où il vit et travaille. Saisi par le nombre d’enfants déjà exclus du fait de leurs conditions de vie, il a rencontré des éducateurs qui suivaient bon nombre de ces jeunes sur le terrain. Ensemble, ils se sont demandés comment changer la donne.

C’est ainsi qu’en 1991, Garouste se lance dans cette aventure. « L’art n’est pas un luxe, mais une nécessité pour tous » , aime-t-il dire. Il ne s’agit nullement ici de « former des artistes » mais de permettre à des jeunes en difficulté d’explorer et de développer leur potentiel créatif grâce à différents ateliers plastiques et visuels (peinture, sculpture, gravure, photo, vidéo, écriture et désormais théâtre).

Le projet se fonde sur la conviction, trop souvent absente de nos écoles « normales », que la créativité permet de développer les domaines de la sensibilité, de l’imaginaire, de l’émotion et de l’intelligence : cette place accordée à l’expression personnelle concourt à l’équilibre nécessaire entre la construction d’une personne et la conscience sociale. C’est bien cela que devrait être une « école de la République » formant des citoyens et pas seulement des « têtes ».

Méthodologie

Cette construction du sens n’arrive pas par magie, mais par un effort d’imagination et de travail commun. D’abord, chaque atelier s’articule autour du triangle artiste-éducateur-enfants. L’engagement bénévole d’artistes professionnels au service de l’éveil artistique des jeunes, contribue au succès de cette démarche.

Ainsi, lors de la fête du 11 septembre, le visiteur a pu identifier, grâce à des expositions de tableaux, de sculptures, d’objets et de photos, ce travail en commun. Par exemple, l’artiste Camille Courrier de Mere (et excusez-moi de ne pas pouvoir mentionner ici tous les autres) est partie de l’idée de proposer aux enfants l’exploration de la peinture préhistorique. Après une sensibilisation iconographique, les enfants ont été initiés à différentes techniques, telles que le pochoir, le tracé gravé et l’adaptation à une surface accidentée, pour reproduire les animaux de l’époque sur un grand châssis entoilé.

préhist

Lors d’un atelier, une artiste proposa l’exploration de la peinture préhistorique. Après une sensibilisation iconographique, les enfants ont été initiés à différentes techniques, telles que le pochoir, le tracé gravé et l’adaptation à une surface accidentée, pour reproduire les animaux de l’époque sur un grand châssis entoilé. Joli travail d’équipe !

Parallèlement à cet enseignement, l’artiste a incité les enfants à n’utiliser que des matériaux et procédés précis correspondant à ce moment de l’histoire de l’humanité : emploi de colle animale, trempage, broyage des pigments…

Pour restituer au mieux l’ambiance de l’époque, le groupe avait construit une fausse grotte préhistorique pour présenter son travail au public. Cet aspect n’est pas une simple option. Afin que ces jeunes retrouvent l’estime d’eux-mêmes, il est essentiel que leurs créations passent par le regard et la reconnaissance de l’autre, par le biais d’expositions, d’éditions, de concerts ou de toute autre manifestation publique.

Ou encore ce groupe d’élèves du collège Jean Jaurès de Clichy (Hauts-de-Seine) auxquels on demanda de travailler en partant de l’analyse des œuvres de Giotto.

Les élèves, en groupe, se sont imaginés, victime d’un sortilège, emprisonnés dans sept des œuvres du peintre du Trecento, mais ayant pu emporter avec eux quelques objets de notre époque dont ils peuvent se servir pour s’en sortir.

Ils ont travaillé sur des saynètes et des dialogues avec leur enseignante de lettres et sur le contexte culturel de Giotto avec leur enseignant d’histoire.

Arrivés à La Source, un artiste leur a proposé de fabriquer des maquettes afin de recréer en volume leur interprétation de l’œuvre de Giotto, qui seront la synthèse de la rencontre entre deux mondes, deux visions : XIVe et XXIe siècle.

giotto

Un autre groupe s’est imaginé, victime d’un sacrilège, emprisonné dans sept des œuvres du peintre du Trecento Giotto, mais ayant pu emporter avec eux quelques objets d’aujourd’hui dont ils peuvent se servir pour s’en sortir.

Commentaire d’un élève : « J’étais hyper motivé ; je voulais continuer toute la journée, en une semaine j’ai découvert beaucoup de choses ; on dirait que je suis resté un an dans l’atelier […] j’ai pleuré ; je voulais rester encore ; je me sens bien à La Source. »

Si, face à la vaste entreprise de déshumanisation en cours, cette initiative reste une goutte dans la mer, la réussite incontestable de ce type d’éveil à l’art démontre qu’il devrait non pas servir comme simple roue de secours, mais figurer au cœur de toutes nos pédagogies.

Car l’art fait toujours naître le désir de vivre. Merci à Gérard Garouste et merci à La Source de nous rappeler cette urgence !

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Pont de Béziers

Béziers

Pont de Béziers, Karel Vereycken, aquarelle, papier Waterford Saunders, août 2018.

 

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Le pont rouillé de Mèze

Le pont rouillé de Mèze, Karel Vereycken, aquarelle, août 2018.

 

 

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La Compagnie des ocres

Mines d’ocres à Roussillon.

 

Une adresse incontournable pour toutes celles et tous ceux qui fabriquent leurs propres couleurs:

La Compagnie des ocres
Sentier des Ocres
Roussillon (84220)

Tél.: 04 90 04 56 90
Courriel: contact@lacompagniedesocres.fr

 

Site internet:
www.lacompagniedesocres.fr

 

 

 

 

 

 

 

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Index, Études Renaissance

INDEX, Etudes Renaissance

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Kasteel van Horst

horst

Château de Horst, Belgique, aquarelle de Karel Vereycken, sur papier Saunders Waterford, juillet 2018.

Horst kast

Sur place: l’ombre a bougé avec la lumière !

 

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Meeresstille : initiation à une culture de découverte

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Une lecture rapide et superficielle du poème Meeresstille [Mer tranquille], (voir encadré ci-dessous) de Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832) peut nous conduire rapidement à un sentiment de platitude paisible.

Et pourtant, dès la troisième ligne, cette tranquillité apparente (Le calme profond domine les eaux, sans motion la mer se repose), sera doublée d’une inquiétude grandissante qui va à son encontre (Et, inquiet, le marin observe, la surface lisse qui l’encercle.)

Cette angoisse prendra la forme d’une véritable panique qui finira par dominer la deuxième strophe quand le navigateur solitaire sur son bateau ose envisager dans son esprit les conséquences horribles de l’absence de mouvement à l’origine d’un silence qui devient de plus en plus insupportable (Aucune brise, nulle part ! Qu’un silence mortel, effroyable ! Dans cette étendue inouïe Aucune vague ne s’amorce.)

Ce silence effroyable annonce un évènement terrible à venir. En effet, si le vent n’est pas au rendez-vous, son bateau sera condamné ! D’ici peu, le manque de vivres dans cette prison de solitude conduira immanquablement le marin à une mort certaine.

La version de Schubert

Franz Schubert (1797-1828)

Le 21 juin 1815, âgé de dix-huit ans, Franz Schubert (1797-1828) composa un magnifique lied (D 216) sur ce poème qu’il nous somme de jouer Sehr langsam, ängstlich (très lentement, avec angoisse).

Pendant que l’idée de l’eau en repos y est recrée grâce à une succession d’accords verticaux exécutée avec des arpèges, l’accroissement constant de dissonances, par les bémols et les dièses, peint magnifiquement ce tableau habité d’une troublante instabilité permanente.

Le choix de la mesure à C barré (pulsion de deux blanches par mesure), qui se rajoute à un tempo ultra lent, ne fait qu’accroître l’effet recherché de malaise.

Le Sublime de Schiller

Schiller et Goethe

L’emploi des thèmes du silence et de la solitude comme des éléments à effet poétique, bien que considéré comme de moindre puissance, mais permettant un passage vers le Sublime, est le fruit d’une recherche passionnée qui naît des échanges épistolaires entre Goethe et le philosophe dramaturge Friedrich Schiller (1759-1805).

Ce dernier mentionne explicitement ces éléments dans son Fragment sur le Sublime, publié en 1802, quand il évoque le naturerhabene (sublime provenant de la nature, parfois évoqué comme « Sublime de puissance contemplatif ») :

Un profond silence, un grand vide, les ténèbres éclairées soudain, sont en soi des choses fort indifférentes, qui ne se distinguent que par l’extraordinaire et l’inaccoutumé. Toutefois elles éveillent un sentiment d’effroi ou du moins fortifient l’impression d’effroi, et sont dès lors appropriées au sublime.

Quand Virgile veut nous remplir d’horreur au sujet des enfers, il nous rend surtout attentifs au vide et au silence qui y règnent…

Dans les initiations aux mystères chez les anciens, on avait surtout en vue de produire une impression terrible, solennelle, et pour cela on employait aussi tout particulièrement le silence. Un profond silence donne à l’imagination un libre espace, et excite l’attente, dispose à voir arriver quelque chose de terrible. Dans les exercices de la dévotion, le silence de toute une réunion de fidèles, est un moyen très efficace de donner de l’élan à l’imagination et de mettre l’âme dans une disposition solennelle. (…)

La solitude est aussi quelque chose de terrible, dès qu’elle est durable et involontaire, comme, par exemple, le bannissement dans une île inhabitée. Un vaste désert, une forêt solitaire longue de plusieurs lieues, une course errante sur l’océan sans bornes, sont des choses dont l’idée excite l’horreur et qui peuvent s’employer en poésie pour le sublime. Mais pourtant ici (dans la solitude), il y a déjà une raison objective de crainte, parce que l’idée d’un grand isolement entraîne l’idée de délaissement, l’absence de secours.

Ludwig van Beethoven et la découverte scientifique

Ludwig van Beethoven (1770-1827)

Après Schubert, c’est un autre lecteur attentif de Schiller qui va rapidement s’emparer du poème : Ludwig van Beethoven (1770-1827). Celui-ci va exploiter pour sa composition le fait que Goethe avait fait suivre le premier poème Meeresstille d’un deuxième, Glückliche Fahrt (Heureux voyage) (voir encadré) qu’il intègre dans sa courte cantate pour chorale et orchestre (Opus 112), également de 1815.

Dans ce deuxième poème, Goethe met à profit sa lecture de l’Odyssée d’Homère. Pendant ses multiples périples, Ulysse met pied à l’île d’Eolie (Chant X, 1-33), d’après le nom du Dieu qui y règne. Eole est le dieu des vents qui accueille chaleureusement Ulysse. Après un mois de séjour, Ulysse désire rentrer. Eole lui offre alors une outre dans laquelle sont enfermés tous les vents défavorables. Ceux qui restent libres gonflent les voiles du bateau d’Ulysse afin de lui permettre d’arriver à bon port. Mais, pendant le sommeil d’Ulysse, ses compagnons se risquent à ouvrir l’outre. Tous les vents s’échappent alors brusquement et provoquent une véritable tempête ramenant Ulysse contre son gré sur l’île. Le poème de Goethe : Les brumes se déchirent/Le ciel s’éclaircit/Et Eole dépose/Le joug de la peur (traduction littérale : Et Eole défait les liens de la peur).

Agonie créatrice

En ajoutant la suite du poème, Goethe fera de l’ensemble des deux poèmes une véritable métaphore du processus créateur à l’œuvre dans l’esprit humain pendant un processus d’hypothèse et de découverte, processus qualifiable « d’agonie créatrice ». Car la situation du marin perdu sur l’océan se compare facilement à la situation inconfortable du chercheur scientifique qui voit les graves manquements de « son système », sans disposer pour autant d’indices convaincants capables de fournir une nouvelle explication moins insatisfaisante. Cet état s’accompagne forcément d’un sentiment d’angoisse et de désespoir, car l’épuisement d’une longue série d’hypothèses et d’expériences d’apparence non fructueuses nous conduit douloureusement à la conviction que tout notre savoir, qu’on croyait pourtant si valable jusqu’à là, ne vaut plus rien. Notre « système » est mort.

Dans le poème de Goethe, Eole lâche les vents : Là, bruissent les vents/Là, le marin s’agite/, car après ce cadeau du ciel (le vent se lève), c’est maintenant au marin de saisir l’occasion historique :

Dépêchons, dépêchons !/La vague se rompt. /Le lointain s’approche, /Déjà, je vois le pays ! Ainsi, en quelques secondes une « lumière s’allume dans l’esprit » du découvreur et immédiatement le trajet à parcourir s’affiche devant lui. Soudain, il sait où il est, il « voit » où il doit aller, et il se rend compte ce qu’il peut faire pour y parvenir.

Beethoven, un esprit républicain optimiste et militant de la révolution américaine, ne pouvait qu’être séduit par ce matériel poétique.

Au début, pour dramatiser l’aspect inquiétant, le compositeur fera appel à des nuances très marquées. On écoutera des forte sur Aucune brise, nulle part ! (Keine Luft von Keiner Seite !), et sur étendue inouïe (ungeheueren Weite). Ou encore un pianissimo sur Todesstille fürchterlich ! (Silence mortel, effroyable !)

Bien que la charpente de la composition semble assez similaire à celle de Schubert, chez Beethoven les accords verticaux, par un décalage graduel du thème, introduiront une lente apothéose vers l’explosion de l’idée même de mouvement. Ce déplacement déploiera toute sa richesse grâce à la reprise du thème par les différents pupitres (soprano, alto, ténor, basse), soit comme dialogue entre voix, soit en forme de développement canonique. Avec un grand talent, Beethoven fait émaner cette éclosion du concept de mouvement de l’intérieur même du texte poétique : elle se développe littéralement comme une vague à partir du mot Welle (vague) pour nous conduire vers une tempête de sonorités qui éclate quand les brumes se lèvent au début deuxième poème Glückliche Fahrt. Là, en passant à un tempo de 6/8 (deux pulsions par mesure), l’orchestre se met à faire à toute vitesse le grand écart sur l’ensemble de la gamme en partant dans des directions diamétralement opposées, créant l’impression d’un mouvement sans pareil. L’entrée puissante de voix annonçant l’heureuse découverte de la terre promise nous fait penser à la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. La suite n’est que la célébration de cet heureux évènement et nous installe définitivement dans une « nouvelle géométrie ».

Il faudrait être un peu fou pour croire qu’il suffit de comprendre la phraséologie musicale et la métrique d’un poème pour la transposer en musique, bien que cette compréhension soit fondamentale pour identifier les sources d’inspiration du compositeur. Ce dernier choisira, en toute liberté, le matériel qui lui convient, comme le sculpteur son bloc de marbre dans la carrière.

Dans une lettre à son élève Czerny en 1809, Beethoven affirme que les poèmes de Schiller, étaient « très difficiles à mettre en musique. Le compositeur doit être en mesure de s’élever loin au-dessus du poète : qui en est capable dans le cas de Schiller ? »

On sait par ailleurs que Goethe ne voyait pas d’un bon œil les compositeurs capables de donner une dimension supplémentaire à ses poèmes. Au détriment de Schubert et Beethoven, Goethe préférait de loin des compositeurs comme Reichardt et d’autres, justement parce qu’ils se limitaient à transcrire ses poèmes en musique sans vouloir ajouter encore une dimension à « son » sublime.

Mais Beethoven, comme en témoigne cette lettre à Rochlitz en 1822, adorait les poèmes de celui qu’il avait rencontré en 1812 : « Goethe – il est vivant, et il veut que tous nous vivions avec lui. C’est pour cela qu’on peut en faire des compositions. Il n’y a personne qui s’y prête autant que lui ».

Toujours ironique, Beethoven, conscient que Goethe prenait un peu trop de plaisir à briller à la cour, lui envoya sa composition du Meeresstille und Glückliche Fahrt en lui disant qu’en « raison de leur couleur émotive opposée, ces deux poèmes semblent se prêter à l’expression du contraste en musique. Je serais fort heureux de savoir si j’ai unifié de façon approprié mon harmonie avec la votre ».

Les deux poèmes de Goethe,
traduction de Karel Vereycken, 2005:

 
Meeresstille

Tiefe Stille herrscht in Wasser,
Ohne Regung ruht das Meer,
Und bekümmert sieht der Schiffer
Glatte Fläche rings umher.

Keine Luft von keiner Seite !
Todesstille fürchterlich !
In der ungeheueren Weite
Reget keine Welle sich.

Mer tranquille

Le calme profond domine les eaux,
Sans motion la mer se repose,
Et, inquiet, le marin observe
La surface lisse qui l’encercle.

Aucune brise, nulle part !
Qu’un silence mortel, effroyable !
Dans cet étendue inouïe
Aucune vague ne s’amorce.

Gluckliche fahrt

Die Nebel zerreisen,
Der Himmel ist helle,
Und Aelus löset
Das ängstige Band.

Es säuselst die Winde,
Es rührt sich der Schiffer.

Geschwinde ! Geschwinde !
Es teilt sich die welle.
Es naht sich die Ferne,
Schon sehe ich das Land !

Heureux voyage

Les brumes se déchirent
Le ciel s’éclaircit
Et Eole dépose
Le joug de la peur.

Là, bruissent les vents,
Là, le main s’agite.

Dépêchons, dépêchons !
La vague se rompt.
Le lointain s’approche,
Déjà, je vois le pays.

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Butte d’Orgemont

butte

butte

En bas de la butte d’Orgemont à Argenteuil. Aquarelle de Karel Vereycken, ce 3 juin 2018.

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L’Isle Adam, parc de Sainteny

Parc de Sainteny

Aquarelle, Karel Vereycken, mai 2018, étude, Parc de Sainteny, L’Ile Adam, Val d’Oise.

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